Les perdus de vue ne réapparaissent pas avec de simples lunettes (même électroniques)

13 Oct

perdus 2

 

Pour celles et ceux qui ont pu avoir un moment d’inquiétude en commençant à lire le titre de cet article, je ne vous parlerai pas ici d’une célèbre émission télévisée des années 1990 ni de son animateur qui s’est d’ailleurs désormais soustrait à la vue de ceux qui le suivent en passant du petit écran à la radio.

Il s’agit ici d’évoquer les personnes, plus ou moins nombreuses, qui ont à un moment ou un autre occupé une place réelle dans notre vie, avant de s’en éclipser. Et qui peuvent pour certaines se rappeler de temps à autre à notre souvenir, là où d’autres disparaissent réellement de notre mémoire, pouvant toutefois elles aussi en réémerger à la faveur d’une rencontre fortuite.  Ces perdus de vue se classent généralement en 2 grandes catégories : ceux avec lesquels s’est créée une cassure et ceux dont l’on s’est éloigné sans y faire attention.

Dans le premier cas, il existe généralement une amertume associée à la personne, que l’on soit principalement coupable ou victime de l’évènement nous ayant séparé. Le pire des cas étant celui où la personne faisant le choix de s’éloigner l’exerce dans le non-dit, avec une incompréhension partielle ou totale de l’autre face à son silence et à son indisponibilité soudains. L’absence de verbalisation empêche au final les 2 individus concernés de passer à autre chose et les enferme dans un conflit certes pas toujours soluble, mais qui aurait pu être dépassé en laissant cet autre en prendre conscience et partager a minima la conclusion de l’impasse de la relation, afin de la conclure de façon apaisée.

Lorsque la raison de l’éloignement est dite, il reste souvent aussi l’impression d’un raté, d’un ressentiment mutuel qui aurait pu être évité ou tout au moins atténué, et le souvenir que l’on associe à l’autre reste teinté d’une part plus ou moins grande de colère ou de regret. Mais le temps faisant son œuvre, l’on apprivoise petit à petit cette part d’ombre jusqu’à parfois être en capacité, si les circonstances y amènent de façon contrainte ou fortuite, de renouer des liens cordiaux, toujours un peu défiants mais que l’on pourrait qualifier de « bonne intelligence », surmonter le passé n’étant jamais l’oublier.

perdus 1

Dans le deuxième cas, celui des pertes de vue non intentionnelles, repenser à l’autre est la plupart du temps agréable. Qu’il s’agisse de son binôme de l’époque estudiantine, de sa bande du collège, de personnes croisées dans le cadre d’activités associatives, autant de personnes avec lesquelles l’on s’était promis de rester en contact mais que les déménagements ou les priorités familiales ou professionnelles des uns et des autres ont fini par éloigner, les souvenirs, photos ou relations communes restées en contact font vivre la sympathie que l’on ressent toujours à leur égard. La magie des réseaux sociaux nous les fait d’ailleurs parfois retrouver, même si l’on réalise alors que l’on n’a pas forcément évolué de la même manière, mais en restant content de savoir ce que chacun est devenu, voire même dans certains cas en recréant une relation, différente de la précédente fondée sur davantage que de la « bonne intelligence » et pouvant être très plaisante.

Cela étant, même dictée par « les circonstances de la vie », cette distance qui s’installe renseigne sur la qualité de la relation initiale, qui était souvent moindre que ce que l’on imaginait. Car il est évident que lorsque l’on veut vraiment, les liens restent, quand bien même les contacts peuvent être peu fréquents à certaines périodes. Le fait d’évoluer sans continuer à prendre des nouvelles de l’autre nous invite à faire preuve de plus de discernement dans ce qui crée ou non notre attachement et la force des amitiés que nous construisons. Et à savoir à l’avenir chausser d’emblée ces fameuses bonnes lunettes – ou la loupe ou le microscope – pour savoir regarder objectivement l’état de la relation et les perspectives qu’elle offre.

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