Archive | janvier, 2014

Les enfants des autres

30 Jan

Nancy (66)

A nouvelle année nouveaux défis, je me permets ces temps-ci d’esquisser une ébauche de début d’approche de sujets non entièrement consensuels. Et parmi ces sujets, il en est un que l’on ne peut habituellement pas aborder sans casser des œufs, celui des enfants des autres (étant une grande amatrice d’omelette au fromage, j’ose donc l’impensable ce soir). Naturellement, je ne suis tout de même pas devenue kamikaze au point de parler des neveux et nièces, sujet tabou entre tous.

Je me contenterai donc de parler des enfants des amis. Parce que, comme certaines personnes visiblement mal intentionnées le soulignent épisodiquement, les années se succèdent, et avec elles, un nombre croissant de mes sympathiques camarades se découvre une vocation parentale. Ce qui me réjouit sincèrement pour eux (et accessoirement pour ma retraite, aheum, je crois que j’ai pensé trop fort). Cette nouvelle situation se passe heureusement fort bien dans de très nombreux cas, et je ne peux que féliciter les amis concernés pour savoir éviter les questions et moments qui fâchent. Là, le lecteur lambda sent qu’il y a un hic, et en effet, il se trouve que j’ai communiqué l’adresse de mon espace d’écriture à des personnes qui me sont proches et dont le comportement sera donc considéré pour le reste de ce billet comme exemplaire (je sais que ces personnes ont assez d’humour et de bon sens pour jouer le jeu, merci à elles). Cela dit, il arrive que je me retrouve en compagnie de copains ou copines un peu moins proches et que tout ne se déroule pas aussi admirablement que possible.

Commençons par le commencement, le stade du nouveau-né. Dans un délai d’un à trois jours après la naissance, me voici donc avertie de l’arrivée d’un nouveau petit sur la planète. Le plus souvent accompagné d’une photo prise depuis un portable à la clinique ou à l’hôpital, avec un cadrage qui parfois aurait posé question à Picasso lui-même du bébé moins d’une heure après sa sortie héroïque du ventre de sa mère. Je ne sais pas si vous réalisez d’ailleurs que ceci équivaut à photographier un coureur en sueur à la fin de son premier semi-marathon, donc que l’image sera difficilement flatteuse. Recevant ce message par mail, mms ou souris voyageuse, me voilà en général confrontée au difficile exercice du commentaire. Naturellement, il est difficile de dire au jeune père et/ou à la jeune mère qu’une reconversion en photographe portraitiste est inenvisageable. Et que compte tenu du peu d’éléments à ma disposition, je ne saurais m’aventurer à exprimer le moindre commentaire positif ou négatif sur le physique de l’enfant. Parfois, j’ai la chance d’être sauvée par le prénom, qui constitue un excellent échappatoire lorsqu’il est bien choisi. Hélas, il se trouve que dans certains cas, mes doutes sur le degré de mignonnitude du 152ème plus beau tétard du monde que j’ai contemplé ces dix dernières années ne puissent être mis de côté au profit d’un commentaire élogieux sur le choix de « John-Aristophane », « Belinda », « Gervais » (comme le carré frais ?) ou « Thapenade » (toute référence à la tartine étant proscrite). Dans ces moments d’extrême solitude, redoutant tout commentaire, je tente un « sincères félicitations, la joie se lit sur vos visages et dans votre message, c’est fantastique ». 90% du temps, ça passe. Dans les 10% de cas restants, il faut savoir prendre son parti d’une mauvaise réaction (et puis le choix de Thapenade semble montrer que des gens capables d’une telle cruauté envers leur progéniture n’auraient jamais pu compter parmi vos amis les plus proches). Lire la suite

Petite dénonciation des calamités féminines

28 Jan

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Comme vous l’avez sans doute remarqué, j’ai peu tendance lorsque j’écris à verser dans les thèmes girly, et surtout dans tout ce qui a trait à la mode et au maquillage. Ne vous imaginez pas pour autant que je circule en rangers et pantalons baggy, ni que ma dernière tentative de mettre du rouge à lèvres remonte aux soirées pyjamas de mes huit ans lorsqu’avec une ou deux copines, nous avions l’astucieuse idée d’aller nous servir dans le tiroir à maquillages de la mère de l’une d’entre nous. Au risque de casser un mythe, j’apprécie de ressembler un minimum à une femme à peu près présentable, et je suis capable de baver très longtemps devant une vitrine de magasin de chaussures. Voire de craquer pour des bottes bordeaux.

Seulement, voilà, il apparaît que certains ou certaines prennent visiblement un malin plaisir à nous faire nous sentir ridicules en inventant des trucs qui nous compliquent éhontément la vie. Et il me paraît important de ne pas laisser certains de ces diktats prendre racine. Parce que nous avons tout de même une dignité à préserver. Petit tour d’horizon de ces inventions à proscrire.

