Tag Archives: plume

Du plaisir de prendre la plume

15 Nov

plume 4

Il y a quelques jours sur une impulsion, j’ai décidé de créer un blog. Une décision spontanée, subite, mise à exécution sans préavis, sans peser le pour et le contre. Une envie imprévue, à laquelle j’ai donné corps en moins de temps qu’il n’en faut pour déguster un carré de chocolat. Un petit coup de folie au milieu d’une vie minutée, planifiée, précisément organisée. Mais un choix qui ne doit rien réellement au hasard. Car écrire est pour moi un peu comme respirer, un besoin vital. Alors quand il s’est agi de trouver un nom pour ce blog, le mot plume s’est très vite imposé.

La plume est le symbole de légèreté, tout comme l’écriture est un moyen de mettre de la légèreté dans sa vie. Non pas que les mots couchés sur le papier soit futiles, loin de là.  Les lettres que l’on lie l’une à l’autre, les expressions que l’on assemble, les phrases que l’on construit prennent sens parce qu’ils reflètent la profondeur d’esprit de leur auteur, parfois et même souvent celle de leur âme également.

L’écriture est légèreté en premier lieu parce qu’elle libère celui ou celle qui la pratique des idées, des concepts, des messages ou des histoires qui étaient enfouis en attente d’être dévoilés. Elle met à part soi les préoccupations que l’on peut avoir, permettant une mise à distance, un autre regard, allégeant donc littéralement le cerveau de pensées pouvant être pesantes. Mais son rôle ne saurait se résumer à cela. Elle est aussi légèreté parce qu’elle permet de dire des choses simples, qu’elles soient comiques ou ludiques, tendres ou poétiques, elle est un moyen d’intégrer un peu de rêve et de magie dans un monde dont il est parfois mal vu de vouloir s’évader. Ecrire, c’est voguer sur un nuage, s’enfoncer dans sa bulle, se prélasser dans un doux cocon faits de mots à attraper, à mélanger et à rattacher les uns aux autres en un tout qui soit pour nous cohérents.

L’écriture est légèreté également en ce qu’elle est un jeu : dans le style, dans les tournures de phrases, dans les doubles sens volontairement introduits, la personne qui écrit divertit son esprit tout autant qu’elle s’amuser à balader son lecteur potentiel, à brouiller les pistes, à le faire lanterner pour mieux le surprendre. Elle est aussi un jeu sur les émotions, et ce n’est sans doute pas un hasard si justement on trouve ces trois lettres « m-o-t » dans émotions, parce que ces dernières sont le lieu où les mots se bousculent, se confondent en un tout désordonné mais riche de tout ce vocable qui les construit et permet de les nommer…

L’écriture est aussi comparable à une plume en ce qu’elle ne suit jamais un itinéraire linéaire, voguant au gré du vent, tantôt s’élevant, tantôt retombant , traçant son sillon, empruntant parfois des chemins de traverse pour finalement venir doucement et délicatement se poser sur le papier ou le support (vingt-et-unième siècle oblige) auquel elle est destinée. Le texte qui au final est donné à lire (ou conservé précieusement par celui qui en est à l’origine) est le reflet de cette lente descente de la plume, des éléments qu’elle y croise – soleil ou intempéries, arbres ou rochers, faune ou flore – et des interactions qui vont se créer à leur contact. Car l’écriture se nourrit tout autant de ce qui est inscrit dans les tripes et dans le cœur d’un auteur que de son environnement extérieur. L’écriture est la concrétisation de cette rencontre entre une idée, un sentiment, une pensée et un élément déclencheur qui va soudainement conduire une personne à se saisir d’un stylo (ou de son clavier) pour formaliser la réflexion ou l’histoire dont il lui est devenu impératif de la sortir d’elle-même pour pouvoir la regarder ou la faire lire. L’écriture, c’est ce cadeau-là, que l’on se fait à soi ou que l’on offre parfois avec sérénité, parfois avec anxiété, que ce soit par nécessité ou par générosité, au regard d’un ou plusieurs autres humains.

Le symbole de la plume m’est cher enfin parce que la plume est un objet qui sert à l’écriture. Elle a ce charme suranné des manuscrits anciens, cette force particulière de véhiculer tout un imaginaire lié à des siècles depuis longtemps écoulés. On lui associe aussi ce vieux papier rugueux, fait d’aspérités mais en même temps si agréable à toucher, ces feuilles que l’on ose à peine caresser, ces pages que l’on n’ose tourner qu’en prenant mille précautions pour ne pas les abîmer, qui n’ont pas flétri malgré les années. La plume évoque aussi une odeur, celle de ce même papier jauni, et aussi celle de l’encré séché, qui contraste avec la fraîcheur des idées. L’écriture est un univers, elle est atemporelle autant que démodée, elle fait rire aux éclats tout autant que pleurer, elle mène à réfléchir ou bien à s’évader vers de lointaines contrées. Elle est l’une des plus belles façons de glorifier les plus beaux mots. Les auteurs sont mortels, mais elle est éternelle, et je la remercie d’être entrée dans ma vie, puisse ma main manier la plume longtemps, souvent, et toujours avec contentement !

Publicités
amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

#EtaleTaCulture – La Culture Générale pour briller en société

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots