Costard

29 Juil

Alors que le télétravail a permis aux employés de bureau, cadre et dirigeants, de relâcher les codes vestimentaires, parfois de manière drastique comme ont pu le faire apparaître certaines vidéos prises sur le vif de managers en boxer ou en pyjama, les artistes de la Compagnie Ruée des Arts viennent en plein été nous rappeler l’existence du célèbre costard. Créé en 2015 par Hafid Sour, fondateur de la compagnie, ce spectacle fait se rencontrer 2 univers très éloignés mais ayant chacun des codes bien spécifiques, celui de la danse urbaine et celui de « l’uniforme de travail ».  

Initialement cachés sous des combinaisons intégrales, les six danseurs nous invitent à assister à leur habillage progressif. Avec beaucoup d’humour, ils nous immergent dans un monde qui se prend au sérieux en nous invitant à le regarder avec un œil caustique et éclairé. S’il existe bien évidemment une note d’intention comme souvent s’agissant de la danse (ou du théâtre contemporain), chaque spectateur et chaque spectatrice peuvent s’approprier cette performance avec son histoire, sa vision des deux univers évoqués, et surtout sa sensibilité. Pour ma part, j’ai beaucoup ri en entendant les « nouvelles du monde » sélectionnées, j’ai été sensible au questionnement autour du mimétisme et du moule où il convient de rentrer, mais encore une fois, la réception est souvent particulièrement personnelle face à cet art atypique qu’est la danse.

La force de Costard, au-delà de la cohésion et du talent, c’est son mélange de poésie et de légèreté dans cette forme inattendue de rencontre entre le hip hop et l’entreprise. On se laisse entraîner par la bagarre entre concurrents, on éprouve de la compassion pour celui qui a oublié « l’accessoire » qui donne son relief au costume, on apprécie de voir les individualités s’affirmer, celles des managers en costume tout autant que celles des danseurs de la compagnie… Durant une petite heure hélas trop courte, les émotions se succèdent au gré de la musique et des chorégraphies parfaitement maîtrisées. Et l’on ne peut que regretter qu’il n’y ait pas de scènes supplémentaires sur le choix des chaussettes ou des lacets pour prolonger le plaisir de ce spectacle tout en élégance, à l’image de l’habit qui, quoi qu’on en dise, fait toujours un peu le moine.

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