Tag Archives: compagnie interface

Teruel

2 Déc

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Après l’exceptionnel Shabbath et le très esthétique Oubli des anges, la compagnie Interface revient à Paris présenter l’un de ses tous premiers spectacles, Teruel, premier volet de sa quadrilogie du « Mythe de l’Homme » (Shabbat était le troisième). Cette fois, la danse puisse son inspiration dans la corrida (mais que les anti-corridas se rassurent, aucun animal ne meurt pendant le spectacle). Avec ce qui semble constituer les fondamentaux de la compagnie : une musique puissante, des chorégraphies sensuelles et exigeantes et des textes qui n’ont pas de sens pour eux-mêmes mais pour la tonalité des mots.

Aller voir cette compagnie exige ainsi d’être prêt au lâcher prise. Si l’on est en quête d’un sens limpide, on sera sans doute admiratif du talent des deux danseuses, mais il est plus difficile d’apprécier l’intégralité de l’œuvre. Si l’on accepte de rentrer dans un univers, alors l’expérience n’est plus seulement esthétique mais aussi émotionnelle. Lire la suite

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L’Oubli des Anges

18 Déc

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Pour une fois, je ne vous parlerai pas de théâtre mais de danse, avec la Compagnie Interface, dont j’avais eu le bonheur de voir le spectacle Shabbath l’an dernier. Elle qui nous revient cet automne au Théâtre Laboratoire Elizabeth Czerczuck, salle inaugurée pour l’occasion qui jouxte le Théâtre musical Marsoulan, avec « L’Oubli des Anges », qui se définit comme un opéra-danse.

Lorsque l’on entre et que l’on s’installe sur les gradins, on ne peut manquer le cercle de sable qui figure d’ailleurs sur l’affiche, centre de tout ce qui se passera durant ce moment un peu hors du temps passé devant ce spectacle. Sur la scène, 7 personnes, avec une danseuse exceptionnelle, Géraldine Lonfat, également chorégraphe, qui tiendra le public en émoi pendant tout le temps de la représentation, et un chanteur soliste, Nicolas Gravier, ayant composé la musique envoûtante qui s’offre à nos oreilles avec André Pignat, homme dont le génie m’avait déjà bouleversé il y a un  an. Lire la suite

Shabbath

16 Nov

Dans mon panorama des pièces à voir, je passe ce soir à la danse contemporaine pour vous présenter l’un des spectacles que j’ai trouvés les plus marquants de cet automne théâtral. Il s’agit du spectacle Shabbath par la compagnie Interface, en ce moment à l’affiche les dimanche soir (un bon moyen pour échapper à l’effet grisaille de la fin de week-end) ainsi que les lundi soir (parfait pour commencer sa semaine intensément) au Théâtre des Mathurins. Autant le dire tout de suite, si vous voulez de la légèreté, passez votre chemin.

Si par contre vous aimez le spectacle vivant qui prend aux tripes, qui vous touche, qui vous secoue un peu, qui vous fait réfléchir, si vous aimez l’esthétique de la danse et êtes sensibles à la force des notes et à la présence d’un timbre de voix qui vit au même rythme que les mouvements chorégraphiques, cette création est faite pour vous. Il est une réflexion sur le passé, sur les dictatures, les autoritarismes, sur ce qui enferme et ce qui libère. Il est aussi un hymne au refus d’accepter, à la poursuite de ses convictions, contre ce qui les freine. Si vous en lisez la présentation, beaucoup plus complète, il n’est sans doute pas décrit exactement comme tel, je me permets de le présenter de la manière dont je l’ai compris, vécu dans mon fauteuil, surplombant la scène depuis le balcon. Il y a sans doute autant de façons de l’appréhender, de le saisir, de se l’approprier (ou de le rejeter), d’y donner du sens qu’il y a de personnes dans la salle, je ne prétends donc pas loin de là, à l’universalité dans mon propos.

Ce que je trouve remarquable, c’est d’abord la forme audacieuse que prend cette belle séquence scénique. D’abord une musique intense, créée spécialement pour l’occasion, et qui alterne les styles, passant du plus classique à des rythmes proches du rap en passant par des airs chantés qui évoquent les polyphonies corses, avec cette alternance entre la bande son et la voix au timbre magnifique du chanteur comédien. Ensuite, ce parti pris original d’y superposer des phrases, qui tantôt s’imposent par leur force, tantôt se font happer par la musique, à d’autres moments encore ne prennent de sens que par l’intonation qui leur est donnée, sans que les mots qui soient prononcés n’apparaisse comme un tout construit et cohérent. Et enfin, la présence des trois artistes sur scène, les deux danseuses et le comédien déjà cité, qui font apparaître que les mouvements du corps, les interactions, les gestes d’accueil et de mise à distance sont à eux seuls un langage, parfois plus vivant que celui qui est purement verbal.

Une fois le rideau levé, Shabbath emporte, transporte, émeut, et fait passer des messages parfois durs, mais en ayant réussi le tour de force de toujours préserver assez de légèreté pour ne pas mettre mal à l’aise, ne sombrant jamais ni dans la violence, ni dans la vulgarité, misant plutôt sur la beauté pour toucher l’âme sans la fragiliser. Ce spectacle est un tableau vivant, que l’on contemple avec ravissement, en attendant l’œuvre suivante qui devrait, pour le plus grand bonheur de ceux qui sont déjà conquis, nous arriver très prochainement.

Liens (site de la compagnie et vidéo) :

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