Archive | octobre, 2013

Quand le papillon refuse de faire son nid

30 Oct

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Ce soir, je vous parlerai de ce phénomène datant de déjà quelques années, mais qui semble parti pour se pérenniser, celui de la prolifération des papillons, spécialement en zone urbaine. Je sens déjà certains d’entre vous s’étonner, et chercher la dernière fois où il leur est arrivé de croiser ce charmant animal aux ailes chatoyantes sur la Grand-Place du centre-ville. Je me dois donc de préciser que je ne compte pas vous parler d’entomologie, mais de cette tendance de beaucoup, si ce n’est la majorité des jeunes (ce qui inclut de manière très large les vrais jeunes, les encore jeunes, et les moins jeunes qui refusent de vieillir) de butiner de relation amoureuse éphémère en relation éphémère sans amour, sans aucune intention de transformer l’éphémère en engagement sérieux et sur la durée. Tout au plus apprécient-ils le confort de l’ « éphémère durable », qui consiste à laisser l’habitude d’être avec leur partenaire s’installer sans pour autant envisager à un quelconque moment que ledit partenaire fasse partie de leur existence ad vitam aeternam. Un peu à l’image des abonnements mensuels reconduits par renouvellement tacite mais que l’on est libre d’interrompre à tout moment. Lire la suite

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La fille qui voulait être poète

25 Oct

Après l’exercice de la semaine dernière sur l’impatience, les blogueurs joueurs reprennent du service, cette fois sur une idée de Rien à redire : inventer chacun une histoire en moins de 500 mots à partir d’une photo envoyée par l’un des autres. Pour moi, ce fût celle-ci, fournie par l’inventeuse du jeu. Vous trouverez les autres histoires sur les blogs de Frayer et Gregatort et Venise.

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Photo de Nan Goldin

Elle rêvait de devenir poète. Elle aimait la poésie plus que tout. Elle l’avait découverte durant ces trop rares soirées au village où les vieux récitaient ces vers venus de leurs ancêtres au son de la mandoline. Ces magnifiques vers qui vous remplissaient l’âme, s’installaient dans votre tête, faisaient vibrer notre chair. Elle voulait que dans trois générations, les ancêtres déclament ses vers à elle.

Elle aussi, elle voulait faire vivre les champs de céréale en été, les torrents, les fleurs et les rivières, l’odeur des arbres après la pluie, le son des enfants qui s’ébrouent dans l’eau, le silence de l’animal qui se terre en entendant le chasseur arriver, les jacasseries des femmes au lavoir…

Mais pour cela, il fallait connaître les mots, savoir les écrire aussi pour qu’ils puissent eux aussi figurer dans ce grand livre. Lire la suite

Ring

23 Oct

Ring

L’affiche théâtrale de cet automne étant particulièrement fournie, la tête me tourne et je vogue de spectacle en spectacle, avec une envie d’en voir trois fois plus. Mais il faut bien faire des choix. Et il y a quelques jours, le mien s’est porté sur Ring. Par hasard et par curiosité. Attention, il ne s’agit pas d’un spectacle sur Mike Tyson Muhammad Ali. Il s’agit plutôt de rejouer les regards, la synchronisation, la concentration des conjoints/amants/partenaires l’un vis-à-vis de l’autre, et puis ces moments qui arrivent malheureusement où l’un dit un mot de trop ou fait un geste de travers qui va atteindre l’autre de plein fouet et le mettre KO en un round. Si l’on reprend le pitch exact, c’est une pièce dans laquelle « Audrey Dana et Sami Bouajila, entre étreintes et uppercuts, pulvérisent avec une énergie euphorisante nos certitudes sur le couple ».

Et en effet pulvériser, c’est le mot. Lire la suite

Joies partagées

23 Oct

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Il y a quelques jours, j’ai organisé un brunch chez moi. Une idée somme toute assez simple. Parce que j’avais envie de voir des amis que je vois pour certains trop peu souvent, et puis d’avoir un moment festif. Et comme vous le savez, la fête, tout seul, c’est tout de même beaucoup moins drôle. Alors que passer tout un après-midi en compagnie de gens que l’on apprécie dans le cadre cosy de son chez soi, ça prend tout de suite une autre envergure. Un canapé, trois chaises, de la nourriture et c’est parti. Se réjouir depuis quelques jours de revoir ceux qui ont répondu positivement à l’invitation, et entendre enfin le premier coup de sonnette à l’interphone. Accueillir la première arrivée (eh oui, les femmes sont bien les plus ponctuelles, quoi qu’en en dise !). Savoir que l’on a tout le temps devant soi et profiter de sa présence. Puis voir petit à petit débarquer les autres, chacun à son rythme, celui d’une journée sans pression. Trinquer au thé et au jus de pamplemousse (pas même de champomy). Et faire se rencontrer ces êtres chers venus d’horizons très différents. Voir comment chacun se raconte, prend de l’aisance, trouve sa place, apporte aux autres cette singularité qui fait que l’on tient à lui ou à elle. Nous surprenne aussi (positivement) parce que le contexte l’amène à faire découvrir des facettes que l’on ignorait jusqu’alors. Lire la suite

Un pas cyan et une pas chiante

16 Oct

Ce soir, sur proposition de Venise, blogueuse de talent avec laquelle j’ai un certain nombre de points communs dont les thèmes qui m’inspirent, nous relevons le défi à plusieurs autres de nous exprimer sur l’impatience. De façon courte. Vous trouverez donc les autres interprétations du thème sur son blog, ainsi que sur ceux de Rien à redire, Frayer et Gregatort. Maintenant cap sur le vif du sujet.

