Lâcher-prise, mon opposant tenace

30 Sep

Pour vous qui êtes fidèles à ce blog depuis un mois, un an ou depuis sa création, il ne vous aura sans doute pas échappé que sur l’horoscope de la coolitude, je suis du signe organization-maniac ascendant control freak. Et pour vous qui avez atterri par hasard sur cette page avec des termes de recherche bucoliques qui me font à la fois sourire et m’interroger tels que « que veut dire telle est la question… », « compliment pourris », vous venez de gagner un temps précieux en lisant l’information directement. Bref, en un paragraphe de digression comme en cent, l’on peut dire que le lâcher-prise n’est pas exactement mon meilleur ami.  

Et pourtant, aussi sûrement que l’on me conseille régulièrement et avec conviction de pratiquer le yoga (j’ai testé, je vais rester au cardio, merci bien pour la découverte aussi instructive que douloureuse de la position de la vache et pour les longues minutes d’ennui intersidéral supposées m’aider à me connecter à je ne sais pas trop quoi, mais tout va bien niveau connexion, j’ai la 5G grâce à Pfizer), je reçois des tas d’encouragement à « me mettre au lâcher-prise ». Seulement, j’ai beau me targuer d’aimer les découvertes et d’être ouverte d’esprit (preuve en est l’essai sus-cité de position de la vache), il me faut avouer qu’il m’arrive de m’accrocher à mes habitudes comme le beurre demi-sel à sa galette de sarrasin (vous aurez noté l’hommage régional à une région dont j’ignore tout sauf les clichés à base de beurre demi-sel et de sarrasin). Et garder le contrôle est une habitude qui devient vite à la fois réconfortante et bien ancrée.

Seulement, le pragmatisme m’a conduit à constater que parfois, hélas, même avec un esprit d’anticipation aussi aiguisé que les couteaux d’un chef 3 étoiles et un entraînement à l’adaptation immédiate des plans aux changements qui surviennent presque dignes des talents d’une caméléonne (non ce mot n’existe pas mais il devrait), il est des évènements que l’on ne peut pas remettre au carré / rationaliser / faire rentrer dans des cases, et des réactions physiques ou émotionnelles qui m’échappent. Évidemment, je déteste cela. Et pourtant, à mon corps (et à mon cerveau fumant) défendant, je sais que souvent, c’est dans ces moments que j’apprends la richesse qu’il peut y avoir à vivre l’instant présent. Pas juste comme une résultante de l’échec de ce qui avait été prévu dans le passé ou comme un crash annoncé de ce qui était attendu dans le futur, mais comme une autorisation à justement ne pas réagir à ce qui se passe.

Fondamentalement, le lâcher-prise, à ma hauteur de vue (grosso modo les aisselles de mes voisins de tram ou de métro) réside dans ces minutes, ces jours ou ces semaines ou j’accepte mon chagrin, mon euphorie, ma colère, ma zénitude, ma fatigue, ma forme olympique, ou toute autre état ou situation qui m’échappe et où je m’autorise à aller mal ou à aller bien, ou à n’aller nulle part ou à tourner en rond contre tout bon sens. Et là où mon fonctionnement habituel me porte et me met en mouvement, et où il est et restera vraisemblablement toujours mon ami et mon moteur, le lâcher prise, avec ses victoires par KO, me permet de faire des pas de côté. Et étrangement, comme ces professeurs sévères et exigeants mais passionnés, qui sur le coup nous font râler, mais dont on se souvient des années plus tard avec gratitude, ce squatteur de vie qu’est le lâcher prise, impossible à déloger quand il décide de s’installer (se fichant des questions de trêve hivernale ou pas), est comme un meilleur ennemi : je ne souhaite pas le voir trop souvent mais il me donne les armes pour mieux profiter des périodes où il est loin. Alors aujourd’hui, j’avais juste envie de la saluer et de lui dire que oui, je continuerai à le mettre à l’écart, mais que, comme la position de la vache, il est possible qu’un jour j’éprouve un petit peu de confort à le laisser m’enseigner ses techniques d’assouplissement.

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