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Poncifs pour célibataires

28 Déc

célibat

Mesdames, messieurs, mesdemoiselles,

les fêtes de fin d’année sont bien arrivées et avec elles les fêtes familiales ou amicales avec repas pantagruéliques et sujets qui fâchent à l’appui. Et pour ceux et celles qui ne sont pas équipés d’une belle-famille plus ou moins encombrante faute de conjoint et s’en félicitent en entendant les racontars de leurs frères / sœurs / meilleurs amis / collègues / connaissances, et se félicitent donc d’échapper aux reproches plus ou moins subtilement masqués de leurs affreuxbeaux-parents, c’est aussi l’heure d’aborder les sujets qui fâchent. Sujets qui seront réabordés sous un autre angle lors du réveillon du 31 que vous avez accepté faute de mieux ou de courage pour dire que vous préféreriez comme les couples rester chez vous tranquilles à revoir « la vie est belle » de Frank Capra devant un plateau télé sans bûche parce que les agapes, au bout de 5 jours, vous n’en pouvez plus. Notez qu’en général, ces constats vicieux et mesquins petites phrases bien intentionnées sont prononcées à bien d’autres moments dans l’année. La différence en décembre est qu’en dix jours, vous allez toutes les entendre, surtout si vous avez plus de 30 / 35 ou 40 ans selon le degré de patience de votre entourage face à votre « situation de célibataire ». Petite revue donc, des phrases auxquelles il est difficile d’échapper :

Tu as quelqu’un en ce moment ?

Cette phrase est un piège pur et simple, qui vise soit à alimenter le carnet à potins de votre interlocuteur (le plus souvent une interlocutrice, il faut le dire), soit à ouvrir la voie à d’autres questions plus indiscrètes sur le quelqu’un en question, soit à ouvrir la voie à d’autres questions plus indiscrètes sur l’absence en question du quelqu’un. Bref, sauf à être face à une personne très bienveillante à la discrétion de laquelle vous pouvez entièrement vous fier, il ne faut pas répondre à cette interrogation. Le mieux est de trouver un échappatoire, en renvoyant une question à la personne sur son couple (parce que les personnes non en couple, ne voulant pas qu’on les questionne, resteront discrètes), soit en expliquant qu’en ce moment, notre vie se concentre sur un projet particulier. Ou tout autre échappatoire susceptible de fonctionner.

Qu’est devenu Cyprien / Gwendoline ?

Parce que oui, vous avez cru à votre histoire passée et présenté votre ex à vos proches. Qui à l’époque n’ont pas tellement caché leur désapprobation sur telle ou telle imperfection de votre ancien amour susmentionné. Naturellement, toute personne prononçant ces 4 mots se préoccupe en réalité tout autant de savoir si Cyprien et Gwendoline coulent des jours ensemble tous les deux aux Maldives après être sortis de votre vie que de de savoir si les Estoniens aussi se retrouvent avec des chaussettes manquantes à la fin de leurs lessives. Elle veut savoir quelle raison vous a fait rompre. En espérant plus ou moins consciemment que c’est de votre faute et qu’elle pourra vous donner des conseils pour ne plus commettre cette inqualifiable faute. Seule solution : rester vague et ne rien dire à charge contre l’autre. Vous vous êtes aperçu tous les deux que votre couple ne fonctionnait pas, point barre. Et si votre tantine / pote de réveillon insiste, c’est le moment de faire diversion en faisant référence à l’œillade lancée par sa tendre moitié à un autre des convives présents. Lire la suite

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Rencontre et calendrier

30 Oct

Il m’arrive de temps à autre de parler ici de l’amour et de ses déboires, et de constater que cela suscite en vous qui vous aventurez sur ces pages plus d’intérêt que le conflit actuel au Yémen ou la remilitarisation de la frontière orientale de la Pologne pour ne prendre que les nouvelles d’aujourd’hui. Oui, je reconnais que je viens de vous plomber un peu l’ambiance mais il m’arrive aussi de m’intéresser à des choses éminemment sérieuses et importantes entre un coup de gueule sur le métro parisien et un taillage de costard en bonne et due forme aux parasites en tous genres qui envahissent nos journées.

Après donc cette brève introduction géopolitique, j’en reviens sans transition bien pensée à ce qui fait sans conteste parler depuis des siècles et pour encore quelques millénaires sans doute (amis de l’environnement, on a dit que la parenthèse sérieuse était terminée, merci de vous abstenir de toute récrimination sur le réchauffement de la planète). Il est donc temps de parler de ce lien entre ces deux êtres si imparfaits et si affreux (ce n’est pas de moi, c’est de Musset, rien à voir avec Musso) et plus précisément du moment où ce lien se crée, à savoir la rencontre. Lire la suite

