Tag Archives: écoute

Espoir du soir

15 Déc

Londres Août 2013 (1043)

A certaines périodes, hélas bien malgré soi,

On se sent moins en forme, on erre un peu, l’air las,

On peine à ressentir de délicieux émois,

Le diapason refuse de nous donner le la.

Pour contrer l’amertume de cette humeur sournoise,

On cherche à regoûter aux douceurs de la vie,

Le chocolat fondu sur la tarte vergeoise,

Et autres menus plaisirs qui comblent nos envies. Lire la suite

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Le méchant et le bienveillant

3 Sep

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Lecteur, lectrice, au cours de mon été, un phénomène que je connaissais déjà m’est apparu de façon plus flagrante encore qu’à l’accoutumée. Celui du méchant et du bienveillant. Le méchant étant en général celui qui s’intéresse à autrui pour mieux lui casser de l’aspartame sur la colonne vertébrale, et le bienveillant celui qui s’intéresse au même autrui juste parce qu’il juge cela normal. Cela ne veut pas dire que le second est un candide et qu’il aime tout le monde. Juste qu’il cherche à comprendre les autres et qu’il n’éprouve pas de plaisir à les écraser. Alors que le méchant, pour d’obscures raisons que toute ma bienveillante empathie n’a pas réussi à identifier, se sent grandi lorsqu’il parvient à rapetisser l’autre.


Mais quittons cette introduction théorico-philo-psychanalysante pour entrer dans l’observation empirico-technico-pratique réalisée in situ (oui, la rentrée professionnelle m’incite à me remettre au jargon, si vous n’avez rien compris, c’est normal, c’est le but de tout bon jargon). En résumé, observons ce qui se passe dans la réalité :


Gérer un simplet 
: je vous vois déjà objecter que le terme de simplet n’est pas d’une extrême bienveillance envers l’individu qui n’a guère de chance d’inventer un jour le robot à thé ou café qui viendra nous déposer directement le délicat breuvage issu de sa machinerie interne au lit. Mais il faut savoir aussi appeler les défauts par leurs noms, et il est hélas des gens pour qui ce qualificatif semble avoir été inventé.
Le bienveillant, donc, face au simplet, comprenant rapidement qu’il n’y a pas grand-chose à apprendre de cette personne, adoptera une attitude discrète, l’écoutant avec patience sans pour autant l’encourager à étaler ses opinions. Il prendra acte poliment et restera courtois le temps de la rencontre.

Le méchant, lui, voit dans le simplet une parfaite victime. Il fera donc en sorte que celui-ci  en raconte le plus possible à son auditoire, le plaçant en quelque sorte dans le rôle du con au dîner du même nom. Et dès que celui-ci ne pourra plus entendre, il rebondira sur chaque maladresse avec une délectation qui lui fera briller les yeux.

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Nan mais tu comprends (pas)

13 Mar

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Amis lecteurs, vous êtes tous potentiellement des coupables en série, parce que, lorsque vous parlez, vous voulez que l’on vous comprenne. Et lorsque ce n’est pas le cas, vous n’arrivez généralement pas à réprimer un geste d’agacement (au mieux) ou de franche irritation (vous devenez tout rouge, vous vous agitez dans tous les sens, de la fumée vous sort des narines et vous sautez rageusement comme Joe Dalton à ses bonnes heures). Et puis, parfois, vous êtes celui qui n’a pas compris l’autre, et vous le regardez vociférer comme un fou furieux ou s’enfermer dans un mutisme dont il est plus difficile de le faire évader que d’Alcatraz. Le plus souvent, cette réaction vive et qui vous paraît (très légèrement) surdimensionnée arrive en plus de nulle part, alors que vous devisiez en toute tranquillité sans signe avant-coureur de la tension qui sévit tout d’un coup. Désireux de ne pas contrarier votre interlocuteur, vous lui demandez ce qui se passe, et c’est là, que, sur un ton méprisant, dépressif ou colérique, vous vous entendez dire ce fameux « nan, mais tu comprends pas ». Dans le cas de l’incompris notoire comme dans celui de l’agressé ignare, il est ainsi quelques principes simples qui méritent d’être posés, pour le bien de tous.

Il existe ainsi plusieurs situations où l’incompréhension a de fortes, voire d’immenses probabilités d’émerger :

