Tag Archives: théâtre

Quelques réflexions sur le statut de blogueuse invitée

17 Oct

invitée

En rédigeant ma dernière chronique théâtrale, j’ai commencé à aborder la question à la fois riche et épineuse du rapport que les blogueurs tels que moi peuvent avoir face aux invitations. J’ai eu envie d’approfondir ce sujet, parce qu’il a pour moi son importance. J’ai en effet la chance que ce blog ait acquis auprès d’un certain nombre de professionnels du théâtre une certaine reconnaissance. Et qu’avec cette reconnaissance viennent des invitations, le plus souvent de la part des attachés de presse, mais aussi parfois de la part des troupes ou de l’auteur ou du metteur en scène, ou de l’un des comédiens. Je suis toujours honorée de cette distinction, parce que c’en est une. Et j’espère ne jamais être blasée ou prendre qui que ce soit de haut, ou que si cela m’arrive, les gens qui me connaissent bien me feront redescendre sur terre. Je dis cela en préambule pour bien insister sur le fait que même si je peux parfois être gênée ou agacée, je suis flattée que l’on pense à moi. J’ai toujours mis du cœur dans mon blog, depuis sa création, et le fait que cela soit ressenti et plaise, et me permette également de nombreuses découvertes que je n’aurais sans doute pas faites sans ces invitations est une récompense très appréciable. D’autant plus que j’ignorais tout de ce type d’avantages lorsque j’ai eu l’inconscience de créer le blog, et qu’il s’est d’ailleurs écoulé beaucoup de temps avant que cette micro-renommée ne me donne l’accès à ces conditions VIP lors de certaines de mes sorties théâtrales.

Passé ce préambule, il me faut cependant émettre des réserves sur mon rapport au système des invitations. Rapport qui m’est personnel, chaque blogueur ou blogueuse ayant le sien. D’abord, bien évidemment, et tout ceci est bien naturel, ces invitations ne sont pas de simples invitations, mais une forme « d’échange-marchandise » pour parler en des termes affreux de business. Il est logique que des professionnels ne distribuent pas des sésames à l’aveugle, mais espèrent que cela leur permettra de bénéficier d’une publicité, si possible positive. Lorsque j’accepte une proposition, je suis pleinement consciente de cette dimension gagnant-gagnant et j’en accepte le principe. Mais cela ne va pas sans poser quelques questions à gérer : Lire la suite

Publicités

Mon année de spectatrice

1 Jan

Nous voilà rendus au terme de 2013, qui fut une année record en ce qui concerne la découverte de spectacles vivants, puisque ma consommation est passée à une dose tous les 3,9 jours en moyenne. Et je dois avouer que ce fût également un bon cru, ma notation personnelle, sur une échelle de 0 à 20, donnant les résultats suivants sur les 94 candidats ayant passé la sélection :

  • 6 seulement ont une note inférieure à 10/20 (6%)
  • 29 ont obtenu entre 10/20 et 13/20 (31%)
  • 44 ont obtenu entre 14 et 17/20 (47%)
  • 15 passent la barre des 18/20 (16%)

Il y a donc tout lieu de se satisfaire du dynamisme et de la créativité de la scène française, nous avons des atouts à valoriser et des troupes qui méritent pleinement d’être découvertes.

Cette année, cela a aussi été celle de la découverte de trois salles mythiques : la Comédie-Française, place Colette, avec sa salle Richelieu tout juste rénovée, brillant de mille feux grâce à son fabuleux lustre, avec son très beau foyer auquel succède la galerie des bustes des plus illustres auteurs classiques ; le théâtre du Châtelet, impressionnant vu du haut du 6ème étage où j’ai pu assister avec ravissement à la reprise de My Fair Lady, entourée des angelots dorés qui ornent les balcons ; et enfin le Théâtre de l’Odéon, aux fauteuils spacieux et confortables, surplombé de la magnifique fresque du plafond peinte par André Masson. J’aime cette impression d’entrer dans un magnifique écrin, de perturber en quelque sorte ces lieux qui ne s’animent que 3 à 4 heures par jour pour retourner ensuite à leur paisible silence.

L’important restant tout de même ces quelques dizaines de minutes qui me transportent ailleurs. Et ayant vu tant de merveilles, je ne pourrais me contenter de vous en sélectionner 3 ou 4 sans avoir l’impression de ne pas rendre hommage à d’autres qui m’ont émue, fait rire, surprise, envoûtée, que sais-je encore… D’où l’idée, plutôt que de n’en nommer que 5 à 10, de parler de toutes celles que, pour une raison ou une autre, j’ai trouvées réellement marquantes.

