Les occasions manquées

30 Mar

occasion manquée

 

 

Certaines personnes ont su développer l’aptitude de « saisir toutes les balles au bond » ou presque (oui, je sais, j’utilise des expressions vieillottes), grâce à un savant mélange d’attention, d’aisance naturelle et de « nez fin » pour sentir à quel moment placer LA phrase qui attire l’attention ou affirmer leur intérêt pour telle ou telle proposition.

Mais la plupart d’entre nous, et je m’y inclus sans hésitation, a plutôt une fâcheuse tendance soit à « l’esprit d’escalier » (encore une expression que j’avoue avoir volé à ma grand-mère) ou au manque de flair ou de réactivité. C’est ainsi que la réplique qui aurait fait mouche (ter repetita sur les expressions désuètes) dans un débat passionné ou la phrase qui nous aurait fait briller en réunion ou en entretien d’embauche nous vient avec une heure ou un jour de retard. Ou tout simplement que les mots qui pourraient faire grandir notre capital sympathie auprès d’un.e potentiel.le ami.e (ou plus si affinités) restent désespérément bloqués lorsque nous sommes en sa présence pour mieux être enterrés lorsque nous nous retrouvons seuls.

De la même manière, lorsque nous nous retrouvons face à une offre, qu’il s’agisse d’un bien matériel proposé par une de nos connaissances, ou de nous investir dans une activité ponctuelle ou régulière qui nous plaît, avec un nombre de places limitées, il arrive souvent que nous laissions la place à une autre personne qui ne se laisse pas comme nous encombrer par sa timidité, son sens mal placé de la politesse ou ses hésitations. Peser le pour et le contre ou ne pas chercher à se mettre éhontément en avant sont des attitudes avisées dans bien des cas, mais pas lorsqu’elles conduisent à stagner sans jamais oser ou à s’effacer pour mieux laisser passer d’autres personnes qui n’ont pas davantage de mérites que nous (voire qui selon notre perception en ont moins).

Il est évident que la capacité à repérer les occasions positives, le charisme ou l’éloquence ne peuvent pas venir d’un coup. Et que certain.e.s auront toujours une longueur d’avance sur nous, soit parce qu’ils possèdent ces qualités de façon naturelle, soit parce qu’ils ont pris conscience de leur importance bien plus tôt. Cela ne doit pas nous empêcher d’essayer. Quitte à commettre une bourde monumentale en essayant de placer une réplique mémorable, dont on finira par savoir rire au bout de 10 ans à l’entendre recitée à chaque dîner de la bande d’amis. Ou à se faire refourguer un vieux colifichet de la tante Julia en pensant damer le pion aux autres membres de la famille qui avaient senti le piège. Mais comme dit un vieil adage, c’est en faisant qu’on apprend. Et peut-être qu’à force de tentative, nous finirons par être celles et ceux que nous regardons aujourd’hui avec envie pour toutes les occasions qu’elles ou ils ont su saisir.

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