Archive | Mini-nouvelles et jeux littéraires RSS feed for this section

Pile ou face

5 Août

pile ou face

 

Depuis toujours, Cassandra était joueuse. Pas à la façon des accros du casino ou du Rapido, mais elle aimait à ne pas prendre la vie trop au sérieux et à tenter des expériences nouvelles sans vraiment se soucier des risques, et cela dans tous les domaines de sa vie. Cette capacité à saisir les opportunités, bonnes ou mauvaises, l’avait conduite à savoir créer des relations dans tous les milieux, des plus populaires aux plus huppés, et des plus douteux aux plus honnêtes, l’expérience lui ayant montré que l’un n’avait que peu à voir avec l’autre.

Son côté tête brûlée lui avait bien sûr fait vivre quelques situations délicates, des paris qu’elle relevait jeune pour faucher dans les magasins aux « astuces comptables » qu’elle avait accepté de couvrir à ses débuts professionnels moyennant rétro-commission de son patron, en passant par de mauvaises rencontres sentimentales et quelques bagarres. Ces déboires n’avaient pas entamé son goût pour l’aventure, mais elle en avait néanmoins retenu quelques enseignements précieux et aiguisé son sens du discernement. Elle avait en plus de cela le don presque inné de savoir parfaitement cloisonner ses multiples vies, et tous la savaient très active mais ni sa famille et amis d’enfance ni ses relations du moment ne se doutaient véritablement de toutes ses prouesses. Lire la suite

Publicités

Retrouvailles

19 Avr

 OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

 

Pour Sandra, la vie d’avant était la vie d’avant et cela faisait longtemps qu’elle avait tourné la page sur une époque dont elle se remémorait l’existence et des impressions générales, mais qui, avec le recul, lui paraissait avoir toujours été vouée à n’être qu’éphémère. Elle était jeune et avait plus que ce qu’elle pouvait désirer, vivant dans le confort ouaté sa vie d’étudiante en tourisme à Montpellier, intégrant suffisamment facilement ses cours pour pouvoir sortir et faire la fête avec des amis qui étaient nombreux à solliciter sa compagnie.

La fin de cette phase d’insouciance avait été rapide. Une banale histoire de jalousie qui avait mal tourné. Chloé, une de ses amies d’enfance, était tombée amoureuse de David, un de ses amis de promotion et lui avait demandé de jouer les entremetteuses. Sandra avait alors découvert que David s’intéressait à elle et pas du tout à Chloé, et, par loyauté, avait pris ses distances. Le jeune homme avait d’abord respecté ce sens de l’amitié, mais l’année suivante, se retrouvant en cours l’essentiel du temps avec Sandra, ses sentiments s’étaient confirmés et sa sincérité finit par toucher cette dernière. Chloé se persuada qu’elle avait été poignardée dans le dos dès le départ et conçut une vengeance particulièrement terrible, en persuadant son cousin Ludovic de piéger son amie lors d’un week-end au cours duquel elle l’avait invitée pour faire croire, photos compromettantes à l’appui prises alors qu’elle dormait, shootée à son insu aux somnifères, qu’elle avait été infidèle.  Lire la suite

Un réveillon inattendu

1 Jan

 

 

Le soir du 31 décembre, Thibault avait décidé de rester seul chez lui. Habituellement, il aimait sortir, surtout en cette date symbolique, lancer des cotillons en embrassant ses amis après le décompte des 10 secondes avant minuit, faire la fête une ultime fois pour l’année qui s’achevait. Il appréciait ces moments, et il aurait pu répondre positivement aux deux invitations qui lui avaient été faites, mais il fallait plus de deux heures de route ou de train pour se rendre sur place, et il avait poliment décliné, l’année ayant déjà été intense et les déplacements pour Noël ayant achevé de le fatiguer. A cinquante-six ans, il se sentait autorisé à « jouer les vieux » de temps à autre, quand bien même cela lui valait quelques moqueries.

Il avait tout préparé pour passer une soirée calme et agréable, était passé chez le traiteur pour ne pas avoir à cuisiner et avait sorti 2 DVD de la pile de films encore sous blister qui grossissait depuis plusieurs années, au gré des cadeaux et des passages par une célèbre enseigne lorsqu’il allait acheter des romans et se laissait tenter au passage. Il s’était même octroyé une petite sieste pour veiller tard, et, à défaut d’être aux côtés de ses amis, répondre à leurs messages de vœux d’après les embrassades et les dernières bouteilles de champagne. Lire la suite

Pour quelques euros de plus

14 Août

euros

 

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Hervé s’était toujours considéré comme un homme banal. Et se voyant ainsi, il en avait adopté le comportement. A l’école, il n’avait pas fait parler de lui, ni en bien ni en mal, n’avait pas brillé par ses résultats ni par un caractère de boute-en-train, tout en obtenant des notes honorables et en s’intégrant de façon satisfaisante à ses camarades. Plus tard, il avait suivi et obtenu honorablement mais toujours sans distinction un BTS qui lui avait permis d’obtenir un poste d’assistant de gestion dans une PME, où son travail ne suscitait toujours aucun commentaire particulier.

