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Petit coup de gueule d’une salariée lambda (ou zêta ou omicron)

11 Juil
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Crédit : photo-libre.fr

Cher gouvernement (ou plutôt devrais-je dire chers gouvernements puisque les têtes ont changé même si la direction prise est la même),

Depuis quelques mois déjà (enfin en réalité depuis quelques années, mais j’ai inscrit « petit » coup de gueule dans le titre, donc je vais éviter de remonter trop loin dans le temps), j’observe avec plus ou moins d’attention selon les périodes (mais globalement plutôt plus que moins) ce que l’on appelle les « réformes du travail ». Et je dois dire que mes réactions oscillent souvent entre l’inquiétude et la colère. Avec le balancier plutôt du côté de la colère, avouons-le.

J’ai conscience de mon impuissance. Et même de mon insignifiance. Je suis juste une salariée lambda (ou zêta ou omicron, comme dit dans le titre). Comme la plupart des salariés lambda, j’ai une attitude à dominante individualiste. Ce qui ne signifie pas que je ne me soucie pas d’un point de vue humain de mes collègues et de mes managers et de mes subordonnés et même des cadres dirigeants de mon organisation. Simplement que je ne suis pas syndicaliste ni déléguée du personnel et que j’ai l’œil davantage rivé sur mon évolution de carrière et mon salaire que sur ceux de toutes les personnes susnommées (oui, j’avoue humblement n’être ni candide ni altruiste, même si la poursuite du bien commun est une idée que je trouve noble et que je suis prête à défendre, sous réserve que la défendre ne me nuise pas, tout ceci montrant à quel point je suis un cliché ambulant de la « lambdattitude »). Lire la suite

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Les réponses standardisées des recruteurs

19 Juil

 

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Crédits image : photo-libre.fr

Malgré la chance inouïe que constitue le fait d’avoir un emploi par ces temps troubles de hausse du chômage, poussée par une insatisfaction croissante à l’égard d’une activité dont le retour sur investissement individuel est à mon sens inférieur aux standards de rentabilité que se fixent les entreprises, j’ai envoyé un nombre très élevé de CVs assortis de lettre de motivation. En pure perte je vous rassure, nonobstant le fait que les réponses reçues m’ont donné l’idée de disserter sur leur absence totale à la fois de créativité et de chaleur humaine.

Évidemment, dans la majorité des cas, une candidature ne donne lieu à aucune réponse, quand bien même l’on a pris la peine, au prix de ruses dignes des animaux les plus astucieux de la jungle, d’adresser ladite candidature à un contact qualifié dont on s’est préalablement assuré par des moyens encore plus créatifs et détournés qu’il s’agit d’une vraie personne encore en poste dans la société. Dans bon nombre de cas également, l’on reçoit un accusé de réception automatisé nous invitant à aller nous faire cuire un œuf au pays de Platon à considérer que sans nouvelles dans un délai de 3 à 4 semaines, l’examen de notre profil n’aura pas été jugé en complète adéquation avec le poste à pourvoir (s’il y a réellement un poste à pourvoir). Néanmoins, le message signifie que notre CV ira pourrir dans le même tiroir que les dizaines de rapports préalables aux réformes commandés par les gouvernements successifs des trente dernières années nourrir la base de données de l’entreprise ou du cabinet de recrutement. Lire la suite

Amour de filiale ou amour filial ?

2 Mai

Amsterdam (239)

Plongée dans ses pensées, il cherchait un moyen d’expliquer sa décision depuis deux bonnes heures, tournant et retournant les mots, les phrases, les arguments dans son esprit. Rien ne venait pourtant. Sans doute parce que lui-même ne se l’expliquait pas totalement. Il avait agi de façon impulsive, et pourtant, il était profondément convaincue qu’elle n’aurait pas pu faire différemment. Ou pas sans vivre avec ce doute et ces regrets qui ne vous quittent pas pendant des années.

