Pensées sur la réussite professionnelle

15 Fév

réussite

 

J’ai déjà raconté sur ces pages le récit du départ de ma vie professionnelle d’il y a quelques mois (ici  puis ). La suite logique était bien sûr d’arriver ailleurs, ce qui a effectivement été le cas. Après un temps riche d’enseignements sur ce que je souhaitais faire, puis un temps plus laborieux bien qu’également riche d’enseignements pour me donner les moyens d’y parvenir. Depuis l’automne, j’ai ainsi eu l’occasion de découvrir à la fois une nouvelle entreprise et un nouveau métier. Ce qui en soi ne vous intéresse certainement que modérément, j’en ai conscience, et que j’expose à moitié (ou peut-être un peu plus, allez savoir) par narcissisme, et pour l’autre moitié (ou peut-être un peu moins, donc), pour situer le contexte des pensées qui vont suivre.  

Un changement professionnel, surtout lorsqu’il n’est pas exactement dans la droite ligne de ce que l’on a accompli auparavant, amène automatiquement (en tout cas pour les personnes qui aiment se poser des questions inutiles et parfois capillotractées réfléchir un minimum) à s’interroger sur la cohérence de l’impulsion que l’on donne à sa carrière professionnelle, sur ses aptitudes et compétences liées à ce changement, mais surtout aux objectifs que l’on souhaite atteindre, que ce soit en prenant un nouveau chemin ou en poursuivant sur celui déjà emprunté précédemment.

Dans mon cas (je vous prie de me pardonner ce retour au narcissisme), ce passage d’un métier à un autre n’a rien de révolutionnaire (non, je ne suis pas devenue éleveuse de 6,55957 fois plus de poules). Néanmoins, les différences avec ma précédente activité sont tout de même significatives. D’où le choix concomitant de « m’éloigner de la réussite » et reculant d’un demi-étage sur le grand escalier vers le pinacle du pouvoir. Et cela dans un secteur très fortement hiérarchisé (bien qu’il s’en défende à coup de citations d’Isaac Getz sur l’entreprise libérée mais sans doute pas délivrée, excusez ce long aparté).

C’est de là que le concept de réussite s’est imposé à mes réflexions. D’une part parce que l’attention portée au « grade », que ce soit pour les managers ou pour les managés, est prégnante, et d’autre part parce que ce « recommencement à un échelon inférieur à celui occupé précédemment va de pair avec un décalage en termes d’âge par rapport à la « moyenne » de la profession. Si donc l’on s’en réfère aux « standards » établis dans le secteur, je devrais logiquement occuper un poste plus élevé. N’en être qu’à mon niveau semble suggérer que je n’ai pas les « compétences suffisantes pour mon âge et mon niveau d’expérience. Il est vrai qu’en découvrant une activité nouvelle, j’ai des lacunes évidentes sur des compétences pourtant parfaitement maîtrisées par des collègues beaucoup mois expérimentés. L’on pourrait ainsi en déduire, selon les critères objectifs d’évaluation de la profession, que je suis très éloignée de la réussite.

J’observe ainsi avec un regard très différent de celui de mes collègues et encadrants ce qui traduit la réussite. Là où ils ont les yeux rivés sur le titre inscrit sur leur intitulé de poste en comparaison de leur âge, sur des perspectives de promotion, ou sur les autres nombreux signes de succès, ces préoccupations me paraissent lointaines. Non pas que je rechigne à remonter les marches d’escalier descendues (et au passage à profiter de la hausse de rémunération associée, comment ça vous me trouvez vénale ?), mais parce que ma grille d’évaluation personnelle est différente.

La réussite ne peut pas, de ce que l’expérience (oui, il faut bien que mes années de cotisations aient servi à m’apprendre quelque chose) se situer par une position sur un graphe ou une courbe de progression. Elle n’est réelle que si elle est en phase avec ses aspirations personnelles. Lesquelles diffèrent évidemment selon les individus. Loin de moi l’idée de dire qu’il n’est pas noble de vouloir « prendre du galon » et se rapprocher le plus près possible de la position du sacré-saint comité de direction. Simplement, cette ambition n’est pas universelle. La mienne réside dans l’utilité que je perçois des tâches que j’accomplis. Et dans le fait d’équilibrer ma vie entre le travail et les autres activités (domestiques et de loisirs). L’on peut, selon cette approche, profiter de chaque jour de travail bien fait pour laisser monter notre compteur intérieur de sentiment de réussite. L’on peut aussi ne pas se formaliser de ce qui se dit sur son rythme de progression hiérarchique ni sur ses lacunes, en actant que l’on détient aussi des compétences actuellement en sommeil et que les savoirs ou savoir-faire qu’il nous manque sont d’excellentes occasions de « réussir à apprendre ». Et c’est d’ailleurs généralement ainsi que vient la reconnaissance de ses responsables ou managers… et la réussite « tangible et imprimable sur cartes de visites ».

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