Sa vie amicale et sentimentale était elle aussi agréable et sans relief particulier : il avait quelques proches amis, quelques connaissances également et vivait un amour tranquille depuis cinq ans avec Pauline, l’une de ses anciennes collègues avec laquelle il s’était installé dans un confortable 4 pièces avec grand balcon d’une ville de taille moyenne. Bref, Hervé était l’archétype parfait de l’idée que le quidam se fait de la normalité si tant est que quiconque puisse l’incarner. Il appréciait son sort et sa vie en ayant pleinement conscience que celle-ci ferait certainement un mauvais sujet de roman ou même d’entrefilet dans le journal local. Parfois, comme beaucoup, il se prenait à rêver de grands changements, avant de revenir assez rapidement au constat que sa situation avait cet atout irremplaçable, à défaut d’être faite de grands frissons, de ne lui créer aucune grande difficulté ou catastrophe.      Lire la suite

Lettre à une femme cruelle

19 Juin

cruelle

 

Chère Madame,

Je m’autorise à vous adresser cette missive suite à des agissements graves de votre part ayant profondément nui à mon intégrité et à ma sérénité. Compte tenu de notre passif, je préfère employer le vouvoiement qui convient mieux à la distance qui s’est établie entre nous au cours des dernières semaines. Lorsque je vous ai connue, j’étais jeune et fringant, plein d’enthousiasme et de potentialités. J’avoue avoir été en premier lieu flatté que vous vous intéressiez à moi. Vous sembliez souriante et sympathique, et la lueur d’enthousiasme que je voyais dans vos yeux m’a semblé prometteuse. Aussi me suis-je laissé entraîner par votre enthousiasme communicatif et ai-je fait en sorte de me montrer sous mon meilleur jour pour que cet attrait que je semblais exercer sur vous se concrétise et que vous me choisissiez. Lire la suite

A la recherche de la petite lueur en plus

22 Mar

bougielueur

 

Depuis quelque temps déjà, Martial trouvait sa vie fade. Il se sentait pourtant totalement illégitime à faire part de son insatisfaction, puisque, aux yeux du monde extérieur, il avait tout ce qu’un humain peut désirer et même davantage. Sans doute aussi la facilité avec laquelle il avait « réussi » contribuait-elle à l’ennui qu’il ressentait. Quelque part, il enviait ces personnes que l’on voyait de temps à autre dans les médias, qui avaient accompli les mêmes choses que lui en partant de rien et/ou en se battant pendant des mois ou des années. Tout en sachant bien qu’il aurait été ingrat de blâmer toutes celles et tous ceux qui lui avaient ouvert toutes les portes auxquelles il avait frappé sans aucune difficulté.

Il faut dire aussi que Martial avait le double avantage d’être né « au bon endroit au bon moment » et d’être naturellement charmeur. Son père dirigeait une société de production florissante, sa mère poursuivait une brillante carrière d’éditrice, aussi avait-il très tôt fréquenté des personnalités en vogue et su saisir les codes pour briller en société. Lire la suite

Le poids du mensonge

29 Mai

Capture

Quinze ans qu’ils formaient une bande d’amis inséparables, depuis leurs premiers pas à l’université. Valérie, Adrien, Patrick et Stella. La bande des VAPS comme ils se surnommaient eux-mêmes. Ensemble, ils avaient franchi beaucoup d’étapes de leur vie. Ils avaient découvert les soirées estudiantines, les déconvenues des partiels ratés pour cause de découverte trop intensive des dites soirées, la satisfaction de décrocher quand même leur première année après un rééquilibrage entre temps festifs et temps passés à la bibliothèque, les choix de filières après la licence, l’éloignement consécutif à ces mêmes choix de filières, les galères des stages et des premiers boulots avec là encore quelques déménagements. Et puis à côté les amours plus ou moins fixes des uns et des autres, le canapé toujours ouvert de l’un des amis après une mauvaise rupture. L’émerveillement lorsque Patrick avait ouvert le bal de la parentalité, bientôt suivi par Valérie. Ils avaient recréé une authentique deuxième famille, qui avait su d’ailleurs s’intégrer à leurs familles respectives, les uns étant régulièrement invités chez les parents, frères et sœurs des autres.

En somme, si, comme dans tout groupe, il y avait eu quelques coups de gueule mémorables et une tentative de rapprochement assez rapidement avortée entre Valérie et Adrien, ces quatre-là étaient aussi complémentaires que les quatre éléments, et aucune grosse ombre ne planait au tableau de leurs quinze ans d’amitié. Lire la suite

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Étale Ta Culture !

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots