5ème Flemmardise interrogative : la grossesse

14 Juil

Alors que le fait de me poser des questions est une seconde nature, je prends conscience que cela fait 4 ans déjà que je m’abstiens de vous les partager. Abstention qui ironiquement ne va pas sans rappeler la dernière flemmardise interrogative qui portait sur les élections, au lendemain même des régionales et des départementales qui ont-elles-mêmes enregistré un record de désaffection.

Rompant donc avec la politique qui ne fait que trop jaser ces derniers temps, quand elle n’est pas source d’embrouilles et de polémiques entre proches et moins proches, je vous propose, quelques mois après  la naissance de notre miracle de 2020, de revenir, avec un mélange d’humour et de défoulement exutoire, sur cette période qui fait beaucoup parler celles et ceux qui ne la vivent pas qu’est la grossesse :

  • Pourquoi a-t-on si peur de dire sa grossesse à son entourage proche les premières semaines ? Les fausses couches qui peuvent s’y produire doivent-elles être tues ?
  • Pourquoi les femmes enceintes ont-elles intériorisé le fait de cacher leur ventre naissant le plus longtemps possible sous des vêtements amples ?
  • Pourquoi les employeurs considèrent-ils la grossesse comme une maladie (oui, ceci peut être un début de réponse à la question précédente) ?
  • Pourquoi les concepteurs de SIRH et d’ERP abondent-ils dans le même sens en intégrant une unique case « arrêt maladie, congé maternité » dans les motifs d’absence ?
  • Pourquoi les entreprises valorisent-elles la paternité (enfin sans doute un peu moins depuis la mise en place du congé de 25 jours) et considèrent-elles la maternité comme une perte totale et irrémédiable de compétences et d’implication au travail ?
  • Pourquoi la question sur l’état d’esprit face à la grossesse semble-t-elle taboue ?
  • D’où vient la légende sur le fait que la grossesse (désirée) est forcément une période géniale pour la future mère ?
  • Comment se fait-il que beaucoup de restaurants, qui maintenant ont des plats vegan friendly / gluten free / ufologues friendly n’aient non seulement pas de plats adaptés aux femmes enceintes, mais ne soient parfois même pas en mesure de dire si un plat contient tel ou tel ingrédient déconseillé ?  
  • Pourquoi TOUT le monde ou presque a-t-il un avis sur le poids des femmes enceintes ?
  • Que diraient tous ceux qui ont un avisé sur le poids des femmes enceintes si elles leur posaient les mêmes questions sur leur embonpoint / maigreur / ventre / cuisses ?
  • Pourquoi, au contraire, aucune personne ou presque n’ayant pas vécu de grossesse directement ou par conjoint.e/frère/sœur interposé.e ne pose-t-elle de vraies questions sur les éventuelles vraies difficultés de santé que pose la grossesse ?
  • Pourrait-on aussi mettre fin aux théories fumeuses du gang des mères parfaites selon lesquelles si on ne vit pas une grossesse parfaite, c’est parce qu’on est au choix « pas bien dans sa tête » / « pas prête (à quoi d’ailleurs ?) / « pas une bonne future mère » ?
  • Comment se fait-il que rien ne soit fait pour rendre les cinquante treize rendez-vous médicaux « obligatoires » un peu plus conviviaux ?
  • Et question annexe : qui a conçu cette affreuse boisson soi-disant à l’orange ou au citron (cette personne ne doit jamais avoir goûté ces agrumes) du test du diabète gestationnel ?
  • Pourquoi la préparation à la naissance est-elle autant centrée sur les gestes techniques et si peu sur le tsunami émotionnel que suscite la parentalité ?
  • Comment se fait-il au passage que le métier de sage-femme soit si peu connu et valorisé ?
  • Pourrait-on, au même titre que la demande est faite de manière générale pour l’hôpital, redonner un budget décent aux maternités, afin d’avoir a minima un ratio de personnel décent pour s’occuper des nouveaux humains qui arrivent dans notre monde un peu fou (et un tout petit peu aussi des femmes qui leur donnent la vie) ? Et soyons encore plus fous fous : est-il envisageable de ne proposer que des chambres individuelles, les premiers jours et nuits étant assez stressants comme ça pour ne pas subir les pleurs d’un bébé étranger en plus du sien + partager sa salle de bain dans ces moments particuliers ?
  • Pourquoi met-on une telle pression sur l’allaitement, à coup de « même si c’est dur au début, il faut persévérer et vous verrez que vous apprécierez forcément » ? Ou qu’on dise que ce n’est pas possible de manquer de lait, si c’est le cas, c’est qu’on a « raté » quelque chose ?
  • Pourrait-on en finir avec ces théories fumeuses sur la forme du ventre et le sexe de l’enfant à venir ?  
  • Pourrait-on aussi arrêter de considérer qu’on peut toucher le ventre d’une femme enceinte ou soulever son haut « pour voir » sans sa permission (et plus tard toucher son bébé aussi sans demander) ?
  • Comment se fait-il que ce ventre qui suscite tant de commentaires et de théories semble soudainement invisible à tous lorsqu’une femme enceinte prend les transports en commun ?
  • Pourquoi autant de personnes souhaitent-elles connaître le prénom choisi avant la naissance ?

Après quelques mois d’expérience, je pourrais encore développer cette liste, mais comme la grossesse a une fin, cette série de questions doit elle aussi s’achever, et de préférence en poésie avec cette dernière interrogation : comment préserver et faire fleurir tout l’amour que font germer ces petits êtres si innocents à venir (et si c’était ça, la recette miracle guimauve pour que nous les humains soyons heureux ensemble) ?

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