Tag Archives: rivalité

Discrète

2 Sep

Berlin Août 2016 (131) 

Discrète. C’était sans doute le mot que la plus grande partie de son entourage aurait employé si on leur avait demandé un seul mot pour la décrire. Elle-même aurait sans doute employé le même terme, bien que l’idée de réduire une personne à un seul mot, à commencer par elle-même, soit en totale contradiction avec son regard sur les gens, là aussi en commençant par elle-même. Elle était de ces personnes que l’on ne remarque jamais ou rarement, dès lors qu’elle n’était pas seule face à face avec son interlocuteur. Elle en était consciente et regrettait parfois ce sentiment de transparence mais la plupart du temps, elle ne s’en formalisait pas. Elle appréciait même le confort que lui procurait son caractère effacé, lui permettant d’écouter les conversations sans se sentir obligée d’y intervenir, et lui évitant du même coup les inimitiés que peuvent faire naître les positions très tranchées ou polémiques des personnes plus exubérantes.

Sa discrétion n’était pas pour autant synonyme d’une quelconque mièvrerie, d’une timidité maladive ou d’une absence d’opinion sur la politique, la météo, la protection des animaux et autres sujets qu’abordent traditionnellement les groupes de connaissance ou d’amis. Elle n’avait en effet aucune difficulté à s’exprimer lorsque, à de rares occasions, quelqu’un se tournait vers elle pour lui demander « et toi, t’en penses quoi ? ». Elle savait alors fournir une réponse concise sur un ton très calme, qui contentait l’assistance et lui permettait de retourner à l’indifférence relative dans laquelle le groupe la tenait jusqu’alors. Elle se plaisait alors à assimiler les propos des uns et des autres, à les malaxer intérieurement comme un gros bloc de pâte à modeler et à s’envoler dans ses pensées, imaginant ce qu’allait répondre untel ou unautretel présent ce jour-là ou une autre personne de sa connaissance, tout en continuant à suivre les conversations d’au moins une oreille, ne serait-ce que pour le cas où on lui demanderait effectivement son avis sur ce qui venait de se dire. Lire la suite

Autour de l’innocence

14 Avr
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Peinture : Rafal Olbinski

Alors que nous, Parisiens frigorifiés, voyons enfin revenir le soleil, espoir d’un printemps qui dure, « let the sunshine » en top de la playlist de notre lecteur mp3, les tensions continuent de s’accumuler dans les lieux de pouvoir. Et cette semaine, entre plagiat rabbinique, batailles à coups de patrimoines autour de l’affaire Cahuzac (et pour une fois, les hommes politiques cherchent à montrer qu’ils ont tous la plus petite… fortune), durcissement de certaines manifestations, bataille Bové-Mélenchon, et j’en passe certainement, la grêle des giboulées d’avril ne s’est pas abattue qu’au sens propre sur notre patrie.

Dans ce contexte pour le moins peu enthousiasmant, l’idée m’est venue de faire l’apologie d’une valeur devenue désuète, décriée presque parfois pour être assimilée à  de la naïveté aigüe, celle de l’innocence. D’abord, pour les sujets que j’ai mentionnés il y a quelques phrases, j’aimerais rappeler que l’on trouve, parmi les définitions associées à cette notion, l’«état de quelqu’un qui n’est pas coupable d’une faute déterminée ». Or, on le voit bien en ce moment, les soupçons de culpabilité qui pèsent sur nos dirigeants à tous niveaux (tant dans la sphère politique qu’économique), l’impression qu’il se trame des magouilles dans beaucoup d’entreprises, les révélations de culpabilité avérée créent un climat de méfiance, voire de défiance, qui n’incite pas à avancer ensemble vers un chemin nous ramenant à la croissance, du PIB comme de la place de l’humain.

Mais plus que la non-transgression volontaire des règles, l’innocence est l’«état de quelqu’un qui est incapable de faire le mal ». Je reconnais bien volontiers que, passés 4 ou 5 mois d’existence (allons même jusqu’à 9-10 mois si vous voulez), il serait utopique de croire qu’une innocence totale, répondant à cette définition, est possible. Mais n’est-ce pas un caractère que nous admirons, en particulier chez les enfants, cette fraîcheur, cette ignorance presque exhaustive de ce qui ne va pas dans le sens du bien et du progrès, qui malheureusement diminue progressivement au fur et à mesure que chaque être vieillit ? Lire la suite

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