Être citoyen.ne

9 Jan

La nouvelle année n’a pas encore dix jours d’existence que déjà, les polémiques fusent, enflent, rebondissent les unes sur les autres, largement alimentées par le variant Omicron et tout ce qui s’ensuit, de l’ouverture des écoles en passant par les protocoles d’isolement, la radicalisation des pro-vaccins et celle encore plus forte des anti-vaccins portée par la perspective de la mise en place d’un pass vaccinal, etc. Et, de tous les échanges de phrases bien senties, c’est Emmanuel Macron qui semble avoir remporté la palme de la semaine, avec des expressions, qui, si elles ont été bien sûr été décontextualisées, n’en sont pas moins étonnantes de décomplexion pour un président de la République, parlant de son envie d’emmerder les non-vaccinés et du fait qu’un « irresponsable n’est pas un citoyen ». Les propos ayant été largement débattus et allant le rester, je laisserai s’invectiver celles et ceux qui ne sont pas las de ces engueulades 1.0, 2.0 ou 3.0, dont le résultat est toujours le fameux zéro justement. Mais il me paraissait intéressant en revanche de réfléchir à cette notion de citoyenneté mise en exergue dans l’interview du chef de l’Etat, en cette année où elle a vocation à être centrale du fait de la séquence électorale du printemps.  

Je ne saurais prétendre ici à apporter plus qu’un gravillon aux débats et théories sur la citoyenneté qui ont fleuri à toutes les époques, d’Aristote à TikTok. D’excellents ouvrages, articles, podcasts et très certainement vidéos, existent sur le sujet, tant sur la définition de la citoyenneté que sur les conditions de son (bon exercice). Néanmoins, alors qu’il nous appartiendra bientôt, individuellement et collectivement, d’opérer un choix qui déterminera la direction que prendront les politiques économiques, sociales et environnementales pour les 5 prochaines années, il me paraît déjà important de prendre conscience de notre statut de citoyens.

Car, quelle que soit la définition, plus ou moins large et inclusive de la citoyenneté, celle-ci apporte la possibilité de « participer à la vie de la cité », en premier lieu par le vote, et naturellement un vote qui, sans être exempt de certaines influences familiales / culturelles / amicales / médiatiques (barrer les mentions inutiles) ne se fait pas stricto sensu le couteau sous la gorge. A ce droit « politique » s’ajoutent des libertés et des droits civils ainsi que des droits sociaux. Malgré tous les débats des derniers mois sur les privations dans ces domaines, il me semble que notre situation en tant que citoyens et citoyennes français.e.s est plutôt enviable. Et que si, bien évidemment, l’on peut questionner l’usage systématique de l’état d’urgence depuis 2015 et actuellement l’obligation vaccinale, les contraintes qui s’imposent à nous sont tout à fait soutenables (je vois d’ici venir la contestation de certaines personnes, j’assume cependant mes propos, a fortiori en regardant les restrictions imposées dans de très nombreux pays proches et lointains, même si la comparaison avec moins démocratique que soi n’est évidemment pas un gage de perfection de notre démocratie). Je peux affirmer aujourd’hui me sentir chanceuse et fière de bénéficier de ces droits citoyens, qui il y a encore un siècle ne m’auraient pas été accordés. Comme le dit la chanson de Michel Berger et France Gall, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup.

Naturellement, il n’existe pas de droits sans responsabilités. Et c’est souvent sur ce terrain que l’achoppement se fait entre citoyens, l’appréhension de cette responsabilité pouvant en effet, a l’instar des programmes de ceux qui nous gouvernent, être très autocentrée pour les uns là où elle est autant que possible orientée vers l’intérêt collectif pour les autres. Et soyons clairs, nous avons bien évidemment toutes et tous une part d’égoïsme, et rares sont celles et ceux qui font réellement primer le bien commun en tous points sur leur propre destinée. Cette part d’égoïsme que nous avons toutes et tous est bien centrale dans notre manière de vivre notre citoyenneté, qu’il s’agisse aujourd’hui de faire le pari de la solidarité sanitaire via la vaccination collective, demain d’élire nos prochains gouvernants en fonction de promesses démagogiques parlant à notre opportunisme ou de faire le choix, tout en préservant nos intérêts personnels les plus essentiels, d’accepter certains renoncements acceptables permettant des avancées significatives vers une société plus juste et inclusive (sous réserve qu’il existe des candidats ou candidates ayant un programme allant dans ce sens, ce qui à date, est, il faut en convenir, assez loin d’être le cas), et à la fois aujourd’hui, demain, et après-demain, d’être des relais de la liberté d’opinion et d’expression (dans le respect d’autrui), de la garantie des droits humains et sociaux fondamentaux au quotidien et au travail, et d’être des participants constructifs aux débats qui s’expriment, ne nous situant pas dans la seule contestation mais préférant la proposition.

Cette quête est exigeante, difficile, se heurtant inévitablement à des obstacles liés à la fois à nos résistances propres, et, il faut le dire, à l’attitude souvent très irritante voire insupportable des personnes avec lesquelles nous sommes en désaccord, tout autant, comme évoqué précédemment, des aspirants à la fonction présidentielle ou à la députation. Pour ma part, j’ai envie de relever le défi, de me nourrir des nombreuses contributions de collectifs associatifs, politiques et citoyens, de savoir tempérer mon exaspération face à des personnes doctrinaires , de voter à chaque fois que j’en ai l’occasion, aux élections professionnelles comme locales et nationales, de bien peser les conséquences possibles de ces votes avant, d’assurer mes devoirs, de me demander si je veux m’engager au-delà de ces devoirs et comment, et en attendant de ne pas laisser perdurer des injustices si j’ai le pouvoir de les stopper. Je serais ravie, dans cette quête difficile, de savoir que je suis bien accompagnée, de citoyennes et citoyens qui, comme moi, continuent à rêver à un bel avenir collectif.    

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