« A »

12 Oct

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Lorsque l’on est « un peu » théâtrophage, il peut arriver que l’on réserve au dernier moment, juste par envie de découvrir un spectacle et de se détendre, en fonction de l’inspiration de l’instant. Le pitch plaît et l’on se laisse tenter. Et il arrive que cette spontanéité nous amène à découvrir des spectacles dont l’on sait qu’ils nous marqueront pour longtemps. C’est le cas de « A » : un véritable coup de foudre non anticipé.

Et cela tombe bien, parce que le coup de foudre et l’anticipation sont précisément le cœur de ce spectacle. Ali est né avec un manque d’anticipation qui le conduit… pas très loin puisque précisément, il ne sait pas se projeter dans le temps. Ana, à l’opposé, est née avec un excès d’anticipation, qui la conduit… pas très loin non plus puisqu’à trop peser l’ensemble des conséquences possibles de ces décisions, soit elle renonce, soit elle fait peur aux autres. Naturellement, leurs relations amoureuses à tous les deux sont calamiteuses, le premier oubliant tout, la seconde se projetant trop vite dans 10 ans avec ses conquêtes. Lorsqu’ils se rencontrent, ils semblent être la dernière chance l’un de l’autre… mais sauront-ils ne pas la gâcher une nouvelle fois du fait de leurs différences ?

Racontée ainsi, il est difficile de retranscrire réellement ce qui fait le charme de ce spectacle, au-delà du côté comique de considérer l’excès ou l’absence d’ »A » comme deux pathologies graves et difficiles voire impossibles à soigner. En réalité, le texte d’Elie Rapp (également co-interprète de la pièce) est très finement pensé. Et surtout, la mise en scène ultra-rythmée d’Eurydice El-Etr fonctionne à merveille. Les 3 comédiens enchaînent les rôles, de la sage-femme à l’hôpital aux amoureux et amoureuses de l’un ou de l’autre, revêtant à vue un vêtement ou un accessoire et arrivant à changer à la même vitesse de voix et de caractère. Mention spéciale à Thomas Drelon dont je retiens l’inoubliable interprétation de l’horloge biologique et à Vincent Paillier, aussi bon dans le rôle des 2 mamans que dans celui du curé (quelques-uns de ses 21 changements de rôles).

Pendant 1h15, ces trois trublions nous entraînent à 1000 à l’heure dans un univers tendre, drôle, et où l’on a plaisir à profiter de chaque instant sans essayer d’anticiper le suivant. C’est sans doute cela la réelle recette du bonheur, au théâtre ou ailleurs.

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