Des filtres

17 Juil

filtres

Rassurez-vous, je ne vous parlerai pas ce soir de la qualité des filtres à café des marques de distributeurs ni des atouts et défauts comparatifs des mécanismes de purification de l’eau des piscines, malgré l’intérêt pourtant certain que présentent ces sujets.

Depuis quelque temps déjà, j’observe qu’il est un autre type de filtre de prime importance au quotidien, à savoir, vous l’aurez deviné, les filtres que chaque personne s’auto-établit dans ses interactions sociales. Et force est de constater que la question de la place du curseur peut selon sa pertinence nous empoisonner la vie.

Certaines circonstances justifient en effet une forme d’auto-censure : un Français en vacances à Dubrovnik dimanche dernier se devait ainsi sans doute de garder une certaine retenue après la victoire de la Coupe du monde (notez chers lecteurs que je fais un effort louable en m’intéressant pour la première fois de la vie à une compétition de football et ne filtrez pas vos réactions admiratives). Tout comme le cadre professionnel impose de savoir faire le tri dans ce que l’on exprime selon l’interlocuteur (vois avez probablement en tête au moins une catastrophe liée à des paroles un peu trop franches et prononcées sans y mettre les formes par votre entourage de travail). Il est donc bon de réfléchir un peu dès lors que l’on s’apprête à tenir des propos qui peuvent heurter son interlocuteur.

 

Pour autant, être sans cesse en train de réfléchir à ce que le ou les autre(s) vont penser de nos paroles ou de nos actes peut a long terme être plus problématique encore qu’une transparence un peu exacerbée. D’abord pour soi-même parce qu’à force de vivre comme si l’on marchait sur des oeufs, l’on finit par oublier qui l’on est vraiment. Ou par s’empêcher de le devenir. Les polémiques et les désaccords font partie de la vie, et, s’ils ne sont pas agréables sur l’instant, les affronter est sain et ouvre souvent sur une relation plus constructive dans la durée dès lors qu’ils sont gérés avec respect des deux côtés. Et, plus intéressant encore, assumer ses opinions ou sa personnalité attire souvent la sympathie davantage que la contradiction, y compris de la part de ceux qui pensent ou vivent très différemment. Le filtre est ainsi une barrière que l’on se met à soi-même en présumant une réaction négative qui en fait n’a objectivement pas (ou infiniment peu) de chances de se produire (sous réserve de respect, bis repetita).

Plus encore que les réactions que suscite la franchise ou sa déformation au nom d’un intérêt perçu dans la plupart des cas à tort, la question des filtres que chacun se crée devient véritablement problématique quand il s’agit de construire une relation pérenne (quelle que soit sa nature professionnelle, amicale ou plus si affinités). Deux personnes s’empêchant d’être elles-mêmes s’empêchent d’emblée d’établir un lien authentique, puisque les affinités potentiellement créées ne seront basées sur rien de réel. Lorsque seulement l’une des deux se montre sans brouillage, 2 situations également insatisfaisantes peuvent se créer : lorsque le filtre est mis en place avec suffisamment de « talent » pour être invisible, l’individu ne se montrant pas sous son vrai jour risque de se faire enfermer dans le rôle qu’il s’est lui-même créé ; si on contraire, il « masque mal son jeu », son interlocuteur le sentira et se désintéressera rapidement de lui, faute de sentir qu’il pourra véritablement connaître et comprendre la véritable personne qui lui fait face. Tandis qu’essayer au maximum d’assumer qui l’on est et ce que l’on pense nous rend très facilement accessibles et crée un sentiment de liberté et une sérénité qui sont de véritables forces. Y compris dans les quelques (finalement rares) situations où ce côté « un peu brut » pourrait faire tiquer. La prochaine fois donc qu’un dilemme se pose à vous sur le degré d’authenticité à adopter, n’hésitez pas à viser haut. Votre personnalité n’est pas comme les joyaux des chercheurs d’or : nul besoin de la passer au tamis pour la voir briller !

 

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