Ah! vous dirais-je mamans

19 Oct

Après nous avoir vanté les mérites du grand âge dans le très original et tendre Enfin vieille, Laura Elko revient avec un nouveau spectacle sur un thème toujours à la fois grave et léger, qui concerne un âge un peu moins avancé de la vie, celui de la maternité. Munie d’une énorme et lourde valise, elle aborde avec profondeur et légèreté cette phase si particulière dans une vie du passage d’une forme d’insouciance à celle de la responsabilité de la vie d’un.e autre.

La valise en question lui vient de sa mère, qui l’a elle-même héritée de sa mère, à laquelle elle avait été transmise par sa mère, bref vous aurez compris que l’objet n’est ni moderne, ni ergonomique, ni léger. Pas plus matériellement que symboliquement puisqu’elle lie au final ces générations successives de femmes les unes aux autres. Avec, à chaque génération, l’injonction d’intégrer, en plus des couches, des langes et des vêtements pour le petit être à naître, « ce qui leur manque fondamentalement ».

C’est donc une quête initiatique à laquelle nous sommes convié.e.s, hommes ou femmes du public, parents ou non, sur cette chose indéfinissable qui symboliserait notre incomplétude ou le sentiment que nous avons d’être nous-mêmes encore en gestation. Et pour répondre aux questions existentielles de cette veille d’accouchement, alors qu’elle ajoute les « 6 ou 7 bodys », les « 6 ou 7 pyjamas » et les « 4 ou 5 gilets » qui figurent sur la liste communiquée par la maternité, Laura va convoquer toutes les femmes de sa famille maternelle et paternelle, afin de démêler les fils de cette question du manque fondamental.

Ces traversées du temps sont l’occasion de découvrir une pléiade de personnages hauts en couleurs, en particulier la géniale grand-mère hongroise déjà présente dans « enfin vieille » et ses talents lyriques, de rire de leurs névroses et de leur caractère (parfois) pas commode, tout autant que de questionner leurs choix de vie et leurs relations avec leurs propres filles.

Ces flashbacks et flash-forward (excusez les anglicismes) sont aussi l’occasion de replonger dans l’enfance de la future mère et de rire parfois en rose parfois en gris-noir sur ce que l’on retient de son éducation à l’heure où l’on s’apprête à donner la vie. Et de retrouver avec joie le génial Adalbert et les talents de ventriloque de sa propriétaire, pour nous dispenser des leçons de sagesse à sa manière. A l’heure où les déplacements sont réduits à cause de l’étrange pandémie à laquelle nous sommes confrontés, on se laisse emporter avec plaisir dans ce voyage à travers les générations, à la recherche de la clé de cette fameuse énigme du manque fondamental. Je vous laisse surveiller les dates, il se pourrait que Laura et sa valise débarquent près de chez vous prochainement…

Plus d’infos :

  • Ah ! vous dirais-je mamans, prochaines dates à surveiller

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Étale Ta Culture !

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

%d blogueurs aiment cette page :