Anna Karenine

9 Fév

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En allant voir Anna Karenine au théâtre, je dois avouer que je ne connaissais absolument rien du roman, étant peu attirée par les pavés romans fleuves russes en général et par Tolstoï en particulier (et pour prévenir toute critique : j’ai essayé avant de renoncer). J’étais en revanche enthousiaste à l’idée de pouvoir découvrir l’histoire de cette femme que je devinais tourmentée par les affres du choix amoureux sans avoir à parcourir 900 pages en très petits caractères. J’avais aperçu mais sans y prêter attention que cette adaptation libre s’inspirait également de Maupassant. Et cee croisement des influences est une belle idée.

Mais plus encore que le recours à ces deux illustres auteurs, l’originalité de cette Anna Karenine revisitée est de moderniser considérablement l’histoire. Dans le roman originel, Anna, mariée à Alexis Karénine, s’éprend du comte Vronski et sombre dans une liaison passionnelle qu’elle confessera à son mari. Ici, le scandale arrive par l’intermédiaire d’une femme, qui conduira progressivement Anna à être charmée par sa culture et son indépendance, et à se laisser séduire lors des fréquentes absences d’Alexis, qui découvre leur aventure en rentrant de voyage plus tôt que prévu. Il décide de pardonner à celle qui porte alors son fils, Serge, tout en exigeant le départ de l’intruse. La passion va bien entendu se révéler plus dévastatrice que la raison….

Le travail d’écriture de la pièce force l’admiration, et permet de découvrir les poèmes de Jean Fournée qui sont absolument magnifiques et contribuent pleinement à l’émotion que l’on ressent en découvrant ces personnages. Le parti pris d’un narrateur masqué est également osé et donne lui aussi du relief à cette pièce qui n’en manque déjà pas. Et les costumes d’Anna sont absolument superbes. Surtout, il est important de souligner le talent des 4 comédiens et leur capacité à nous emporter dans leurs tourments. Samuel Debure impressionne par sa carrure ou sa voix grave et affirmée, David Olivier Fischer par la façon dont il fait vivre l’ambivalence d’Alexis, Maroussia Henrich par son aura et Lise Laffont par son mélange de fragilité et de détermination. Toute la troupe nous offre un moment rare de théâtre qui mérite bien leur récente éligibilité aux Molières.

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