  • Si l’explication n’est pas claire : cela paraît évident de prime abord, mais la réalité ne l’est pas autant. Imaginons ainsi qu’un passionné de finances discute avec une personne normale (il est communément admis en effet que la passion pour la finance est un signe avant-coureur de désordre mental). Sachant qu’il a à côté de lui un ignare qui le prend pour un doux-dingue (parce que malgré ce désordre mental latent, notre passionné a des éclairs de lucidité), il va tenter de lui expliquer une notion aussi ridiculement simple que celle du délit d’initié. De façon assez pédagogique pour que la personne croit revivre un remake de n’importe quel film américain des années 80 se déroulant dans le milieu de la finance. Seulement, à part se dire que tel acteur canonissime serait au top avec un costume cravate dans Wall Street 3, le concept devient vite trop embrouillé avec cette histoire de miser sur un effondrement des actions et les conséquences ravageuses que cela finit par avoir sur le PEA (un quoi ? un péheuha ? tu mâchonnes du chewing gum ou quoi ?) qui contient toutes les économies du père Michel (oui, il y a aussi un père Michel et des enfants Michel, ras-le-bol de ne parler que de la madone). Moralité : il y a trop de détails dans tout ça, vous vous y perdez, et le financier est très contrarié de ne pas avoir réussi à susciter l’intérêt, malgré tous les efforts faits pour rendre l’histoire ludique. C’est tout de même qu’a priori, ce qui est dit ne coule pas de source. Devant votre air dubitatif, ou si vous-mêmes êtes ce fameux financier, il est donc nécessaire de revenir à du basique. En gros, on te donne une info illégale qui rapporte plein d’argent (comme si on te révélait les 6 chiffres du loto du lendemain), tu t’en sers (en gros tu valides une grille avec ces 6 numéros + 15 autres pour que ça n’ait pas l’air trop suspect) et tu gagnes plein de de pognon. Bon, potentiellement, tu peux aussi te retrouver en prison. Au moins, dit comme ça, c’est limpide (plus que le PEA du père Michel). Lire la suite

L’amour est un concerto à quatre mains

27 Fév

4 mains

 

Aujourd’hui est un jour symbolique, puisque c’est le 200ème billet que je poste sur le blog. J’aurais pu faire comme si de rien n’était, ou écrire un texte en deux cent mots, en 200 lignes, en 200 phrases. En fait, j’ai préféré mettre l’amour à l’honneur, la relation amoureuse plus précisément. Et de faire parler d’autres que moi sur le sujet. Il y a quelque temps déjà, j’avais demandé une libre participation de qui voulait sur ce à quoi chacun aspirait dans sa relation amoureuse, actuelle pour certains, à venir pour d’autres. Léopoldine, Grégoire, Working Girl et Daniel ont eu la gentillesse de me répondre. Des jolies choses.  Je les ai lues et relues. Et j’ai retenu ce qui m’a touché. J’espère avoir le plus possible respecté leur pensée. Je les remercie vraiment pour ce qu’ils ont livré avec naturel, poésie et simplicité.

Aspirer, c’est réaliser un mouvement vers un idéal. Un idéal qui est lui-même en mouvement. Un mouvement vers souvent plus d’exigence. En partant de cet infime qui fait tout, celui de deux regards qui se croisent. Les yeux se fixent, le cœur bat, un sourire s’esquisse, et l’on comprend que cette attraction est mutuelle. Et l’on se laisse embraser, consumer, tourbillonner dans des étourdissements enivrants.

Les yeux qui clignotent et les papillons dans le ventre, c’est souvent ce par quoi on se fait emporter, adolescent(e), lorsque les choses sont simples ou tout ou moins le paraissent. Plaire ou ne pas plaire, la question est souvent essentiellement celle-là. Prendre l’initiative pour certaines au charme remarqué, attendre comme une « wallflower » d’être remarqué lors du quart d’heure américain pour de jeunes garçons timides lors des premières boums et des soirées qui suivront. Ces premières amours qui se font et se défont plus vite que les mois passent.

Et puis on grandit un peu, on expérimente, on saisit chaque possibilité et l’on s’adapte ensuite. Souvent, ça ne marche guère longtemps. Jusqu’au jour de cette première grande passion qui deviendra plus tard un joli souvenir empreint de nostalgie. Cette relation où l’on s’est tapé dans l’œil, où l’on ne voit plus rien, où il est inutile de se raisonner. Vivre cette folie qui donne des ailes, passer le cap des 3 semaines, des 2 mois, des 6 mois, un peu plus parfois. Comme un tour du monde en Concorde avec atterrissage d’urgence en Argentine. Lire la suite

2ème Flemmardise interrogative : de Noël et autres sujets de prime importance

29 Déc

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Chers lecteurs, ne déduisez pas au titre de cet article que je suis soudainement devenue d’une prétention telle que je me comparerais à Edgar Allan Poe et à ses Nouvelles Histoires Extraordinaires. Il se trouve que je réfléchis sur plein de sujets, vous apportant ainsi des réponses toutes faites, qui peut être, ne vous conviennent pas. Alors, comme je l’avais fait il y a un peu plus d’un an, j’ai eu envie de réitérer l’existence et de vous confronter à des questions que vous ne vous posez pas, mais cette fois, sans chercher à influer d’une quelconque manière sur votre raisonnement :

  • Pourquoi le père Noël ne troque-t-il pas ses rennes contre une distribution par hyperloop ?
  • En quoi une baguette bio issue de la même farine qu’une baguette pas bio est-elle plus bio ?
  • Pourquoi suspecte-t-on les célibataires de plus de 35-40 ans d’avoir un truc qui cloche et ne se demande-t-on pas si ceux en couple ne sont pas dans une relation dysfonctionnelle ?
  • Pourquoi certaines marques colorent-elles le dentifrice à la menthe en bleu ou en rose ?
  • Pourquoi parle-t-on du Père Noël et jamais de ses enfants ? Lire la suite