L’eye-liner : déjà, rien que le nom devrait mettre la puce à l’oreille. Essayez donc de dire laillelailleneur dix fois de suite très rapidement et vous regretterez le temps béni où vous vous exerciez vainement à parler des chaussettes de l’archiduchesse qui sont sèches archi-sèches (même si, comme le dit très justement Liberté dans un des albums de Mafalda : « faut pas me la faire à moi, les archiduchesses ne portent pas de chaussettes »). Bref, revenons à nos pinceaux, et à ce fameux produit de maquillage que nous sommes supposées savoir appliquer d’un trait continu et bien tracé sans aucun dérapage, en ne mettant sur l’espace prévu à cet effet ni trop (risque de grosse tâche au début de la paupière) ni pas assez (risque de ne pas arriver jusqu’au bout de la paupière) de ce mélange dont on ne sait pas trop de quoi il est fait. Et surtout, surtout, ne pas plisser l’œil avant que le produit ne soit sec sous peine de ressembler à un panda. Autant dire que mieux vaut oublier pour celles qui n’ont ni fibre artistique ni patience sans faille. L’ombre à paupières et/ou le crayon sont nos amis, à nous les femmes pataudes et pressées, et c’est très bien ainsi. Lire la suite

Surtout ne riez pas

21 Jan
Crédits : photo-libre.fr

Crédits : photo-libre.fr

Comme vous l’avez sans doute remarqué, ce blog a vocation à être pacifique. A ce sujet, il ne m’arrive que très rarement de céder à la facilité de la polémique. Sans être contre les conflits lorsqu’ils sont sains et aident à avancer, je ne saurais m’y engouffrer par plaisir. Ni foncer tête baissée pour commenter une actualité sans l’avoir un peu mûrie au préalable. Je réserve mes réactions à vif à mes voisins de bureau et aux réseaux sociaux.

Ce préalable posé, je m’apprête à faire une exception en traitant d’un sujet qui sera sans doute controversé. Celui du rire. Oui, nous aimons tous le rire, le valoriser, dire qu’il est important d’avoir sa séance d’abdos sans efforts quotidiennes. Seulement, rire tend à devenir de plus en plus complexe, dès lors que l’on n’est pas dans une sphère privée, exclusivement avec des personnes nous étant en tous points similaires, y compris sur le type d’humour qu’elles apprécient. Parce que, ne nous leurrons pas, mis à part Raymond Devos et quelques habiles amoureux des mots l’ayant précédé ou lui ayant succédé, on rit le plus souvent aux dépens d’autres personnes. Oui, c’est moche, et l’on s’en défendra tous, arguant que non, nous ne saurions pas sombrer dans le cliché sur les figures de la blonde ou du supporter de l’OM ou du PSG. Et pourtant, chacun à notre manière, nous nous laissons aller à l’hilarité devant ces blagues, malgré leur manque de finesse et d’impartialité.

Or, aujourd’hui, sous la pression des lobbies, il devient de plus en plus compliqué de pratiquer l’humour potache. Parce que ces plaisanteries lancées à la cantine à l’heure du déjeuner ou le soir au restaurant sont odieusement discriminantes. Lire la suite

A vies contraires

21 Jan

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Le vendredi soir est généralement un jour de fatigue niveau 6,5 sur l’échelle de Richter, à peine rehaussé par la perspective des deux jours de break qui s’annoncent. Aussi est-il préférable de ne pas privilégier les activités demandant au cerveau des capacités équivalentes à celles d’Einstein et Kant réunis (attention, mélange détonnant). Partant de ce constat, le choix de distraction de vendredi dernier se porta sur une comédie « à vies contraires » au Petit Théâtre des Variétés, dans le quartier très animé des Grands Boulevards (idéal en termes de choix culinaire pour se poser avant ou après le spectacle).

La pièce est donc un boulevard contemporain. Sophie et Daniel, mariés et amis d’enfance d’Arno, débarquent chez leur copain préféré, qui vient de se faire plaquer au bout de deux ans par sa chère et tendre Julie. Et qui est encore sous le choc. Seulement, le couple n’est pas venu parce qu’il pressentait une rupture imminente et un besoin de consolation afférent, mais pour demander à leur ami de toujours un grand service. Lire la suite

Eurydice

21 Jan

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Après avoir découvert Antigone sur scène au mois de décembre, il semblerait que je me lance dans un cycle Jean Anouilh, avec cette fois, le mythe d’Orphée et Eurydice revu par le dramaturge. Petit point mythologique obligatoire : lors du mariage d’Orphée, génie incontesté de la musique, avec la charmante Eurydice, la belle  se fait mordre par une vipère et atterrit fissa aux enfers. Orphée toujours follement éperdu parvient à endormir le Cerbère qui garde le royaume et parvient jusqu’à Hadès. Celui-ci, voyant sa détermination et son courage, lui permet de ramener sa belle à condition que leurs regards ne se croisent pas avant qu’ils ne soient  sortis des Enfers. Hélas, au dernier moment, l’homme faiblit et perd sa bien-aimée à jamais.

