A propos du fichu sentiment de culpabilité

12 Avr

coupable 1

 

Chers lectrices et lecteurs qui avez a priori tous passé les prémisses d’une enfance guimauve (ou alors vous avez appris à lire sacrément rapidement et allez probablement dépasser Einstein en découvertes révolutionnaires et en notoriété), vous savez que la vie a ses hauts et ses bas et les relations avec les proches et moins proches également. Et vous êtes conscients du même coup que dans les périodes plus tendues des relations humaines, l’on a souvent tendance à chercher un.e responsable (petit aparté : vous pouvez jeter l’opprobre sur moi pour avoir succombé à l’affreuse norme de l’écriture inclusive, j’ai cependant fait ce choix par praticité, considérant après réflexion qu’il n’est ni meilleur ni pire que le recours aux slashs ou parenthèses) des tensions et/ou de l’éloignement qui se sont installés.

Face à cela, l’on trouve grosso modo deux types d’individus : ceux qui considèrent systématiquement ou le plus souvent que la situation s’est installée par la faute de l’autre et ceux qui pensent systématiquement ou le plus souvent qu’ils sont les principaux fautifs. Bien entendu, il existe des nuances entre ces 2 sociotypes (oui oui, sociotypes, attention à ne pas confondre avec sociopathes) et l’on peut de temps à autre croiser des individus dotés de la rare capacité à évaluer avec une parfaite justesse la part et la nature des responsabilités de chacun mais ils sont à peu près aussi rares que les lectrices et lecteurs n’ayant pas encore passé les prémisses d’une enfance guimauve.

Les personnes imputant tous les torts aux autres ont hélas souvent prise sur ces mêmes autres, à plus forte raison si ces derniers font partie de la deuxième catégorie. Les tensions si elles se retrouvent face à des interlocuteurs appartenant au même (socio)type qu’elles peuvent en revanche être extrêmement vives et n’augurent guère d’avenir radieux pour la relation sauf si de l’eau est versée dans chacun des deux verres de vin. Lorsqu’elles prennent l’ascendant donc, elles obtiennent souvent « satisfaction » à travers la reconnaissance de leur suprématie ou a minima du bien-fondé de leur perception. Pour autant, la relation s’en trouve déséquilibrée et perd rapidement de son naturel, les « fautifs » désignés se sentant logiquement mal à l’aise et peu enclins à multiplier les contacts, dont ils ont conscience – quand bien même ils se convainquent sincèrement de leurs torts – qu’ils sont peu épanouissant (ceci étant un euphémisme).

Sur l’autre versant du rapport à la culpabilité, les individus prompts à s’attribuer la responsabilité de ce qui ne fonctionne pas dans leurs rapports aux autres (ndlr : l’on considère ici ceux qui sont sincères dans leur tendance à culpabiliser et pas ceux qui adoptent une posture de mauvaise foi ou de victimes) voient progressivement leur confiance en elles se dégrader. Cette détérioration est à hauteur des doutes que les tensions avec leurs proches / collègues / connaissances peuvent susciter, ou même d’une tendance à se croire moralement coupable de ne pas avoir agi selon certains principes ou fait de son mieux à chaque instant malgré moult circonstances extrêmement atténuantes.

Il est donc important, voire vital, lorsque l’on sait se situer dans cette catégorie, d’apprendre progressivement à prendre du recul par rapport aux conflits vécus (oui, il est évident que c’est plus facile à écrire qu’à pratiquer)  et de ne pas hésiter d’une part à analyser la situation « à froid » en s’imaginant lorsque cela peut aider qu’elle concerne d’autres personnes, et d’autre part à solliciter l’avis de personnes extérieures (et bienveillantes !) pour replacer ses torts à leur juste niveau. Continuer à cultiver la boule au ventre / les insomnies / les circonvolutions tant sur la forme que sur le fond lors des conversations du fait de la culpabilité ressentie ne peut en aucun cas mener à une amélioration des rapports la provoquant, mais risque en revanche de vous conduire à ne pas vous aimer comme il est souhaitable – et mérité – de le faire.  Prendre soin de soi passe donc bien par se défaire de cette auto-condamnation erronée… et il est objectivement avéré que ne pas chercher à se défaire de ses prétendues fautes est un comportement coupable !!

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