Quand les femmes s’imaginent le prince charmant

27 Mai

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Après avoir un peu écorné les messieurs récemment à l’occasion d’une petite diatribe sur ceux d’entre eux que l’on peut qualifier de nazebroques, je tenais à rééquilibrer un peu les choses. Parce que je ne peux pas décemment aspirer à l’équité de traitement dans la vie professionnelle et estimer dès que je suis sortie de l’espace ouvert, que nous, femmes avons, toutes les vertus, tandis que les hommes seraient d’odieux lobbyistes exigeant tout de nous sans être prêts à lâcher sur rien. Je ne me ferai pas la voix de ce féminisme de mauvais aloi qui n’envisage le progrès que dans la lutte. Parce que, dans cette série de batailles que nous menons pour tenter de conquérir le cœur d’un preux chevalier, nous aussi avons (bien que ce trait de caractère soit très léger) une microscopique tendance à vouloir le fondant au chocolat (celui qui ne fait pas grossir), le pâtissier, ses tablettes de chocolat, et le cerveau d’Einstein. Une petite infiltration au cœur de nos idéaux s’impose donc, pour mieux comprendre ce que peuvent être nos aspirations amoureuses.

Parmi les désirs communément exprimés, il y a celui du bad boy. On pourrait croire que, passés 25 ans, ce garçon devient aussi attirant que ne l’est Justin Bieber pour un mélomane, et pourtant, le fantasme demeure. Se promener au bras de cet homme mystérieux et imprévisible qui sent bon l’aventure et dont le côté macho donne le sentiment d’être protégée (ceci tant que sa bad boy attitude ne se traduit pas en violence envers sa copine). La joie de vivre au jour le jour, d’avoir un mec qui soit un peu rock’n’roll, avec lequel demain est toujours différent d’aujourd’hui. Son assurance attire, ses tatouages excitent, son côté spontané fait voyager. Mais avoir un vrai bad boy qui va se battre à la première occasion, passe sa vie en pantalon baggy et en marcel, et n’a aucun projet d’avenir, ça, non. Le bad boy charmant a un travail fixe et si possible correctement rémunéré, n’est impliqué dans aucun trafic d’aucune sorte, et a des accès de spontanéité qui nous mènent en we dans les pubs des Pays-Bas ou sur les plages du Touquet. Et veille bien à ne pas laisser apparaître certains de ses tatouages lors des présentations à ses beaux-parents. Lire la suite

Le concept du nazebroque

12 Mai

 nazebroque

Chères lectrices et (peut-être, ça dépend, c’est à voir) chers lecteurs,

Je me permettrai aujourd’hui une digression sans doute honteusement partiale, qui pourra à tort me faire passer pour une féministe, en vous parlant de cette espèce qui semble en voie d’expansion sans qu’aucun phénomène géologique ou climatique ne vienne l’expliquer : le nazebroque. Je parlais de féminisme parce qu’il est possible que la nazebroquine existe, mais que je ne tiens pas à m’attaquer à mes consœurs aujourd’hui, tenant soudainement la solidarité féminine pour une valeur phare de mon existence.

Ehontément détrôné par le « selfie » parmi les mots nouvellement rentrés ou re-rentrés dans le dictionnaire (alors qu’il existait déjà depuis longtemps un synonyme plus élégant répondant au doux nom d’autoportrait), le nazebroque est présent uniquement sur le wiktionnaire, sous la charmante définition de « naze, démodé, sans intérêt, minable ». Commencez donc à trembler si vous faites partie de ces vils pleutres, car ces quelques mots vont bel et bien planter le décor de ce billet.

La principale caractéristique du nazebroque est donc l’insignifiance qu’il finira inévitablement par revêtir (hormis bien sûr, la place qui lui est faite sur cette page). Parce que le nazebroque n’est ni un connard qui abusera de votre bonté, ni un vermisseau de l’amour, ni un homme qui vous fera passer un rendez-vous raté, non. Juste un mâle qui n’est visiblement pas volontaire pour être d’un quelconque usage. Mais qui va tout de même vous faire perdre votre temps, alors que vous auriez utilement pu l’utiliser à regarder la saison 3 de Scandal à lire ou relire tout Flaubert ou un quart de l’œuvre de Balzac (il est évident que nous, femmes, ne lisons que des classiques de la littérature française, consommez local, c’est le ministre qui le dit, et il est tout aussi évident que l’on respecte profondément les préconisations du ministre). Lire la suite

L’amour est un concerto à quatre mains

27 Fév

4 mains

 

Aujourd’hui est un jour symbolique, puisque c’est le 200ème billet que je poste sur le blog. J’aurais pu faire comme si de rien n’était, ou écrire un texte en deux cent mots, en 200 lignes, en 200 phrases. En fait, j’ai préféré mettre l’amour à l’honneur, la relation amoureuse plus précisément. Et de faire parler d’autres que moi sur le sujet. Il y a quelque temps déjà, j’avais demandé une libre participation de qui voulait sur ce à quoi chacun aspirait dans sa relation amoureuse, actuelle pour certains, à venir pour d’autres. Léopoldine, Grégoire, Working Girl et Daniel ont eu la gentillesse de me répondre. Des jolies choses.  Je les ai lues et relues. Et j’ai retenu ce qui m’a touché. J’espère avoir le plus possible respecté leur pensée. Je les remercie vraiment pour ce qu’ils ont livré avec naturel, poésie et simplicité.