Seulement, maintenant, il allait falloir leur expliquer à eux pourquoi au dernier moment, il avait dit non à ce qu’ils pendaient tous être son rêve. Et qui de fait avait été son rêve pendant très longtemps. Mais plus maintenant. Et pas aux conditions que cela impliquait. C’était la découverte de ces conditions qui avait d’ailleurs déterminé son refus. Et qui l’avait incité à se demander ce qu’il voulait le plus. Seulement, comme souvent dans le milieu des affaires, il y a des choses qu’on ne peut pas réellement dire. Ou pas de but en blanc. A la fois par risque de litige pour un propos de trop proféré dans la « discussion » et pour préserver la cohésion dans les équipes. Ne pas trop en dire sur ce qui se passe dans les hautes sphères et qui tire quelles ficelles, même si elles le pressentent. Se dire qu’après tout, l’essentiel est que les affaires tournent le plus proprement possible. Lire la suite

Joies et tracas du quotidien au pays du cadre moyen

5 Déc

Écrire sur la vie du cadre moyen m’a longtemps titillée, démangée, tentée et plus si affinités. Dans mes précédentes diatribes sur l’entreprise, j’ai ainsi distillé ça et là sans grande subtilité quelques remarques, réflexions, questions qui se posent au quotidien dans cette vie qu’est la mienne et celle de beaucoup d’autres que moi. Je ne parlerai ici qu’en mon nom propre, même lorsque je n’emploierai pas le fameux « je », parce que chaque expérience est singulière et que la mienne n’est pas représentative. Je sais malgré tout en disant cela que certains de mes propos m’ont été inspirés par d’autres, proches ou moins proches. Et puis parce que ceux que l’on appelle les cadres moyens sont dans les faits totalement hétérogènes, ne serait-ce que par leur niveau dans l’échelle du moyen. On trouve ainsi :

  • le cadre moyen piou-piou (souvent nommé « junior »), en général un jeune diplômé frais émoulu de son université ou école, qui bénéficie de cette spécificité française faussement considérée comme un privilège d’avoir le « statut cadre », ce qui signifie qu’il a le bonheur de cotiser à l’AGIRC-ARRCO (organisme de retraite complémentaire dont les caisses ne remplissent même plus l’espace d’un casier de piscine tellement elles sont asséchées). Dans un nombre plus restreint de cas, le cadre moyen piou-piou peut être un employé dont la progression lui permet d’accéder à un poste plus haut placé dans la hiérarchie et normalement dans la grille de salaire par la même occasion.
  • le cadre moyen « confirmé » qui après quelques années à être encadré par un ou plusieurs autres cadres, moyens ou supérieurs (oui, le cadre est plus souvent encadré que garni d’une photo ou d’une peinture dans les entreprises, il est même parfois plus encadré que n’importe quel salarié n’ayant pas le statut cadre, et tout cela cadre parfaitement avec la vision bien cadrée de l’organisation), a suffisamment fait ses preuves pour qu’on le laisse travailler de façon quasi-autonome. En général, dès lors qu’on l’encadre moins, on lui laisse le soin d’encadrer lui-même des pious-pious ou des tout juste confirmés pour s’assurer d’une non diminution du niveau général d’encadrement.
  • le cadre moyen « sénior » (en général autour de la quarantaine, parce que oui, le niveau sur l’échelle du moyen dépend essentiellement de l’ancienneté et subséquemment de l’âge) en passe d’accession au rang de cadre supérieur. En général, ce cadre moyen a réellement une responsabilité managériale, souvent également une responsabilité de développement du business en monnaie sonnante et trébuchante, et avec tout cela un pouvoir dont il peut choisir selon les cas d’user avec mesure ou d’abuser avec démesure.

Dans la mesure où je parle en mon nom propre, je parlerai essentiellement du point de vue d’une personne confirmée, en grande empathie avec les piou-pious et ayant soif d’un jour atteindre le stade de la séniorité, non pas tant pour le pouvoir que pour les moyens. Car paradoxalement, le cadre moyen en est souvent dépourvu, de toutes ces choses pourtant souvent anecdotiques qui pourraient lui permettre d’exercer son activité comme il le souhaite. Lire la suite

Cher futur employeur

1 Nov

Madame, Monsieur,

Écrire cette lettre très académique ne m’amuse pas beaucoup, surtout sur mon temps de loisir déjà réduit, et la recevoir ne vous amuse sans doute pas plus.