Ils étaient deux. De caractères opposés. Un qui ne voyait que des nuances de gris (même pas cinquante) quand il ne voyait pas rouge. Une qui vivait sur son arc-en-ciel. Le premier était toujours pressé. Pas de temps à perdre, il fallait que les choses avancent. On a un but et on s’y tient. A chaque étape franchie, cap sur la suivante. C’est que la vie, c’est un sacré ouvrage. On n’a pas intérêt à se rater, sinon, on repart à la case départ et il faut tout reconstruire.

Sur son arc-en-ciel, la seconde, rêveuse pas chiante, regardait le pas cyan s’affairer. S’énerver. Suer et donner des ordres. S’épuiser. Vouloir aller toujours plus loin. Pendant ce temps, elle prenait soin de son arc-en-ciel. S’assurait que chaque couleur allait bien. Redonnait quelques pigments à celles qui étaient fatiguées. Avec soin. Elle savait qu’elle referait ces gestes plus tard. Que demain, le jaune aurait besoin d’attention, et peut-être après-demain aussi. Et que l’indigo était tout bougon parce qu’on le voyait moins que l’orange.

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Peinture : Rafal Olbinsky

Mais intriguée par le pas cyan irrité, elle quitta son ouvrage et alla voir cet homme très agité. Elle lui dit simplement qu’elle le voyait se démener dans tous les sens, mais qu’elle ne comprenait pas où il allait en courant comme ça, tantôt à droite, tantôt à gauche. Il lui répondit qu’il fonçait lui, qu’il n’avait pas le temps de s’appesantir sur sa question. Elle insista : où fonçait-il ? Vers la réussite, c’est évident, non ? Alors elle se tut pour réfléchir. Il s’en trouva désarçonné au point de se déconcentrer de ses tâches si urgentes. Au bout d’un moment qui lui parut interminable, elle s’exprima enfin. Pour lui dire qu’elle, elle avait son arc-en-ciel, et qu’elle n’avait pas envie de foncer vers un but abstrait. Ces couleurs et cet arc, ça avait plein de sens. Pourquoi lui, il voulait plus que ce qu’il possédait maintenant ? Il avait ses outils, et puis il était entouré d’une chouette équipe et il ne les regardait même pas. Juste parce qu’il pensait que ce serait mieux quand il aurait devant lui un ouvrage froid et qu’il pourrait ranger les outils et laisser les gens le quitter. Alors, pour la première fois, le pas cyan regarda autour de lui. Il prit conscience de tout ce qui l’entourait, serra des mains, observa les outils, causa avec le bleu et le vert. Et comprit que parfois, c’est le chemin qui nous fait atteindre le véritable but.

La famille : subir ou choisir ?

16 Oct

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Vous connaissez sans doute tous la célèbre chanson de Maxime Leforestier, dont la première phrase est « on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille ». Et j’imagine aussi qu’il vous est tous arrivé de penser plus ou moins fort « oui, c’est vrai ». Et qu’on le veuille ou non, que l’on en soit proche ou pas, notre famille vit en nous, pour le meilleur et pour le pire, même après que la mort nous ait séparés de certains de ses membres. Cocon privilégié pour certains, lieu de souffrance pour d’autres, l’entité famille n’est jamais simple à appréhender. Et, à l’âge adulte, voire même de façon beaucoup plus précoce, savoir y trouver une juste place est toujours un défi à relever, et non des moindres, dans la quête de l’affirmation de soi.

Nous avons tous des histoires de famille différentes, il n’est donc pas question pour moi d’asséner des principes universels. De la famille nombreuse unie vivant dans une chaleureuse maison à la famille entassée dans un étroit appartement ne vivant que de conflits larvés ou ouvertement déclarés, du modèle nucléaire traditionnel à celui des couples et des fratries dix fois recomposés, de la cellule familiale appartenant et se réclamant d’une classe sociale déterminée et hermétiquement close à celle aux origines socioculturelles multiples, chacun et chacune d’entre nous a connu des réalités différentes. Avec son lot de chances et de malheurs. Parce que la famille parfaite n’existe pas. Lire la suite

Les Woomie’s

3 Oct

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La semaine dernière, les Woomie’s faisaient leur rentrée pour la saison au Théâtre BO Saint Martin, dans le très animé quartier République à Paris. Comme vous pouvez le voir sur l’affiche, les Woomie’s sont deux jeunes femmes pétillantes qui ont décidé, comme ça, un beau jour, je ne sais comment (mais je serais curieuse de l’apprendre) de monter sur scène et d’offrir à leur public du charme, du rire… et de la chanson. Dans un charmant théâtre tout beau tout neuf avec des jolis spots modernes, des fauteuils dont le rouge flamboie, un écran vidéo, enfin tout plein de moyens modernes pour une petite salle qui a donc tout d’une grande, la proximité avec les show-women en plus. Et surtout un mot d’introduction du théâtre qui est un spectacle à soi tout seul (je vous laisse découvrir).

Mais revenons à mercredi dernier et à cette première avec une salle comble de gens venus pour se détendre et rigoler. Arrivent donc nos deux belles de la soirée, Fanny Delaigue au clavier et au chant et Emmanuelle Maribas, au chant et… c’est déjà pas mal. Lire la suite

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