Le silence est tout juste en plaqué or

21 Sep

plaqué or

Depuis des années, vous entendez sans doute, peut-être même la prononcez-vous vous-même, cette célèbre phrase qui dit que « la parole est d’argent, le silence est d’or ». Personnellement, je n’aime pas du tout, mais alors vraiment pas cette phrase. Et pour commencer, je commence par m’insurger contre cette odieuse discrimination dont l’argent souffre depuis des décennies, voire depuis des siècles, en raison de cette fameuse expression, qui le rabaisse à un rang inférieur. Or, qu’on le veuille ou non, il faut quand même reconnaître que l’argent dirige quand même un petit peu, voire même beaucoup le monde d’aujourd’hui. Et que tous ceux qui le considèrent avec mépris lorsqu’ils prononcent cette phrase seraient emmerdés et faits comme des rats légèrement ennuyés si à la fin du mois, ils ne recevaient pas l’argent qui leur est dû en contrepartie de leur travail. Et que l’on retire à ces dames et demoiselles tous leurs bijoux en argent pour les remplacer par de l’inox et du plastique argenté et elles risquent de devenir hystériques et de vous envoyer un bloc d’inox à la figure de se montrer un tant soit peu contrariées.

Si maintenant, on analyse vraiment cette phrase, ça dit en substance que la valeur du silence est de loin supérieure à celle de la parole. A l’heure où je vous écris, le gramme d’argent est en effet évalué à 0,52€ par gramme et celui de l’or à 31,51€ pour la même quantité, ce qui nous fait approximativement un rapport de 1 à 60. Si vous réfléchissez bien, vous ne pouvez quand même pas sérieusement estimer que le vide sonore vaut 60 fois plus que les mots prononcés. Imaginez un peu votre prochaine conversation téléphonique : vous composez le numéro, tout content d’appeler un  ami / votre amoureux(se) / votre cousine ou toute autre personne que vous pouvez être heureux d’appeler, ça décroche, et rien. Pas un mot. Pas de « allo ». Pas de « je suis ravi de t’entendre », ni de « et toi, tu vas bien ? » (vous aviez pourtant une super nouvelle à annoncer). Vous attendez, vous rappelez, toujours rien. Vous envoyez frénétiquement un texto pour dire « je ne sais pas ce qui se passe, je ne t’entends pas », et là, pour ne pas vous laisser dans le doute indéfiniment, votre interlocuteur vous répond lui aussi par texto « aucun souci technique, c’est juste que je ne dis rien parce que le silence est d’or ». Franchement, vous le prendriez bien, vous ? Vous ne vous sentiriez pas coupé dans votre élan et victime d’une mauvaise farce ? Et si le matin, plus personne ne vous disait bonjour parce que tout de même, c’est 60 fois plus rentable de ne pas le faire ? Sans compter la catastrophe intergalactique qui se produira inévitablement si plus aucune parole n’est dite ou écrite ne serait-ce que pendant une demi-journée. Moralité : cette expression ne vaut rien, elle est à jeter à la poubelle.

Et cette nécessité de s’en débarrasser n’est pas liée qu’à la question de la valeur de l’argent. Elle tient aussi à la nature du silence. Si l’on se montre un peu moins joueur et que l’on resitue un peu les choses dans leur contexte, l’idée sous-jacente est que, dans certains cas, il vaut mieux se taire plutôt que de risquer une parole que l’on pourrait regretter. Ce qui n’apparaît pas ici, c’est que se taire peut être dangereux. Lire la suite

Dire ou ne pas dire, telle est la question

19 Août

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Tous autant que nous sommes, il nous arrive régulièrement d’avoir envie d’exprimer certaines idées, d’asséner une vérité à l’un ou à l’autre, ou simplement de remarquer que l’un de nos amis a les boutons de son pull accrochés en décalage. Certains se taisent et le regrettent, d’autres, plus extravertis, vont systématiquement laisser les mots sortir et parfois s’en mordre les doigts encore plus que les timides silencieux.

L’équilibre entre trop et pas assez de parole est un art difficile et qui s’apprend avec le temps avec tout de même quelques principes à bien avoir en tête :

  • Eviter autant que possible de trop en dire dans un moment d’emportement (hystérie joviale ou colère excessive).
  • Formuler ses remarques en face à face ou en comité restreint et éviter absolument les audiences élargies.
  • Avant de parler, bien évaluer quelle est sa motivation profonde.
  • Se demander si son ou ses interlocuteur(s) est(sont) en mesure d’entendre, de comprendre et d’intégrer le propos.

Ces bases posées, il est évident que l’opportunité de parler est très fortement liée à la fois à ce que vous avez à dire et à la personne à qui vous vous adressez (j’ai conscience de l’inutilité de cette phrase, j’espère rendre les suivantes plus constructives). Lire la suite

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