Je vais vous dire que mon expérience fait de moi une personne merveilleuse et parfaitement adaptée à votre organisation. Je vous détaillerai ensuite mes compétences et faits d’armes pour tenter de vous convaincre que je suis bien cette personne dynamique, créative, surimpliquée et passionnée par votre métier que vous cherchez sans le savoir. Lire la suite

Candidature à pourvoir : Consultante manager en management du consulting

13 Oct

Il m’arrive régulièrement en tant que « jeune cadre active de la génération 3.0 » (ne me demandez pas ce que ces mots accolés veulent dire, séparément je sais que jeune veut normalement dire moins de 30 ans, qu’un cadre est un objet servant à exposer des images, qu’active est un adjectif désignant une personne qui fait autre chose que larver sur son canapé, qu’une génération est une notion approximative désignant selon le cas des gens nés dans un intervalle de 5 ans, de 10 ans ou de 25 ans et que 3.0 est approximativement égal à  Pi-0,14159265359), bon après cette parenthèse, vous avez sans doute oublié le début de cette phrase qui n’arrive pas à la cheville de celles de José Saramago, donc je reprends : il m’arrive, disais-je, en tant que « jeune cadre active de la génération 3.0 » de recevoir ou de consulter volontairement des offres d’emploi (oui, toutes ces digressions pour une chute aussi banale, je sais, c’est décevant, mais enfin que voulez-vous, c’est la crise sur ce blog aussi, et je crée du contenu avec les moyens du bord qui ne sont pas bien élevés en cette période post-rentrée avec des impôts à payer avant d’embrayer sur les cadeaux de Noël, bref, évitez de trop vous plaindre).

Après cette introduction dont on peut dire en étant gentil qu’elle frise l’imbitable lourdingue, je souhaiterais donc parler de ces annonces que je vois régulièrement passer, et qui ne me semblent guère plus légères que ma phrase précédente. Évidemment, l’objectivité me force à admettre que dans certains cas hélas trop rares, on comprend à peu près ce qui est attendu des futurs candidats et que ces attentes sont réalistes. Mais dans de nombreux autres cas, on se demande si l’on a ressuscité feu le célèbre pipotron tant les termes sont vagues et ressemblent au chapitre 1 du recrutement pour les nuls, ou s’il s’agit du rêve éveillé d’un plaisantin qui souhaiterait un mix entre James Bond, Einstein, Barack Obama et Chateaubriand réunis dans un corps éternellement jeune.

Ayant un certain goût pour l’absurde d’une part, et pour l’humour d’autre part, j’ai donc décidé de poster à mon tour une annonce sur le même modèle que celles que j’ai pu lire (tout forçage de trait éhonté est bien entendu purement volontaire).

Titre : consultante manager en management du conseil (j’ai en effet une affection particulière pour le titre de consultante que je n’ai hélas jamais réussi à obtenir durant ma carrière encore courte). Lire la suite

Entretiens d’embauche et autres demandes excessives

21 Mai

affiche-entretiens-d-embauches

Je suis toujours très intéressée lorsque le théâtre parle du monde de l’entreprise. C’est donc avec beaucoup de curiosité que je me suis rendue au Festival annuel Seules en scène du Théâtre de l’Ouest Parisien pour assister à ce spectacle sur la demande d’emploi. En fait de seule en scène, on sent la présence d’un vrai duo, composé d’Anne Bourgeois, bourreau de travail qui ne s’arrête jamais et qui a écrit et mise en scène cette pièce spécialement pour Laurence Fabre qui en est l’interprète.

L’on voit donc apparaître sur la scène cette femme s’approchant de ce que l’on comprend de la classification sénior telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui (parfois à partir de 45 ans, tout juste à mi-carrière, et dont on verra en plusieurs tableau le parcours de demandeuse d’emploi. L’on commence par la répétition de l’entretien, au cours de laquelle elle lit les conseils donnés sur le sourire, la poignée de main, la posture à adopter, l’intonation de la voix et autres détails qu’il est nécessaire d’avoir travaillé avec minutie pour paraître naturel. Avec beaucoup d’humour, Laurence Fabre mime chacune des situations décrites dans les livres sur le recrutement pour mieux les déconstruire. Lire la suite

amenaviguante

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