Mémoires d’un appartement

30 Juil

Il en avait vu passer des locataires, depuis 1974, date de son achèvement. Enfin de son achèvement, c’était beaucoup dire. Il n’avait plus grand-chose à voir avec ce qu’il était à l’origine, mis à part ses murs, et le vieux radiateur du salon. Enfin, maintenant on ne disait même plus salon mais pièce de vie. Il aimait pourtant bien ce terme tombé en désuétude pourtant, cela lui rappelait les salons littéraires des siècles passés, ceux dont il était question dans les romans qu’il avait abrités. Parce que certains des locataires adoraient lire, dans ce salon devenu pièce de vie, affalés pour les uns sur le canapé ou le sofa, là encore la désignation de ce meuble variait, pour les autres sur leur fauteuil club ou leur pouf géant à billes. Les troisièmes locataires, férus de meubles anciens, avaient un crapaud et une bergère dont il se souvenait avec émotion, ainsi qu’un lit à baldaquins trouvé aux Puces et qu’ils avaient remis à neuf. Ils avaient d’ailleurs fortement contribué à accroître sa culture de la littérature du XVIIIème et XIXème siècle. Il se souvenait avoir avidement dévoré leurs ouvrages, en lisant « par-dessus leur épaule » comme disait l’expression consacrée, maudissant toutefois régulièrement la lampe où le voilage du lit qui obstruait la vue qu’il avait depuis ses murs ou ses plafonds.

Enfin, désormais, après avoir succombé à la vogue des anglicismes, le salon devenu living-room s’était mué en « pièce de vie ». L’on avait pour réussir cette énième agencement abattu un mur qui n’était heureusement pas porteur pour créer une étrange colocation entre le salon et la vieille cuisine qui ressemblait désormais à l’une de ces vieilles femmes ayant passé trop de temps sur un transat sur les plages du sud pour tromper leur ennui et dont la peau, enfin ici la peinture et les placards – se trouve irrémédiablement fripée au nom du sacro-saint bronzage à exhiber devant les amies moins chanceuses restées dans leur Nord natal l’été. Toujours est-il que son propriétaire était décédé au début des années 2000 et que les enfants avaient décidé de le garder, lui, « l’investissement locatif » apparemment juteux, mais en le mettant au goût du jour et donc en créant cette pièce de vie. La cohabitation entre ces deux-là n’avait pas été évidente. Chacun tenait à son intimité et le salon se plaignait régulièrement des odeurs de brûlé et de poubelles, de l’eau et de la farine renversés sur le sol et du ronronnement du réfrigérateur tandis que la cuisine supportait mal le bruit de la télévision, la lumière souvent allumée jusque tard dans la nuit, et les copains et copines des locataires qui débarquaient en permanence et refaisaient le monde sans discontinuer. Sans compter le fait que l’un comme l’autre avait perdu l’intimité que leur procurait ce mur, ainsi que les meubles qui s’y adossaient. Mais après quelque temps, un bar avait été installé, rendant à chacun une délimitation et les aidant à mieux communiquer et à mieux se retrouver eux-mêmes.

Quelle que soit sa dénomination, il aimait particulièrement cette pièce. C’était le lieu de la détente, des jeux de société, des lectures déjà évoquées, des feuilletons radio à ses débuts, puis des films du dimanche soir et maintenant du « binge-watching » sur les plateformes de streaming (encore un anglicisme, décidément cette mode n’était pas prête de passer), des soirées en amoureux, des apéros entre amis, des fêtes d’anniversaire intimes ou à plus d’invités qu’il ne pouvait théoriquement en contenir, des parties de jeux vidéo. Il avait abrité tant d’instants joyeux, apaisants, inattendus, mais aussi parfois tristes, tendus, dramatiques qu’il lui semblait que l’essentiel de ce qui avait été vécu par tous ces occupants qui s’étaient succédé, jeunes ou âgés, seuls, en couple ou en famille, y avait pris sa place.

Cela ne signifie pas que les autres pièces étaient insignifiantes. Les deux chambres en particulier avaient elles aussi été les témoins privilégiés de ces scènes de la vie ordinaire ou extraordinaire de celles et ceux qui les avaient occupées. Il se souvenait ainsi avec émotion des tous premiers qui y avaient emménagé, un couple et ses deux enfants de 6 et 3 ans, ravis de quitter leur F2 apparemment mal distribué pour cet appartement familial où enfants et parents avaient leur espace propre. Et de bénéficier des prestations « standing » de ce tout nouvel immeuble. Lui qui n’avait jusque-là vu que des ouvriers du bâtiment le jour, et occasionnellement la nuit en fin de chantier, découvrait pour la première fois ce pour quoi il avait été conçu, l’accueil de ces étrangers qui progressivement lui devenaient proches avant de le quitter pour un logement plus grand ou plus petit, dans le même quartier ou plus loin, voire même parfois dans un de ces autres pays qu’il apprenait à découvrir par informations, magazines et reportages interposés. Et naturellement, il s’était particulièrement attaché à ces premiers habitants, qui lui avaient fait découvrir leur quotidien, cette joie initiale rapidement muée en habitude des parents d’avoir enfin leur chambre avec un lit « géant », après avoir passé plusieurs années à occuper un canapé-lit au confort modéré, les repas souvent mouvementés parce que l’un ou l’autre des enfants avait trop ou pas assez faim ou n’aimait pas ce qu’on lui servait, les rituels du matin millimétrés pour arriver à l’heure à l’école et au bureau, les soirées où l’un ou l’autre ou tous les 4 étaient épuisés et où la tension était palpable, mais pouvait tout aussi bien s’évanouir à la faveur d’un jeu improvisé, les week-ends où il se retrouvait seul parce qu’ils allaient chez les grands-parents et où il s’ennuyait de ce temps sans animation. Incontestablement, il avait eu beaucoup de chance de découvrir avec eux sa fonction de logement, ils lui avaient apporté toute la palette des émotions du quotidien dans une jolie harmonie. Et puis, trois ans plus tard, la famille allait s’agrandir et ils étaient partis avant qu’il ait pu faire la connaissance de la nouvelle venue. Il aurait aimé avoir des nouvelles, comme pour beaucoup de celles et ceux qui avaient suivi, mais il avait compris qu’on n’envoie hélas pas de carte postale ou de vœux à un ancien appartement, quels que soient les souvenirs que l’on peut y avoir.

Après cette première expérience, il avait hébergé un artiste peintre qui l’avait mis sens dessus dessous. Enfin, quand on disait un artiste, c’était pour désigner le signataire du bail, parce qu’il était perdu tant le nombre de personnes qui défilaient était important. Entre les modèles, les amantes, les amis peintres et leurs amants et amantes, les « happening » artistiques, il avait l’impression d’être devenu une annexe de Woodstock et en regrettait presque les week-ends d’absence de ses premiers occupants un peu mélancoliques mais où il pouvait profiter du calme. Henri, c’était son prénom, semblait ne jamais prendre de vacances. Et naturellement, les deux chambres, tout comme le salon, avaient perdu leur fonction initiale pour devenir des dortoirs (où l’on ne dormait guère) – ateliers – espaces de danse – salles à manger improvisées, ce qui les avait d’abord perturbées, avant d’en prendre leur parti, espérant toutefois qu’un jour, un peu d’ordre reviendrait, et que leurs murs retrouverait une couleur harmonieuse, alors qu’ils étaient devenus un étrange mélange de reproductions des grottes de Lascaux, de préfiguration de ce qui deviendrait du street art et de témoins de soirées ou après-midi arrosées ayant donné lieu à des œuvres expérimentales mélangeant crémant et ketchup. Cette période avait duré 6 ans, jusqu’à ce que les remarques des voisins sur ce locataire, remontant aux oreilles du propriétaire, dissuadent ce dernier de renouveler le bail, bien que son détenteur se montre bon payeur. Il savait évidemment que l’appartement faisait office d’atelier mais il ne s’attendait d’ailleurs pas à un tel bazar et la caution n’avait visiblement pas suffi à redonner à ses murs une couleur acceptable. Heureusement, Henri avait la passion des tapis, ce qui avait permis de préserver le sol et de limiter ainsi les dégâts.   

