On est tous le vieux d’un autre

4 Août

on est tous le vieux d'un autre

 

En ces jours caniculaires à Paris, tout rafraîchissement du corps ou de l’esprit est le plus que bienvenu. Et cela tombe bien puisqu’Anne Cangelosi offre à tous ceux et celles revenus de vacances ou pas encore partis de combiner les deux en venant découvrir le troisième spectacle de son personnage de « Mémé » dans la petite salle très bien climatisée du Théâtre Le Bout. Et, cerise sur le gâteau, elle emmène tout son public en voyage, plus précisément en croisière en Egypte, sans équipage ni passagers contagieux, puisque les normes sanitaires sont scrupuleusement contrôlées et sagement suivies par des spectateurs respectueux les uns des autres. 

Le décor posé, il est donc temps de partir à l’aventure avec Joséphine, femme parfaitement bourrue de 85 ans dont le caractère bien trempé ne fait pas l’unanimité parmi les habitants de son village, lesquels décident, à travers un loto légèrement truqué, de l’envoyer en expédition lointaine, « pour voir l’obélisque ». Elle pense naturellement au monument de la place de la Concorde, l’avion va en fait l’amener à Louxor. Là, contrainte et forcée, elle va devoir suivre le mouvement du bateau et de ses occupants, malgré ses préjugés ethniques et sa misanthropie tout aussi prononcés l’un que l’autre.

Avec une verve bien trempée et un texte bien senti co-écrit avec Alexandre Delimoges, Anne Cangelosi fait vivre ce personnage qui lui colle désormais à la peau, avec son look suranné fait d’une blouse « de la blancheporte », son châle en laine et son accent du sud. Percluse d’idées préconçues envers les « Arabes », mais aussi les « Boches », les « Niaqués » et les « Pollacks », sa cohabitation avec tous ces étrangers sur le bateau n’ira pas sans heurt, mais l’amènera progressivement à découvrir les vertus de la différence.

Pique-assiette professionnelle du buffet, râleuse en chef de la table des râleurs français, inconditionnelle de soap opera bien plus que d’histoire des civilisations, elle va cependant se laisser attendrir tout autant par ses compagnons de voyage et par certains membres de l’équipage que bercer par les histoires de pharaons et jouer le jeu des coutumes locales. Et, au fur et à mesure qu’elle ouvre ses œillères, elle nous donne l’air de rien des leçons de vie tout aussi percutantes que désopilantes. Une jolie traversée des flots calmes à portée de métro, à seulement quelques stations de l’obélisque de Paris.

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