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Lettre à la télévision

28 Nov

Chère télévision,

D’aussi loin que je me souvienne, tu as toujours fait partie de ma vie. Je dis d’aussi loin que je me souvienne, car j’ai grandi à une époque où les recommandations sur l’exposition à toi n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui, mais aussi où tu étais le seul écran présent dans les foyers et où les membres desdits foyers te consacraient un temps plus limité qu’en ce 21ème siècle. Un temps aussi, où, sans émissions spéciales diffusées sur toi pour mettre en garde sur le temps à te consacrer, l’on savait d’instinct qu’il fallait que les enfants jouent et dessinent et inventent des histoires et, seulement ensuite, te regardent leur raconter des histoires ou les distraire avec des jeux télévisés.

J’ai donc grandi en te voyant plus souvent éteinte qu’allumée, mais en ayant, comme les enfants d’aujourd’hui, une attirance pour ces autres mondes que je découvrais lorsque tu t’animais. Tu m’as fait découvrir Tom & Jerry, Bug’s Bunny, Bip bip et le coyote, Woody Woodpecker, et puis plus tard Princesse Sarah qui reste mon coup de coeur de petite fille, le club Dorothée, Il était une fois la vie, Les mondes fantastiques auxquels je rêvais de participer comme nombre d’enfants, Hugo délire et certainement d’autres émissions que j’oublie et dont se souviennent encore les nostalgiques des années 1980 et 1990.

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Lettre à notre sauveuse

5 Sep

Chère sauveuse,

Nous te connaissons depuis longtemps, mais nos relations, jusqu’en 2020, étaient occasionnelles. Nous avions coutume de nous voir quelquefois l’hiver, et de nous réconforter mutuellement des rigueurs du climat, sans chercher spécialement à nous fréquenter plus régulièrement. Nous vivions de cette entente cordiale qui nous convenait parfaitement, aimant à évoquer des sujets légers et presque exclusivement girly, parlant couleurs d’habillage, parfums et cocooning.

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Mémoires d’un appartement

30 Juil

Il en avait vu passer des locataires, depuis 1974, date de son achèvement. Enfin de son achèvement, c’était beaucoup dire. Il n’avait plus grand-chose à voir avec ce qu’il était à l’origine, mis à part ses murs, et le vieux radiateur du salon. Enfin, maintenant on ne disait même plus salon mais pièce de vie. Il aimait pourtant bien ce terme tombé en désuétude pourtant, cela lui rappelait les salons littéraires des siècles passés, ceux dont il était question dans les romans qu’il avait abrités. Parce que certains des locataires adoraient lire, dans ce salon devenu pièce de vie, affalés pour les uns sur le canapé ou le sofa, là encore la désignation de ce meuble variait, pour les autres sur leur fauteuil club ou leur pouf géant à billes. Les troisièmes locataires, férus de meubles anciens, avaient un crapaud et une bergère dont il se souvenait avec émotion, ainsi qu’un lit à baldaquins trouvé aux Puces et qu’ils avaient remis à neuf. Ils avaient d’ailleurs fortement contribué à accroître sa culture de la littérature du XVIIIème et XIXème siècle. Il se souvenait avoir avidement dévoré leurs ouvrages, en lisant « par-dessus leur épaule » comme disait l’expression consacrée, maudissant toutefois régulièrement la lampe où le voilage du lit qui obstruait la vue qu’il avait depuis ses murs ou ses plafonds.

Enfin, désormais, après avoir succombé à la vogue des anglicismes, le salon devenu living-room s’était mué en « pièce de vie ». L’on avait pour réussir cette énième agencement abattu un mur qui n’était heureusement pas porteur pour créer une étrange colocation entre le salon et la vieille cuisine qui ressemblait désormais à l’une de ces vieilles femmes ayant passé trop de temps sur un transat sur les plages du sud pour tromper leur ennui et dont la peau, enfin ici la peinture et les placards – se trouve irrémédiablement fripée au nom du sacro-saint bronzage à exhiber devant les amies moins chanceuses restées dans leur Nord natal l’été. Toujours est-il que son propriétaire était décédé au début des années 2000 et que les enfants avaient décidé de le garder, lui, « l’investissement locatif » apparemment juteux, mais en le mettant au goût du jour et donc en créant cette pièce de vie. La cohabitation entre ces deux-là n’avait pas été évidente. Chacun tenait à son intimité et le salon se plaignait régulièrement des odeurs de brûlé et de poubelles, de l’eau et de la farine renversés sur le sol et du ronronnement du réfrigérateur tandis que la cuisine supportait mal le bruit de la télévision, la lumière souvent allumée jusque tard dans la nuit, et les copains et copines des locataires qui débarquaient en permanence et refaisaient le monde sans discontinuer. Sans compter le fait que l’un comme l’autre avait perdu l’intimité que leur procurait ce mur, ainsi que les meubles qui s’y adossaient. Mais après quelque temps, un bar avait été installé, rendant à chacun une délimitation et les aidant à mieux communiquer et à mieux se retrouver eux-mêmes.

