La malédiction des livraisons

10 Juil

Illustration of package delivery worldwide with delivery person., HD wallpaper

 

Le confinement a suscité de nombreux débats sur les ventes en ligne, et notamment sur le côté éthique de consommer, en exposant ainsi des livreurs au virus pour des achats souvent non essentiels (hors courses alimentaires bien sûr). A fortiori quand les sites sur lesquels étaient passées les commandes n’étaient pas réputés pour leur politique sociale, ni envers leurs salariés, ni envers les sociétés de livraison auxquels ils sous-traitaient l’acheminement des colis. Certain.e.s estimant que l’aspect sanitaire devait primer, d’autres que les livreurs bien que précaires avaient besoin du revenu procuré par leur activité (et, au-delà de ça, que beaucoup d’entreprises risquaient la liquidation judiciaire sans le soutien des commandes en ligne).

Ces questionnements demeurent bien sûr depuis le 11 mai, mais il semble désormais que commander des denrées non alimentaires (et/ou se fournir en denrées alimentaires non essentielles) n’est plus un acte polémique mais presque un acte citoyen de soutien à l’économie (même si se targuer d’héroïsme lorsque l’on s’achète un nouveau maillot avant de retrouver enfin la route des plages ou lorsque l’on fait les soldes est un tantinet abusif, il faut bien le dire).

Toujours est-il que, lors de ces fameux achats, il convient de choisir – ou de subir lorsqu’il n’existe qu’une seule option – un mode de livraison. Et que, dans bien des cas, cette étape de la transaction est à haut risque. Avec certains transporteurs connus pour être peu délicats et être coutumiers des emballages éventrés (à fuir si vous commandez du cristal ou de la porcelaine), d’autres pour ne pas tenir leurs délais et d’autres encore pour faire se volatiliser tout bonnement vos articles et être aux abonnés absents lorsque vous cherchez à les contacter, y compris sur des numéros payants voire très surtaxés.

Mais les livraisons les plus rocambolesques sont généralement celles qui s’opèrent en relais colis. Là encore, certains leaders du secteur sont professionnels, mais nombre d’entre eux ont une politique de distribution très fantaisiste. Ainsi, si en général vous pouvez initialement choisir votre point de collecte sur une carte, vous n’êtes pas du tout assuré.e, loin s’en faut, que votre ou vos cartons y seront effectivement livrés.

De plus en plus fréquemment, pour des raisons diverses et variées (que j’imagine être de l’ordre de : arrière-salle du magasin saturés, livreur n’ayant pas envie de passer là où c’était prévu ou passant hors des heures d’ouverture, magasin ne faisant en fait pas partie du réseau mais annoncé comme tel, etc.), l’on reçoit au bout de quelques jours un message annonçant que le colis n’a pas pu être mis au point relais prévu et va être « rerouté ». Sans aucune précision sur la zone géographique concernée. Commence alors une période légèrement stressante, a fortiori lorsque l’on a commandé un objet volumineux et/ou lourd et que l’on ne dispose pas d’une voiture, même pas d’un caddie ou d’un diable, pour tenter de deviner où l’algorithme de reroutage va faire échoir l’objet attendu. Dans le cas où vous êtes chanceux.se, celui-ci finit par arriver dans un rayon raisonnable, dépassant de moins d’un kilomètre le point de chute prévu initialement, et vous permettant au passage de découvrir des petites rues à proximité de chez vous que vous n’aviez jamais explorées. Mais il arrive aussi que votre paquet se retrouve loin de votre domicile, dans un entrepôt au fin fond d’une impasse hostile (oui, ceci est du vécu), avec qui plus est des horaires d’ouverture improbables vous obligeant à négocier avec votre employeur de décaler votre journée ou dans certains cas à poser une demi-journée de congés. Là, vous vous mettez à maudire votre égoïsme ou vos penchants citoyens de soutien à l’économie. Et à penser que malgré toutes les critiques envers La Poste, on a effectivement tout à gagner à s’y faire livrer ses achats.

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