20 ans en 2020

30 Jan

20 ans

 

Loin des évocations musicales dont le titre de ce spectacle semble porteur pour les mélomanes aux goûts désuets amateurs de feu Pierre Bachelet (toute ressemblance avec une autrice de blog serait purement fortuite), 20 ans en 2020 ne parle ni de poser ses valises et ses cantines en fer sur un coin de banquise (qui de toute façon est en train de fondre), ni de se laver les dents avec des refrains. Et le jeune vingtenaire que l’on y découvre ne cherche pas non plus à brûler sa vie sans savoir où il va. Ce n’est pas pour autant qu’il a trouvé cette fameuse direction où aller sur sa boussole de jeune diplômé en quête d’une insertion dans un monde professionnel peu accueillant.

Parce que dans ce seul en scène, il est en effet question du parcours de longue haleine pour accéder à une situation professionnelle stable (oui, je sais que j’emploie des expressions que les moins de 20 ans trouveraient chelou – le terme chelou étant sans doute lui-même suranné depuis a minima l’année 2010). Et notre anti-héros ne ménage pas ses efforts pour accéder au Graal d’un contrat, même à durée déterminé, jouant le jeu des lettres de motivation, des tests graphologiques encore pratiqués à l’ère du 3.0, des entretiens surréalistes, des petits boulots sans lendemain… sans jamais pouvoir poser son attaché-case porte-documents dans son bureau le flex-office.

Sa vie sociale n’est pas beaucoup plus florissante, consistant essentiellement en des conversations téléphoniques avec son meilleur ami éternel étudiant et quelques sorties pour tenter maladroitement de servir des jeunes filles très sûres d’elles et peu réceptives à son humour, entre 2 tours sur Facebook et Instagram.

Le texte d’Ygal Levy nous entraîne avec à la fois beaucoup de finesse et d’humour dans cette quête d’un avenir même pas meilleur mais d’un avenir tout court. Questionnant habilement la « digitalisation » croissante des relations humaines, tant amicales que professionnelles, sachant pointer les travers des néo-actifs comme ceux des générations qui ne les accueillent pas (après avoir pourtant vécu les mêmes difficultés 10 / 20 / 30 ans plus tôt), peignant avec justesse le portrait de la génération des youtubers, startuppers et consommateurs d’Uber (ceci est une rime, pas une publicité), il dresse un portrait générationnel à la fois touchant, brillant et plein d’humour. Arnaud Jouan, du haut de ses déjà 25 ans, offre une magnifique interprétation dans ce seul en scène où l’on découvre son charisme et son talent, aussi à l’aise en jeune diplômé trop candide face aux recruteurs qu’en dragueur improvisé en boîte de nuit (mention spéciale à la séquence dansée). Une jolie plongée quelques années en arrière, à la fois faussement légère et réellement subtile.

 

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