Quand je serai un homme

13 Juil

Il y a 5 ans, je découvrais la parole de femmes de tous âges, leurs joies et leurs peines, leurs convictions et leurs interrogations, relayée avec brio par Catherine Hauseux, dans « Quand je serai grande… tu seras une femme ma fille » dans le cadre intimiste seyant si bien à ce spectacle du Théâtre Essaïon. Cet été, ce joli texte est à redécouvrir, mais aussi, nouveauté, le volet masculin de ce qui constitue désormais un diptyque (rassurez-vous, bien que se faisant écho, les deux spectacles peuvent être vus totalement indépendamment). Partant à nouveau d’entretiens avec des hommes de tous âges, il nous permet de nous glisser dans la tête de ces messieurs, sans avoir besoin pour cela d’un sort comme dans les films qui s’y sont déjà essayés.

On ne sera pas surpris que, tout comme il existe autant de féminités et de manière de les vivre que de femmes, la masculinité soit plurielle. Mais là où le premier sujet est de plus en plus souvent sous les feux des projecteurs et des médias, à la faveur des mouvements comme #metoo, des féminicides hélas trop fréquents, des combats féministes, ou de façon plus légère, des magazines et des émissions de radio et de télévision consacrées aux fameuses « ménagères », il est plus difficile d’accéder à la pensée des hommes. Plus pudiques, éduqués pour beaucoup à « être des hommes » comme le dit le titre et à ne pas étaler ni leurs émotions ni leurs ressentis sur la place publique, ils restent auréolés de mystère.

Et pourtant, comme tous les humains, ils ont des choses à dire. Sur cette injonction à être des hommes mais pas que. Et c’est bien la richesse du spectacle que de nous offrir l’accès, durant un temps qu’on voudrait plus long mais passionnant, à ces pensées qui restent dans l’ombre. Répondant aux questions de Catherine Hauseux, qui se place en observatrice – journaliste, Stéphane Daurat campe tour à tour une galerie de messieurs, de l’adolescent au retraité, avec leurs doutes, leurs blessures, leurs espoirs et leurs ambivalences. Et l’on se laisse immerger avec délices « dans la tête » de ces masculinités qui se dévoilent, brutes ou hésitantes, assumées ou en questionnement, marquées par certaines périodes de leur vie plus que par d’autres, héritiers d’une histoire familiale ou sociale ou souhaitant s’en détacher…

Tour à tour amusants, touchants, philosophiques, graves, emplis d’espoir, reflétant les mentalités d’antan ou celles de maintenant, témoignant de la recherche d’harmonie, de la guerre des sexes, des conflits familiaux, des aléas de la vie au boulot, ces portraits et bribes de vie nous font passer une délicieuse soirée, au plus près de ce qui fait la beauté de notre humanité. Il serait dommage, si vous êtes à Paris cet été, de passer à côté du théâtre Essaïon sans s’y arrêter.

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