Je me dois toutefois de dévoiler celles qui pour moi méritaient les meilleures notes de l’année, sur des critères purement subjectifs définis uniquement par mon ressenti et non validés par un panel de critiques et de béotiens. Quelques-unes figurent dans plusieurs catégories. Lire la suite

Comment épouser un milliardaire

28 Juil

milliardaire

C’est l’été, je ne vous la refais pas, et comme tout le monde, j’ai envie de rigoler. Aussi, lorsque  Déborah, prolifique blogueuse théâtre, me propose d’aller voir Audrey Vernon, je décide de tenter l’expérience. Je parle d’expérience, parce que, j’ignore si je vous en ai déjà parlé ou pas, mais je suis assez réticente dès lors qu’il s’agit de one-man-show ou de one-woman-show. Il fût un temps où le genre me plaisait, mais à force d’en voir, j’ai fini par leur trouver à presque tous des airs de ressemblance qui n’étaient a priori pas entièrement fortuits.

Mais là, cela faisait donc longtemps que je n’avais pas vu un comique se produire seul sur scène. Donc l’heure était parfaitement choisie pour me confronter à mes préjugés. Nous voici donc devant la Nouvelle Seine, un « bateau-théâtre » donc, arrimé sur le quai de Montebello, qui vient tout juste de rouvrir après travaux. Et quelle surprise en découvrant la salle au sous-sol que de voir le nombre de places (130 environ), et les amusantes peintures d’étoiles et de signes astrologiques.

Audrey Vernon est déjà en place, la tête cachée derrière son supplément économique, sans doute pour pouvoir nous observer à la dérobée. Et puis une fois tout le monde bien installé et ayant loué la présence de la climatisation, voilà notre jeune demoiselle partie pour son show. Donc le principe est simple, si l’on a, dixit la comédienne elle-même, une chance sur trois d’épouser une personnes victime de malnutrition et une chance sur quatre d’en trouver un qui vit avec moins de deux dollars par jour, ce n’est pas une raison pour ne pas viser plus haut. Pas vers les célébrités, non, vers les artistes n’ayant pas percé encore moins, mais vers les milliardaires. L’occasion d’une remise à niveau du public sur le classement de Forbes et de quelques anecdotes sur les firmes dirigées par ceux qui y figurent. Lire la suite

Quand la Chine téléphonera

28 Juil

quand-la-chine-telephonera

N’ayant pas la chance (ni en fait surtout planifié mes vacances 6 mois à l’avance) d’être actuellement à Avignon, je me trouve confrontée en cette fin de mois de juillet à un problème que rencontrent tous les théâtrophiles parisiens en cette période : une réduction drastique de l’offre de spectacles disponibles. Je reconnais que malgré cela, le choix est toujours plus important qu’à Bayonne ou à Clermont-Ferrand en plein mois d’avril. Mais je ne vis pas à Paris complètement par hasard…

Donc en ces semaines de vaches maigres, lorsque je me vois proposer une invitation pour « Quand la Chine téléphonera » à la Comédie Caumartin, je dis bingo. Après avoir fait preuve d’un sens de l’orientation qui ferait se suicider une boussole, me voici donc enfin, vendredi soir, bien assise dans cette salle de la Comédie Caumartin que je ne connaissais pas mais qui est très agréable, située dans une petite courette, toute en longueur et avec une belle scène spacieuse que l’on voir de partout grâce à l’intelligence du concepteur qui a disposé les sièges en pente. Lire la suite

Operetta

26 Juin

operetta_affiche

Lorsque j’ai appris qu’il y avait à l’affiche un spectacle mêlant humour et opéra, j’étais très enthousiaste d’assister à cela. Le dernier que j’avais vu une création dans ce genre, c’était l’Opéra dans tous ses états, à l’automne 2012 (pas de critique en ligne, c’était avant la création de ce blog), et j’en étais ressortie pleine de gaieté, après avoir ri à gorge déployée de ce spectacle à la fois réellement comique et réellement lyrique où le chanteur, la chanteuse et le pianiste étaient tous trois excellents. Donc là, avec « 25 chanteurs catalans passionnés d’opéra » (comme décrits dans la présentation), j’attendais 8,33 fois mieux.

