Lettre à notre miracle de 2020

31 Déc

Chère Bouille d’Amour,

Oui, c’est le surnom que je te donne publiquement, et qui te sied si bien tant ton visage si craquant fait fondre mon cœur de néo-maman, tout autant, je le sais que celui de ton néo-papa. Tu es entré dans nos vies avec ta détermination à les transformer et à nous révéler à quel point nous t’attendions, alors même que nous n’étions pas certains d’être prêts à t’accueillir et à t’aider à grandir. Et toi, tout petit être de seulement 3 millimètres alors, tu as décidé de t’inviter juste avant Noël dernier, et de faire de nous des parents.

Il me faut t’avouer que ce qui pour toi a visiblement toujours été naturel, de te laisser porter au sens propre comme au sens figuré, l’est moins pour des néo-parents. La grossesse est comme un sport de combat, on y vit des moments extraordinaires tout autant que des épreuves physiques et mentales. Parce que la fatigue est là, les nausées aussi, et qu’il faut pourtant continuer à assurer le quotidien, au travail et ailleurs. Parce que l’on s’inquiète évidemment de ce qui pourrait t’arriver. Parce que le corps se transforme et réagit et que l’on ignore totalement ce qui est « normal » et ce qui ne l’est pas. Parce que l’on aimerait tant en parler mais que, par superstition sans doute, il faut attendre les 3 mois règlementaires. Parce que les paroles du corps médical peuvent tout autant être apaisantes que culpabilisantes. Parce que l’on est envahis d’informations mais rarement celles dont on aurait vraiment besoin.

Et puis, il y a ces moments fondateurs, où l’on tremble un peu avant l’échographie et où l’on ressort rassurée parce que tu vas bien. Et que l’on apprend au passage que tu es un petit garçon. Et puis cet instant unique où l’on te sent bouger pour la première fois et où ta présence devient alors vraiment concrète. Et plus le temps passe, plus on commence déjà à te connaître. Ton « caractère bien affirmé » comme dit une sage-femme, ta « tonicité » comme disent… tous les soignants (et mon ventre mis à rude épreuve). Au fur et à mesure, je te parle de plus en plus de ce monde dans lequel tu vas arriver, certains en me voyant me penseraient sans doute un peu folle, mais c’est important pour moi de te dire qui nous sommes, mon amoureux et moi, quels sont nos projets, quels sont nos doutes aussi, et puis ce contexte si particulier de pandémie dont tu ignores tout mais qui est si déterminant.

Et après ces quelques mois, à la fois longs et nécessaires, tu es arrivé. Quand je t’ai vu – et je dirais même quand nous t’avons vu, sans vouloir parler à la place de ton papa – t’aimer a été une évidence. Ta place était là, parmi nous, et, comme tous les parents, nous avons tout de suite considéré que tu étais le plus bel enfant au monde. Nos yeux tout autant que nos cœurs ont été comblés. Ce qui ne signifie pas que tout a été simple. Si la grossesse est un sport de combat, les premiers jours avec un nouveau-né sont une plongée sur le champ de bataille. Il faut apprendre à composer avec l’inconnu, la douleur si vive due à l’accouchement, la privation quasi-totale de sommeil, le défilé du personnel hospitalier dans la chambre, et, au milieu de tout ça, répondre à tes besoins de petit garçon encore si fragile, perdu dans un univers inconnu si éloigné du cocon rassurant où tu te trouvais jusqu’alors.

L’arrivée chez nous est aussi un saut dans l’inconnu. Salutaire parce que l’on n’est plus dérangés en permanence mais effrayant également parce que tu es encore plus perdu et qu’il n’y a plus personne pour nous dire comment te consoler et t’accompagner. Nous ne savons que t’aimer, c’est déjà bien nous diras-tu peut-être un jour, mais nous avons plus de difficultés à t’aider. Avec toi, nous apprenons vraiment à vivre, même pas au jour le jour, mais à « l’instant l’instant ». Nous découvrons aussi que nous ne sommes pas seuls, qu’il existe une solidarité étonnante et magique entre parents, et nous la recevons de nos amis proches et lointains comme le don qu’elle est.

Progressivement, nous nous apprivoisons tous les trois, nous apprenons à lâcher prise sur nos angoisses même si elles se manifestent encore et que ce n’est que le début, nous récupérons quelques heures de sommeil ça et là (nous savions que le manque de sommeil, ce serait sans doute LE point le plus dur du début de ta vie, et c’est vrai, mais un jour on oublie), et puis nous avons la chance immense que tu fasses partie de cette catégorie des « dormeurs » et qu’assez rapidement, tu dormes plusieurs heures d’affilée. Nous savons que ces nuits pas trop courtes nous aident vraiment à te donner l’attention dont tu as besoin et nous te remercions pour ce cadeau que tu nous fais.

Tu grandis très vite, trop vite même parfois. Et pourtant, nous apprécions pleinement le fait de te voir évoluer si vite. Aux premières semaines menées à un rythme infernal de tétées complétées par des biberons, de changements de couches, de micro-siestes, de démarches administratives en tout genre, de repas interrompus, ont succédé des jours toujours chaotiques, toujours sans horaires définis, mais où progressivement, tu t’es ouvert à nous. Et de la même manière qu’il y a des moments fondateurs dans une grossesse, il y en a eu dans ta jeune vie. En particulier cette soirée où pour la première fois, je t’ai senti interagir avec moi, répondre à mon regard admiratif, où a commencé à naître cette complicité qui ne fait que grandir depuis. Et puis il y a eu ton premier sourire, la première fois où tu as commencé à t’intéresser à un objet extérieur, ton premier petit rire aussi, le jour où nous t’avons saisir un jouet tout seul… Nul doute qu’il y en aura bien d’autres, de ces moments qui font fondre mon cœur guimauve (même si j’essaie parfois de passer pour une dure qui assure, sans aucune crédibilité hélas et heureusement à la fois). Tu as été et tu es, au cœur de cette année si pleine d’obstacles et de difficultés, un petit astre venu magnifier nos existences. Et j’espère de tout cœur que nous saurons contribuer, à chaque étape, de la tienne, à te permettre de tracer ton chemin, dans la bienveillance et la confiance.

Avec ma tendresse incommensurable.

Ta maman

Une Réponse vers “Lettre à notre miracle de 2020”

  1. JCM (@jchmfly) 16 avril 2021 à 09:57 #

    ce petit bonhomme a beaucoup de chance de t’avoir comme maman. Plein de bonheur à vous.

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