De la fausse coolitude de l’alcool

2 Août

alcool

 

L’été est là et bien là, avec un soleil généreux, qui brille quasiment sans discontinuer depuis quelques semaines, et naturellement les températures qui vont avec. Aussi les quidams que nous sommes apprécient-ils pour la plupart, l’heure de l’apéritif venue, de profiter au choix d’une bière / d’un verre de rosé / d’un mojito / d’un pastis ou de tout autre liquide fermenté bien frais et/ou agrémenté de quelques glaçons.

Loin de moi l’idée de dissuader qui que ce soit de profiter de ces breuvages partagés en famille ou entre amis lors de moments festifs et conviviaux. Pas davantage que je ne militerais contre une bonne bouteille de vin l’hiver pour accompagner la raclette.

Mais, parce qu’il y a un mais, j’observe de plus en plus fréquemment que du « goût de l’alcool », une transition s’opère vers « l’apologie de l’ivresse ». Cet objectif d’accroissement du taux d’alcoolémie en tant que tel, à un niveau dépassant largement celui autorisé pour prendre le volant ne date pas d’hier. On l’a notamment observée quasiment à toutes les générations au moment de l’adolescence ou de l’entrée dans l’âge adulte, à une période où l’on cherche à tester et dépasser ses limites dans beaucoup de domaines, avec plus ou moins de discernement.

Ce qui me semble plus marquant, c’est lorsque, passée la trentaine, la quarantaine ou même la soixantaine, l’on se targue encore de s’être mis une mine la veille au soir d’avoir dépassé les trois verres dans une même soirée, et, pis encore, de s’être rendu malade d’avoir trop bu. Et que non seulement l’on s’en vante auprès de son entourage, mais, plus problématique encore, que l’on puisse en faire état sans aucune gêne dans le cadre professionnel, tant auprès de ses collègues que de sa hiérarchie ou de ses subalternes.

Or, autant la dégustation d’alcool peut en effet être agréable et un vrai plaisir pour les amateurs de bonnes bouteilles ou de cocktails créatifs, autant sa consommation régulière à haute dose n’a absolument rien d’amusant. Parce que cette pratique relève, osons employer le terme idoine, de l’alcoolisme. Et que l’alcoolisme n’est pas à prendre à la légère. Outre ses effets sur l’organisme, que beaucoup ont pu éprouver au moins une fois en ayant bu ce fameux verre de trop, et qui sont naturellement démultipliés lorsque le verre de trop est pluri-hebdomadaire, l’alcoolisme agit négativement sur l’acuité intellectuelle, la sociabilité, et sans doute d’autres dimensions à la fois utiles et épanouissantes de la vie que j’oublie de nommer ici.

Evoluant en France dans une société où l’alcool a toujours eu une réputation festive, avec une fierté pour notre vignoble et notre anisette, il est souvent difficile de jouer les rabat-joie en soulignant le fait que sa consommation doit rester modérée. Et pourtant, ne pas aller dans le sens de celles et ceux qui exposent à l’envi leur capacité à enchaîner 3 perroquets (oui, cet article est placé sous le signe des alcools désuets), 4 verres de vin et 2 digestifs, c’est à mon sens leur rendre service. En leur refixant ces mêmes limites que les parents fixent aux adolescents qui se réveillent avec une gueule de bois carabinée le dimanche matin. Mais surtout en leur expliquant que cette désapprobation vient du fait que l’on se préoccupe de qui ils sont. Et que l’on est prêt à les aider à rire sans boire… enfin en n’oubliant tout de même pas de bien s’hydrater à l’eau (ou même, soyons fou, au Pac à l’eau) !

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