Lettre à mes messageries électroniques

2 Nov

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Chères messageries électroniques,

Oui, parce que vous êtes plusieurs, vous ne l’avez jamais ignoré, je prends ici la plume mon clavier pour vous adresser à toutes une missive afin de faire un point qui me semble utile avec vous. En toute transparence puisque je ne mets aucune de vous en copie cachée (ce qui ne constitue pas une incitation, si vous souhaitez réagir, à opter pour le « répondre à toutes » qui pourrait gêner vos consœurs). Car pour autant que je vous apprécie, il me semble nécessaire de nous entendre sur un mode de fonctionnement plus harmonieux.

Lorsque j’ai créé la première d’entre vous, à la toute fin des années 1990, l’Internet grand public en était encore à l’ère du modem 56K, et les échanges de message assez limités. L’on avait d’ailleurs l’habitude, afin de ne pas se ruiner en utilisant tout son forfait mensuel de 3 heures, de rédiger les messages hors connexion pour les faire partir seulement une fois finalisés. Ce qui fait que ma relation avec toi, numéro 1, étais d’une fréquence limitée, tout en étant de qualité puisque les e-mails qui circulaient grâce à toi étaient généralement teintés uniquement de propos importants.

Et puis, au fil des années 2000, Internet a pris de plus en plus de place, le coût de connexion s’est réduit, particulièrement lorsque sont arrivées les désormais incontournables box, et vous autres, numéros 2 et suivantes, êtes apparues. Certaines sont restées, d’autres ont disparu lorsque le site hébergeur en faisait autant (je me souviens non sans émotion de lycos et caramail) ou à la faveur des fins de stage ou changements de poste pour les adresses « professionnelles ».

J’ai fait le choix de vous multiplier, selon la stratégie du cloisonnement : une adresse pour la famille et les amis, une pour les échanges professionnels et les sujets sérieux comme les impôts ou les assurances, une pour ce blog et une pour les informations et courriels divers (souvent injustement traitée de « poubelle » par les autres car destinataire de toutes les pubs et spams reçus du fait de la revente des coordonnées entre sites proposant des newsletters), et naturellement celle « du travail » (qui est également celle demandant le plus de vigilance et de régularité de consultation du lundi au vendredi). Auxquelles comme vous pouvez le voir dans la liste des destinataires s’en ajoutent quelques-unes que je n’ai pas le cœur de supprimer bien qu’elles ne servent que très épisodiquement.

Au fond, votre nombre compte moins que la somme des messages que vous m’apportez et que vous transmettez aux différents interlocuteurs qui souhaitent me contacter en retour. Passer de l’une à l’autre d’entre vous est l’affaire de quelques clics ou balayages de l’index sur l’écran de mon smartphone, l’essentiel étant de prendre connaissance et de réagir à tous les e-mails qui transitent par vous.

Et force est de constater que, pour autant que j’apprécie d’être connectée au reste du monde, vous vous montrez de plus en plus envahissantes. J’ai conscience de l’ambivalence de cette critique que je vous adresse, puisque je vous consulte toutes au moins une fois par jour, que j’exige certainement beaucoup de vous et que vous-mêmes devez être régulièrement fatiguées d’être ainsi dérangées à n’importe quelle heure du jour ou de tardivement dans la soirée ou précocement dans la nuit. Pourtant, il semble que vous preniez un malin plaisir à sans cesse accélérer votre cadence d’émission et de réception et le nombre de sollicitations que vous acheminez. Avec un tri des spams et des « vrais » messages de moins en moins efficace, à la fois pour bien qualifier de spams les messages qui relèvent de cette catégorie et pour éviter de classer ainsi ceux qui devraient arriver dans la boîte de réception, m’obligeant ainsi à tout contrôler (et ne croyez pas que je ne vous entends pas me traiter de maniaque de contrôle derrière mon dos).

Afin de pallier nos difficultés respectives, je souhaiterais donc, en espérant que cela vous convienne, définir, en mode collaboratif évidemment, des règles souples et claires concernant le nombre d’e-mails à traiter au quotidien (en particulier avec vous 2 adresses liées à mon travail et aux formalités fiscales et administratives qui introduisez énormément de contraintes en comparaison avec les informations intéressantes ou agréables que vous relayez), les délais de réponse attendus et les horaires respectifs de disponibilité que nous pouvons attendre les unes des autres.

Je vous souhaite une excellente soirée de week-end, libre de tout devoir, durant laquelle je vous invite vous aussi à profiter des joies des romans ou de la lecture de vos ancêtres les correspondances papier.

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