La pièce d’Anouilh mis en scène par le grand Jean-Laurent Cochet lui-même, fondateur des cours du même nom, nous plonge dans un décor de buffet de gare où défilent des artistes et comédiens. Orphée et son père d’abord, interprétés par Sam Richez et Jean-Laurent Cochet. Lire la suite

La Cave aux Folles

20 Jan

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Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, vous savez qu’il me tient à cœur de rester fidèle, lors de mes sorties théâtrales, aux petites salles dans lesquelles mon addiction a pu se développer. C’est donc dans cet esprit que je suis allée voir la cave aux folles ce week-end à la Comédie Saint-Michel, toute proche du jardin du Luxembourg.

Il est évident, mais je tiens tout de même à le préciser, qu’un vaudeville moderne monté avec quelques euros et une poignée de cents ne saurait égaler un Feydeau à la Comédie-Française. Il est donc nécessaire, lorsque l’on se rend dans l’un de ces petits théâtres qui font la spécificité de Paris, de ne pas s’y rendre avec les mêmes attentes. Ceci étant posé, il est temps de vous parler de l’histoire. Samuel, fils de politicien s’apprêtant à suivre les pas de son père, est aussi un fieffé coureur de jupons. C’est ainsi qu’il a séduit en même temps Sarah et Stéphanie, toutes deux serveuses dans le même bar, avant de les laisser tomber lâchement le même jour, cinq mois plus tard. Lire la suite

Roméo et Juliette

20 Jan

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J’ai eu la chance jeudi d’assister à la Première de Roméo et Juliette grâce à une femme adorable, Christine, auteure du blog théâtral le théâtre côté cœur que je vous encourage vivement à lire régulièrement. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que, si l’on en juge à la foule présente à l’appel et par la joyeuse cohue qu’elle formait, la pièce était attendue. Je crois que l’ouvreuse du 2ème étage où je me trouvais, a dû courir l’équivalent d’un marathon en moins d’une heure, son record méritant de figurer dans le Guinness.

Comment d’ailleurs ne pas attendre une telle pièce ? Une œuvre majeure du Sieur Shakespeare mise en scène par Nicolas Briançon, désormais l’un des incontournables de la place parisienne, avec à l’affiche la jeune Ana Girardot, fille d’Hippolyte (non, pas celui de Phèdre, il faut suivre un peu là) et l’éphèbe Niels Schneider (qui plaît apparemment aux amatrices d’éphèbes de mon entourage, ne faisant pas partie de cette catégorie je ne fais que relayer). Le tout dans le joli Théâtre de la Porte Saint-Martin, avec son superbe lustre brillant de mille reflets dorés. Une affiche plus que prometteuse, donc.

Etant moi-même généralement séduite par le travail de Briançon, je suis arrivée aussi réjouie que tous les spectateurs. J’avais été plus qu’enthousiaste par son adaptation dans la même salle du Songe d’une Nuit d’Eté. J’ai aussi eu la chance de le voir dans Volpone et dans Jacques et son maître , et je m’étais même traînée voir sa mise en scène du marquis de Sade, qui, malgré la conservation de 2 ou 3 monologues élevant le gore au rang d’art, était bien pensée. J’étais très curieuse de savoir ce qu’il allait faire de ce texte, dont la lecture pour ceux qui s’y sont livrés, n’est pas forcément des plus aisées. Ayant déjoué les pièges tendus par les transports en commun, me voici donc, installée en corbeille, avec une très bonne visibilité sur la scène, un a priori positif, une curiosité aiguisée, lorsque la pièce démarre enfin.

Et là, je dois avouer que la première heure a été longue. Peut-être parce que c’est une première et que les acteurs découvraient les réactions du public. Ou parce que la trame n’est pas encore bien tissée. Ou parce que le texte est complexe. Toujours est-il que je me suis surprise deux à trois fois à ne plus regarder que les placements et les mouvements des comédiens. Et puis, je n’ai pas eu l’impression de voir alors Roméo et Juliette, leur candeur, leur absolutisme, ces caractères qui finiront par les conduire à la fin tragique que vous connaissez tous. Globalement, donc, toute cette première partie est plutôt gaie et légère, visuellement sympathique, mais émotionnellement neutre. L’on commence enfin à rentrer un peu dans la pièce une fois les deux tourtereaux mariés par le frère Laurent (interprété par le très doué Bernard Malaka que j’ai découvert). Lire la suite

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