Mais comme souvent, lorsque l’on attend beaucoup, on n’obtient pas ce que l’on désire. Et là, je peux dire que mon coup de cœur de l’an dernier n’a pas été détrôné. Ce spectacle, il faut le dire, est d’une qualité honnête et je ne regrette pas d’y être allée. La sélection des airs d’opéra est bien faite, permettant à tous publics d’apprécier les airs chantés. Le pari de les chanter a capella est dans l’ensemble plutôt bien relevé. Les placements sont bien gérés, il y a un vrai travail de mise en scène. Et aussi, il faut le dire, quelques trouvailles du côté humour. Lire la suite

Cinq de Cœur – Métronome

26 Juin

Image

Cela faisait déjà quelque temps que j’avais repéré les Cinq de Cœur. Seulement, le manque de temps, d’autres spectacles à voir, des horaires peu pratiques, je n’avais jamais eu l’occasion d’aller les voir. Et pourtant cela m’intriguait. En allant sur leur site, je viens d’ailleurs de m’apercevoir qu’ils donnent de la voix depuis maintenant dix ans. Alors que l’humour musical est peu à peu devenu à la mode, on peut dire qu’ils figurent parmi les précurseurs de ce nouveau type de shows, plus moderne que les comédies musicales pures, avec également un vrai travail sur le jeu d’acteurs.

Donc, nous avons comme ingrédients cinq chanteurs a capella, ayant fait leurs classes au sein d’Accentus, désirant mettre de la bonne humeur en faisant des gammes. Plutôt un bon départ. Et on les voit là, plantés sur le quai du métro en pleine nuit, leur moyen de transport étant – ô surprise – en panne / défaillant / inexistant, on ne saura jamais le fin mot de l’histoire, mais de fait, les issues étant fermées, ils vont passer beaucoup de temps sur le quai et dans les couloirs, à tenter de trouver une échappatoire. Et cette déambulation va être l’occasion pour ces cinq personnages de s’exprimer façon lyrique ou variété, dans un répertoire allant des airs pour la douche à l’opéra. Nous avons donc : un intermittent du spectacle se rêvant en star et touchant à peine ses cachets, une workaholic en mal de mec, un brave type (en mal de femme), une fliquette, et une dépressive venue se jeter sous le métro (qui n’en est pourtant pas à sa première défaillance, ndlr).

Et ils se croisent, se confrontent, se perdent gaiement, réinterprétant certains tubes avec des paroles adaptées à l’occasion. Tout en légèreté, c’est gai et frais, comme le printemps que nous n’avons pas eu, avec deux jolies séquences nostalgie dédiées à Pacman et au Muppet Show. Lire la suite

Le bal des crapules

21 Juin

L’été approchant m’est venue soudain une idée de légèreté. Et comme ce n’est pas le ciel et ses orages à répétition qui vont nous l’apporter, j’ai décidé de passer outre ma frilosité sur le vaudeville contemporain pour aller assister au bal des crapules. En minimisant les risques tout de même, puisque jusque-là, ce que j’ai vu au Mélo d’Amélie, petit théâtre du quartier Montorgueil, m’avait toujours plu (si vous y allez, prévoyez quelques minutes pour parcourir le passage couvert du Grand Cerf qui se trouve juste à côté).

Me voilà donc mardi soir, seul vrai jour de grande chaleur, dans ce théâtre de poche comme je les aime, craignant de friser la déshydratation, ayant souvenir d’y avoir déjà eu très chaud, mais au final supportant mieux l’atmosphère que dehors où le climat se fait lourd pour mieux préparer le fabuleux orage que nous réserve le lendemain (mais à ce stade, je l’ignore encore).

Et le spectacle commence, tout de suite dans un rythme effréné, avec des acteurs qui courent, sautent et se poursuivent en se disputant. Esprit de Feydeau, je t’ai reconnu. Puis stop et retour en arrière pour comprendre comment on en est arrivé là. Et au départ, les ingrédients sont bien là : un couple mal assorti, lui riche et impuissant, elle fort caractère et cupide, a invité le voisin du dessous et la voisine du dessus pour les faire tomber amoureux, dans l’espoir qu’ils déménagent et revendent leurs appartements, afin de disposer du triplex dont rêve Madame, monnaie d’échange pour le bébé que veut Monsieur.

Mais naturellement, rien ne va se passer comme prévu. Et ça bondit, puis ça rebondit à chaque fin de phrase, laissant à peine au spectateur le temps d’admirer ce décor original, très travaillé et très amusant sur le thème des tomates (je ne vous en dis pas plus) relevé de sièges en revêtement peau de zèbre. Lire la suite

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

#EtaleTaCulture – La Culture Générale pour briller en société

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots