L’éternelle tentation de parler de soi

6 Juil

parler 1

 

Toutes et tous, nous avons généralement la volonté d’établir des relations saines et équilibrées avec notre entourage (ou presque toutes et tous dirons-nous, si l’on exclut les égoïstes, les vrais méchants, les faux méchants, les pervers et autres nuisibles… ce qui au final représente une quantité moins infinitésimale que l’on pourrait le souhaiter mais là n’est pas le sujet). Ce désir d’harmonie avec les êtres que nous fréquentons suppose bien entendu de nous montrer a minima polis et avenants, mais aussi de savoir échanger un peu plus que des banalités. Ce qui est tout à fait compatible, me diront ceux parmi vous qui ont lu le titre de ce billet, avec le fait de parler de soi, ce « dévoilement » étant bien sûr nécessaire pour se connaître mutuellement.

Pour autant, lorsque l’on souhaite établir une relation plus profonde (je vois venir les petits vicieux et adeptes des sens cachés, qui peuvent circuler parce qu’il n’y a rien de croustillant à découvrir), il est important et même primordial de savoir laisser l’autre s’exprimer, en lui consacrant toute son attention. Surtout lorsqu’il ou elle est en attente de nous voir partager sa joie ou le soutenir. Quoi de plus frustrant en effet pour un bachelier qui vous annonce avoir été reçu avec mention bien et 14,12 de moyenne que de recevoir vos félicitations suivies d’un « tu as fait presque aussi bien que mes 14,35 de moyenne ». Ou pour une personne vivant un deuil de s’entendre raconter le chagrin que vous avez ressenti le jour de l’enterrement de votre grand-père.

Nous avons malheureusement toutes et tous (ou presque toutes et tous dirons-nous, parce qu’il existe une proportion infinitésimale d’altruistes exemplaires) cette tendance, tout en nous mettant à l’écoute de l’autre, à laisser parler cette petite voix au fond de nous en entendant les paroles prononcées qui nous rappelle tel épisode de notre vie ou tel évènement auquel nous avons assisté et qui se rapproche de la situation qui nous est racontée. Et dans ces moments-là, il est très difficile, a fortiori si nous sommes nous aussi en quête d’encouragement ou d’accompagnement, de rester concentré sur la conversation et sur les messages que notre interlocuteur ou interlocutrice veut nous transmettre. Se mettre réellement à l’écoute de l’autre est un long apprentissage, fastidieux, avec son lot d’erreurs ou de « rechutes », de langues tournées 782 fois dans sa bouche pour éviter de ramener la conversation à son cas personnel et d’efforts pour ne pas laisser ses pensées vagabonder et passer à côté d’informations essentielles données par la personne en face. Autant ne pas se mentir, il est rare d’arriver à un niveau de disponibilité parfait ou au moins presque parfait. Mais lorsque l’on y parvient, l’on en retire un enrichissement personnel ET dans la relation avec l’autre qui ferait pâlir les plus éminents spéculateurs (si seulement il se monnayait bien entendu). Et, cerise sur le gâteau, cette vraie écoute de l’autre l’amène souvent à avoir une envie sincère, à un moment ultérieur, de vous entendre parler de vous (ou comment l’ouverture à l’autre favorise in fine un certain égoïsme 😉).

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