Dans les yeux du ciel

18 Déc

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On oublie souvent que le théâtre est, ou en tout cas qu’il peut être politique. Et heureusement, le théâtre vient nous le rappeler, qu’il peut l’être et qu’il ne compte pas s’en priver. Et qu’en plus il peut l’être avec beaucoup de finesse. C’est le pari réussi de Rachid Benzine, à la fois auteur et islamologue, avec son merveilleux texte « dans les yeux du ciel ».

L’histoire prend place pendant le printemps arabe, sans se situer dans un pays particulier, dans le cadre très atypique du domicile d’une prostituée. Un choix audacieux mais qui permet d’aborder plein de sujets profonds sous un angle atypique.

En premier celui des aspirations d’une femme ayant un métier prêtant peu aux aspirations, de son combat pour épargner à sa fille d’être la troisième génération de femmes n’ayant pas pu terminer ses études et échapper au destin de la prostitution. Celui aussi d’être une femme soumise aux caprices des hommes qui la paient, mais qui n’hésite pas non plus à s’affirmer vis-à-vis de certains d’entre eux. Celui aussi d’être à un poste d’observation privilégié, où elle reçoit autant les hommes « communs » que les touristes étrangers ou les puissants de son pays. Qui la traitent diversement bien mais ne peuvent pour aucun se passer d’elle. Et puis surtout, à travers le processus ingénieux des nouvelles lui parvenant par la radio, celui du décryptage de cette fameuse révolution arabe, porteuse d’espoirs gigantesques et qui a souvent amené des conservatismes plus strics encore qu’auparavant.

Afida Tahri sublime ce personnage tout en nuances et en intelligence. Elle sait amener le public à réfléchir, s’émouvoir, se laisser toucher et entrer pleinement dans son histoire et celle de tous ses personnages qui entrent et sortent de sa vie… jusqu’à un final d’une rare intensité. Un spectacle à la fois grave et teinté d’un humour salutaire qui fait du bien, dans une mise en scène de Papy qui sublime tant les mots que leur interprète. Un spectacle absolument nécessaire dans une période où les discours sur tous ces sujets sont trop souvent caricaturaux et manquent d’analyse.

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