Les successeurs, les fameux adeptes de meubles anciens qui l’avaient ouvert à la littérature, avaient fait de lui une sorte de galerie d’antiquités, ce qui, d’une certaine manière, prolongeait sa « carrière artistique ». Il avait adoré retrouver ses deux chambres, occupées respectivement par le couple de locataires et leur fils adolescent, un jeune homme à la fois studieux et doux rêveur, plongé tour à tour dans ses ouvrages de science-fiction et dans les jeux vidéo, à cette époque des consoles désormais devenues vintage. Au deuxième renouvellement de leur bail, ayant signifié leur intention de rester encore quelque temps malgré le départ de leur fils, ils avaient eu l’autorisation de faire des travaux dans la salle de bain et de lui donner un style campagne anglaise avec sa baignoire à pieds aux robinets dorés sa décoration rétro et son rideau en tissu liberty qui lui avait fait s’intéresser à cette partie de lui-même qui n’avait pas auparavant pour lui d’utilité autre que fonctionnelle. Certes, ce réaménagement avait un côté un peu kitsch (encore un anglicisme, décidément cette langue s’emparait très souvent de son quotidien), mais elle donnait un charme qu’il ne soupçonnait pas à cette pièce. Cela lui faisait un effet qui lui semblait comparable à celui d’un humain découvrant ses quadriceps et ses ischio-jambiers en se mettant au sport. Cette salle de bain avait aussi été le déclencheur de leur départ puisque monsieur, revenant plus tôt que prévu d’une visite à sa mère, y avait trouvé sa femme accompagnée d’un « ami » qu’ils hébergeaient pour quelques jours.

Il avait un souvenir très vague de leur remplaçant, qui était commercial itinérant et donc quasiment jamais présent, qui n’avait même pas pris la peine de réellement le meubler, ce qui lui avait valu plusieurs années assez solitaires, au cours desquels il trompait son ennui en ressassant les vieux souvenirs au cours de conversations avec chacun de ses murs, les placards de cuisine, la baignoire et même le bidet qui était alors encore là. La suite des années 1990 avaient ensuite été marquées par un défilé de colocations étudiantes, suite à la création d’une nouvelle université, et, si d’une année sur l’autre, l’ambiance était plus ou moins bonne entre ces camarades qui s’étaient regroupés plus ou moins aléatoirement, il avait apprécié de vivre sa « vingtaine » en hébergeant des occupants qui avaient le même âge que lui, surtout après cette période de quasi-inoccupation qui lui avait donné le sentiment d’être vieux avant l’heure. Il avait ainsi été témoin pendant une dizaine d’années de maints moments mémorables : les fous rires devant certains de ces tout juste adultes apprenant à faire leurs courses (là où la plupart se débrouillait heureusement très bien), les séances de ménage express souvent en mode « on planque tout dans les placards et sous les meubles » quand certains parents venaient en visite, les nombreuses semaines passées à expérimenter les joies de l’indépendance avant de réaliser qu’il fallait aussi réussir ses examens et passer en mode révisions intensives, les soirées pizza et parfois sushi quand les mois étaient fastes ou les parents généreux dans le budget alloué, les « conseils de guerre » en cas de crise dans la coloc, et puis bien sûr les amitiés complices, les amours naissantes, les succès, les échecs et les déceptions aussi parfois, tous ces petits et grands évènements qui marquent le début de l’indépendance.

Après une dizaine d’années de ce défilé d’étudiants, les enfants de feu le propriétaire avaient donc opéré des transformations d’envergure. En plus de la création de la pièce de vie, ils avaient modernisé et la salle de bain, et il lui avait fallu dire adieu aussi bien à cette bonne vieille baignoire qu’au très désuet bidet, mais aussi au lino psychédélique qu’un des colocataires avait posé pour cacher les vieux carreaux abimés de ce bleu typique des années 1970, qui, il faut le dire, créait un hiatus visuel avec les rideaux liberty toujours présents. Désormais, la pièce d’eau était d’un blanc n’allant pas sans rappeler l’hôpital, avec une douche étroite et un immense meuble vasque, et cela se ressentait sur son humeur puisqu’elle était devenue totalement neurasthénique. Toutes les pièces avaient d’ailleurs subi ce traitement de choc en mode tippex, perdant leur âme et leur charme, et croisant les doigts pour que les locataires qui arriveraient aient le goût de la décoration pour leur redonner un peu de vie. Les nouveaux arrivants ne répondirent hélas pas à leur souhait, mais incontestablement, leurs copains aux personnalités bien trempées qui adoraient squatter le bureau – chambre d’amis, leurs scènes de ménages hautes en couleurs et leurs réconciliations pimentées mettaient de la vie dans ces pièces aseptisées. C’est d’ailleurs grâce à l’une de ces réconciliations qu’il découvrit pour la première fois un nouveau-né, qui n’était pas en reste face à ses parents quand il s’agissait de se faire entendre. Il était fasciné par l’évolution de ce petit être à la fois si dépendant et à la personnalité si affirmée, même s’il sentait que la chambre parentale puis celle du bébé ne répondait parfois plus, leur état flirtant avec le point de non-retour lorsque s’ajouta le ravalement de la façade de l’immeuble. Il se voyait déjà tentant des incantations aux divinités des logements pour qu’elles réussissent à créer un défibrillateur pour chambres lorsqu’il apprit qu’ils avaient donné leur préavis pour partir vivre en Espagne. Il hésita même à tenter de glisser dans leurs cartons un mot d’encouragement à la maison qu’ils devaient y occuper et renonça. Il avait déjà lui-même reçu ce type de missives habilement codées et en avait conclu que cela faussait régulièrement inutilement ses impressions sur ses compagnons de vie.

Il avait été très surpris lorsqu’il avait découvert celui qui allait venir l’occuper ensuite. Ou plutôt revenir l’occuper puisqu’il n’était autre que l’adolescent studieux et rêveur, devenu architecte d’intérieur et lui-même père d’une pré-adolescente au caractère très cartésien mais peu portée sur la scolarité. Sa conjointe, exerçant elle aussi le même métier, tous deux prirent à cœur de redonner vie à ces pièces qui leur semblaient n’avoir plus rien à voir avec les quelques photos que ce Thibaut avait conservées. Outre le bar dans la pièce de vie, ils mirent partout des rideaux aux teintes vives et ajoutèrent meubles et objets design. Ils se gardèrent bien en revanche de réinstaller une baignoire. Il estimait ne jamais avoir été décoré avec tant de goût et d’élégance, et se trouva aussi beau que Narcisse face à la source, sans pour autant tomber dans le même orgueil. Le statut particulier de ces locataires le faisait enfin se sentir « en famille », dans une douceur plus que bienvenue. Ils étaient restés cinq ans, jusqu’au bac de leur fille, estimant pouvoir désormais quitter la ville pour la maison de charme à la campagne dont ils rêvaient depuis longtemps mais dont ils différaient l’achat pour permettre à la prunelle de leurs yeux de profiter pleinement de ses amis et de la vie citadine. A cette occasion, il s’était demandé ce que pouvait ressentir une maison. Lui avait toujours l’habitude du voisinage, des parties communes, de n’être en somme qu’une partie d’un tout, devant obéir à certaines règles fixées dans le règlement intérieur et dans ce qui s’appelait une assemblée générale de copropriété, apparemment une sorte de ping-pong verbal entre radins et dépensiers, et entre amateurs de stagnation ou de changement, qui pouvait parfois virer au pugilat pour des histoires de ventilation, de vélos mal rangés ou de pots de fleurs. Certes, il était habitué à ces contraintes, ainsi qu’à celles imposées par les propriétaires à ceux qui résidaient dans ce chez lui qui ne lui appartenait pas, mais il aurait aimé pouvoir, comme dans ses émissions qu’il avait découvertes à la télévision, échanger sa vie pour une courte période avec celle d’un pavillon mitoyen, d’une maison dans les bois, d’un manoir ou d’un cottage, pour le plaisir de faire lui aussi des expériences.

Privé de cette possibilité et marqué par ce départ, il passa 4 mois seul en plein questionnement existentiel, se demandant d’ailleurs pourquoi lui, si bien situé et toujours très demandé depuis 36 ans, se retrouvait soudainement vide, sans même un visiteur. Il le découvrit à l’entrée de la nouvelle venue, l’une de ses 3 propriétaires qui se trouvait plus ou moins sans logement pour cause de retard de livraison de l’appartement qu’elle avait acheté dans le quartier voisin. Il était étrange pour lui d’être occupé pour la première fois par une personne à qui il co-appartenait, lui qui au final ne savait quasiment rien sur ce père décédé et sa progéniture. Il aurait aimé poser mille questions mais là encore, cela n’était pas possible, et il dut se contenter de bribes d’informations. Visiblement, ce père n’était pas tenu en haute estime, ayant préféré s’occuper de ses nombreuses conquêtes que de ses enfants, sous le regard impuissant d’une mère financièrement dépendante qui était passée d’une servitude à l’autre en se laissant séduire par une secte dès qu’ils avaient eu quitté la maison. Petit à petit, et malgré leur persévérance, le gourou avait réussi à la couper de leur contact. Dans ce contexte, celui qu’ils appelaient depuis leur géniteur les avait soutenus financièrement mais était resté plus occupé à jouer les jolis cœurs qu’à faire enfin acte de présence. Toujours en pleine réflexion sur son identité et son avenir, il déplora de ne pas avoir été acquis par une personne au cœur plus noble. Sa fille semblait cependant avoir la tête sur les épaules, et, bien que ne voulant pas mettre d’affect dans ce bien qui lui venait de cet homme envers lequel elle éprouvait toujours une certaine rancune, elle bricolait souvent, à la fois pour se détendre de son travail aussi incompréhensible que stressant et pour en augmenter l’attrait. Il découvrit aussi ses deux « petits » frères qui venaient régulièrement lui rendre visite, le premier avec sa femme et ses 3 enfants qu’on aurait dit sortis d’un manuel des bonnes manières, le second avec son conjoint écrivain en devenir qui par certains aspects lui rappelait l’artiste fou de ses premières années.

C’est à l’issue de ces quelques mois que l’improbable se produisit et que son statut changea puisqu’il fut mis en vente. Il ressentait un mélange de peur et d’excitation pendant les visites, pestant contre l’agent immobilier ayant obtenu le mandat lorsqu’il vantait ses louanges à des personnes qui lui paraissaient antipathiques tout autant que lorsqu’il l’entendait faire douter des acquéreurs potentiels qu’il aurait aimé voir faire une offre. Il éprouva une vive déception quand il découvrit qu’il allait devenir la propriété d’un couple de personnes âgées grincheuses, mais un coup de théâtre se produisit du fait d’un refus de financement du prêt pour motifs de santé. Déplorant habituellement les injustices de ce type, il s’en réjouit cette fois, à double titre lorsque l’acte d’achat fut signé par une famille comprenant deux enfants de… 6 et 3 ans. Le clin d’œil était trop énorme pour ne pas jubiler.

Ironie supplémentaire, ses nouveaux propriétaires décidèrent de placer une cloison mobile dans le salon pour isoler l’espace cuisine. Quelque temps plus tard, ils entreprirent de recréer une salle « de bain » sans rideau liberty mais avec un esprit à la Marcel Pagnol. Après tous ces errements, il réalisait que la vie était un éternel recommencement, et que, quels que soient ses aléas, son destin serait toujours de changer de visage sans jamais se départir de son œil aiguisé que pourraient lui envier les pilotes et aspirants pilotes de chasse. Désormais aguerri et confiant, connaissant ses murs, ses plafonds, ses sols et ses équipements mieux que les enfants ne retiennent les fables de la Fontaine, il savoura cette période de plénitude en sachant que la prochaine tempête arriverait inéluctablement. Il ne se doutait pas qu’il allait être remis en vente à cause de placements financiers douteux devant servir à rembourser le prêt immobilier « plus rapidement ». Et qu’il allait alors être racheté par les voisins du dessous qui allaient le transformer en duplex. Désormais, il allait donc lui falloir intégrer la mémoire de deux appartements. Dont un ayant une mémoire de poisson rouge. La tâche allait être longue…

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