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Un heureux pré-événement

27 Jan

Depuis qu’elle avait quitté son agence d’événementiel insupportablement misogyne pour devenir wedding planner deux ans auparavant, Fanny se sentait revivre. Elle avait en plus choisi, tout en restant en Ile-de-France, de quitter Paris intra-muros pour profiter d’un environnement plus verdoyant et d’un appartement plus spacieux en rez-de-jardin, reliant le centre de Paris en RER en moins de 30 minutes les jours où elle avait besoin de s’y rendre pour voir ses clients ou ses amis. Son rythme de travail était toujours intense, elle avait toujours des « clients » aux profils très éclectiques et rarement simples à gérer, entre ceux aux demandes loufoques ou exubérantes, les psychorigides, les totalement dépassés, les radins et à l’opposé les m’as-tu-vu qui voulaient à tout prix épater la galerie, ceux aux belles-familles envahissantes, ceux qui l’appelaient pour un oui ou pour un non et a contrario ceux qui ne répondaient jamais à ses sollicitations, les futurs mariés se suivaient et se ressemblaient rarement. Et c’était précisément ce qu’elle aimait, composer et inventer, souvent dans l’urgence, conseiller et rassurer, apaiser les tensions également. Le tout bien évidemment avec quelques difficultés, notamment pour assurer certaines fins de mois, mais débarrassée de la pression, des exigences et des égos démesurés de ses anciens directeurs.

Lorsqu’elle avait fait la connaissance de Céline et Ladislas, elle était très enthousiaste à l’idée d’organiser « le plus beau jour de leur vie ». Ces deux trentenaires « de bonne famille » étaient plein de dynamisme et semblaient avoir trouver une belle harmonie de couple. Ils s’étaient montrés très aimables, avec des demandes claires, un budget conséquent, un délai confortable de 13 mois, et, cerise sur le gâteau, de nombreux jeunes couples parmi leurs invités qui pourraient potentiellement faire appel à ses services si elle se montrait à la hauteur, et elle ne doutait pas d’en être capable. Car si elle aimait bricoler et jongler avec les contraintes, elle n’en appréciait pas moins les mariages dont l’organisation « roulait comme sur des rails », expression de feu son grand-père dont elle aimait bien user.

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Des ailes pour apprendre à s’envoler

26 Juin

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Elsa et Elvire étaient amies depuis le collège, ayant été rapprochées malgré elles par leurs prénoms qui leur avaient initialement valu de se faire surnommer « la paire d’ailes » / « elle vire ça » et autres « ailes du désir » par leurs camarades de classe, familiers comme beaucoup de collégiens des quolibets faciles. D’abord contrariées par ces moqueries manquant singulièrement de finesse, elles avaient fini par en prendre leur parti et en jouer ensemble, tissant au passage des liens qui allaient rester solides et pour longtemps.

Si elles s’entendaient à merveille, elles avaient des caractères bien différents : Elsa aimait butiner d’une activité ou d’une idée à l’autre, tel un tourbillon, là où Elvire aimait à explorer à fond ses passions, à commencer par le judo qu’elle avait découvert trop tardivement selon elle, à 14 ans, là où ses camarades du club pratiquaient pour la plupart depuis leur plus tendre enfance. Elle passait également nombre de ses heures perdues à dessiner, ayant toujours sur elles un ou deux carnets de croquis. Elles s’admiraient ainsi pour leurs qualités respectives, la créativité et le dynamisme pour Elsa, la constance et le sens de l’effort pour Elvire. Lire la suite

La vie est faite de dates qui comptent

24 Déc

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Carl ne savait pas trop comment il s’était retrouvé là, dans cet appartement des beaux quartiers parisiens, à aider ce vieil homme revêche à mettre de l’ordre dans ses souvenirs. Enfin, techniquement, il le savait. Il vivait dans une « chambre de bonne » trois rues plus loin et il cherchait des petits boulots ponctuels mais compatibles avec ses études pour pouvoir profiter un peu de tous les loisirs qu’offraient la capitale. Visiblement, le vieil homme avait confié au libraire son souhait de trouver une personne sérieuse pour l’assister et ce dernier avait pensé à lui.

Il n’était pas certain d’être la personne idoine, néanmoins la mission requérait sa présence 3h à 4h par semaine seulement, à un taux horaire plus attractif que celui de la restauration rapide ou de la distribution de tracts, aussi avait-il répondu présent « pour un essai ». Il avait été un peu refroidi en découvrant le personnage. Cela étant, il avait dans sa famille 2 ou 3 aïeuls de l’âge de son nouvel « employeur » ne manquant pas de caractère, aussi ne se sentait-il pas totalement déboussolé par le caractère revêche et un brin (enfin plutôt un baobab) rigide de l’homme. Lire la suite

Lettre à mes messageries électroniques

2 Nov

Email

 

 

Chères messageries électroniques,

Oui, parce que vous êtes plusieurs, vous ne l’avez jamais ignoré, je prends ici la plume mon clavier pour vous adresser à toutes une missive afin de faire un point qui me semble utile avec vous. En toute transparence puisque je ne mets aucune de vous en copie cachée (ce qui ne constitue pas une incitation, si vous souhaitez réagir, à opter pour le « répondre à toutes » qui pourrait gêner vos consœurs). Car pour autant que je vous apprécie, il me semble nécessaire de nous entendre sur un mode de fonctionnement plus harmonieux. Lire la suite

amenaviguante

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Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

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