Aspirer, c’est réaliser un mouvement vers un idéal. Un idéal qui est lui-même en mouvement. Un mouvement vers souvent plus d’exigence. En partant de cet infime qui fait tout, celui de deux regards qui se croisent. Les yeux se fixent, le cœur bat, un sourire s’esquisse, et l’on comprend que cette attraction est mutuelle. Et l’on se laisse embraser, consumer, tourbillonner dans des étourdissements enivrants.

Les yeux qui clignotent et les papillons dans le ventre, c’est souvent ce par quoi on se fait emporter, adolescent(e), lorsque les choses sont simples ou tout ou moins le paraissent. Plaire ou ne pas plaire, la question est souvent essentiellement celle-là. Prendre l’initiative pour certaines au charme remarqué, attendre comme une « wallflower » d’être remarqué lors du quart d’heure américain pour de jeunes garçons timides lors des premières boums et des soirées qui suivront. Ces premières amours qui se font et se défont plus vite que les mois passent.

Et puis on grandit un peu, on expérimente, on saisit chaque possibilité et l’on s’adapte ensuite. Souvent, ça ne marche guère longtemps. Jusqu’au jour de cette première grande passion qui deviendra plus tard un joli souvenir empreint de nostalgie. Cette relation où l’on s’est tapé dans l’œil, où l’on ne voit plus rien, où il est inutile de se raisonner. Vivre cette folie qui donne des ailes, passer le cap des 3 semaines, des 2 mois, des 6 mois, un peu plus parfois. Comme un tour du monde en Concorde avec atterrissage d’urgence en Argentine. Lire la suite

Une porte ouverte sur l’avenir

16 Fév

Ce texte était destiné à un concours littéraire dont j’avais mal lu la consigne. Afin qu’il vive malgré tout, je le livre à votre jugement.

Avant lui, je n’avais connu que des histoires que l’on pourrait qualifier d’ «expériences amoureuses ». Des hommes dont j’étais flattée qu’ils s’intéressent à moi. Qui pour la plupart cherchaient surtout à être vus avec quelqu’un. Ou alors désiraient une personne pour exaucer leurs caprices. Me donnant le choix entre aller au restaurant ou au cinéma mais ayant déjà réservé la séance de 20h de l’UGC de leur quartier, parce que se déplacer dans le mien, une fois le 3ème rendez-vous passé, ça faisait loin. L’expérience est une forme d’apprentissage. Au cours de ces semaines ou mois passés près de ces hommes, j’ai compris qu’ « être avec » Machin ne signifie pas toujours « vivre une relation avec » Machin. Et que la solitude se vit mieux en étant seule qu’avec un autre qui ne vous regarde pas réellement.

Aussi, quand il est arrivé, je ne l’ai pas remarqué. Ou plutôt si. Je le trouvais sympathique, à l’écoute, je l’ai considéré comme un ami. Nous pouvions parler des heures entières sans voir le temps passer. Il se confiait facilement, j’en faisais autant. Pendant un semestre, on se voyait tous les mois et on s’appelait entre deux. Je n’étais pas candide au point de ne me poser aucune question sur ce lien si facile, mais rien de sa part ne semblait montrer d’attirance autre qu’amicale. Et puis, un jour, je me suis tordu le poignet. Le gauche alors que je suis droitière heureusement. Mais malgré tout, un seul poignet valide, c’est handicapant à pas mal de titres. Dès qu’il l’a su, il a voulu m’aider, et j’ai laissé faire. C’est ainsi que tous les samedis, je l’ai vu débarquer chez moi à 11h pile, prêt à m’accompagner pour faire les courses, le déjeuner et pour m’aider pour le ménage. Il m’appelait aussi deux fois par semaine pour vérifier que tout allait bien. Nous continuions à nous livrer, avec encore plus de naturel qu’auparavant. C’est là que je compris que je tenais à lui plus qu’à un ami. Mais je voulais ne rien gâcher. Lire la suite

Les vermisseaux de l’amour

24 Déc
nazebroque 2
Chers lecteurs, vous le savez, j’aime bien parler d’amour. Et en cette période de Noël, où les guirlandes clignotent dans les foyers et où l’on fait fondre de la guimauve dans les cheminées, tout plein d’amour coule de partout et les familles se retrouvent, la dinde et le chapon étant l’occasion d’une agréable trêve à la fin d’une année plus ou moins réussie. Dégustons donc notre foie gras avec joie, oublions les soucis quelques jours, ressortons les gros pulls ridicules et mangeons des truffes au chocolat jusqu’à écœurement.

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