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Les coups de cœur au musée

18 Nov

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Il est un loisir auquel j’aime à m’adonner lorsque je ne cède pas à ce vice très parisien de sur-remplir mon emploi du temps du week-end, mais surtout, plus sûrement, lorsque je pars à la découverte des autres villes, françaises ou étrangères : celui de visiter des musées. Un musée, quel que soit le type des œuvres qui y sont présentées ou l’époque à laquelle elles ont été réalisées, c’est d’abord et toujours un lieu où le temps semble arrêté. Comme figé dans une espace spatio-temporel qui est celui des artistes exposés. C’est aussi souvent, en dehors des plus connus d’entre eux, un endroit où le calme règne, où l’on a de l’espace pour se déplacer, admirer, se rapprocher, reculer, contempler chaque objet, meuble, sculpture ou peinture. Pour moi, un musée est comme une promesse : promesse d’évasion, de beauté, de calme, et pourquoi pas de volupté ? Promesse qui sera tenue ou non, mais que je souhaite éprouver. Un musée est aussi comme une attente : sans avoir nécessairement d’idée précise, on souhaite être surpris, ému, dérouté, instruit sur un domaine que l’on ne connaît pas… à chacun sa demande.

C’est ainsi que j’aime à aller flâner dans ces bâtiments où la culture est reine et d’où l’on ressort toujours moins ignorant que l’on y est entré. S’il me tient à cœur de voir les plus célèbres d’entre eux, disposant des plus riches collections, je dois aussi reconnaître que j’aime à les visiter dans de bonnes conditions, sans que l’affluence soit trop forte pour pouvoir profiter à loisir de la beauté du travail exécuté par les maîtres des générations précédentes ou par les talents émergents. J’aime également de ce fait m’égarer dans des musées improbables, peu connus, où l’on peut trouver des petits joyaux artistiques, avec la satisfaction supplémentaire de faire partie du cercle des rares initiés à avoir pu les observer.

Lorsque j’entre dans un musée, je suis donc dans cet état d’esprit, de jeune femme poussée par la curiosité, espérant être happée ou émerveillée par des tableaux pendus au mur, des visages taillés dans la pierre, des photographies témoignant d’instants de vie légers ou poignants, des meubles exceptionnels ou que sais-je encore. En veillant à me documenter le moins possible au préalable pour que mon regard ne soit pas influencée par ce que j’aurais pu lire, pour ne pas me diriger droit sur l’œuvre phare mise en avant parfois aussi vulgairement qu’un paquet de jambon sur une tête de gondole. Je cherche d’abord à m’imprégner de l’ambiance qui se dégage de l’intérieur de l’enceinte, le vieux parquet d’époque qui grince encore, un carrelage de charme ou un linoléum moderne et sans charme, le revêtement des murs, la hauteur sous plafond, le nombre de modèles au mètre carré, la façon dont ils sont organisés, tous ces éléments qui influent de façon si déterminante sur la visite.

Puis petit à petit, une fois habituée aux lieux, je me mets en quête des objets qui sauront me parler, attirer mon œil, qui me feront me rappeler un épisode du passé, qui me surprendront par leur forme ou leur couleur, ces œuvres que j’appelle les coups de cœur artistiques, certains musées en contenant presque trop (et je ne suis pourtant pas cœur d’artichaut), tandis que d’autres n’en renfermeront qu’un ou deux, voire pas du tout. A chaque fois que j’entre, je me demande donc combien d’occasions me seront données de m’émerveiller, réellement, authentiquement. Car lorsque l’on croise un coup de cœur artistique, plus rien n’existe d’autre l’espace d’une seconde, d’un instant ou de longues minutes. Comme une évidence. Un face à face inéluctable, où l’on ne peut se déscotcher du modèle que l’on a en face de soi, où l’on a besoin de le contempler depuis plusieurs positions pour évaluer l’effet – tout particulièrement s’il s’agit d’une peinture – d’une plus ou moins grande luminosité ou de l’angle sous lequel on le voit sur notre ressenti. Avoir le sourire aux lèvres ou une larme au coin de l’œil. Etre comme happé par ce que l’on a face à soi. Vouloir capturer cet instant hors du temps où rien d’autre n’existait plus que nous et l’œuvre. Comme un coup de foudre, le coup de cœur artistique est souvent intense mais fugace, prêt à survenir de nouveau dès que l’on a repris ses esprits, parfois déjà dans la seconde qui suit le précédent. Il est une émotion dégagée de toute réflexion, un penchant parfois inexplicable, une source d’admiration sans faille pour les personnes qui, du fond de leur atelier, ont su mettre dans leur création une partie de leur âme et de leur personnalité, et qui a su si bien leur perdurer. La magie de l’art, comme le dit l’expression…

Alors vous aussi, lors de votre prochaine visite au musée, je vous encourage à oublier les itinéraires bien fléchés et à vous égarer sans peur, vous trouverez sans nul doute votre coup de cœur !

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