Le Choc d’Icare

21 Avr

Cela faisait quelque temps que je n’étais pas retournée dans l’une de ces très petites salles, ces théâtres de poche qui sont à mon sens une spécificité française et plus encore parisienne. Je tiens à souligner ce point, parce que c’est dans ces salles-là que mon addiction s’est formée. L’ambiance intimiste, l’âme de ces lieux souvent inversement proportionnelle à leur taille, le fait que l’on ose y programmer des spectacles différents, qui peuvent ne pas « faire d’audience », mais qui très certainement ont un public, tous ces éléments qui permettent une richesse de production que les grandes salles ne pourraient pas forcément assurer.

Et là, le Tremplin Théâtre, mignon petit lieu caché au cœur du très agréable quartier des Abbesses, s’est permis une prise de risque. Et il a eu raison. Parce qu’en prenant moi aussi le risque d’aller voir ce Choc d’Icare, j’ai eu une joie aussi grande que si j’avais gagné l’un des gros lots de la tombola des pompiers.

Cette pièce est de celles qui vous remuent, qui vous font rire, qui vous suspendent aux lèvres des acteurs, guettant leur prochaine réplique, qui vous font même arrêter de respirer par instants. L’amour et la haine, la peur, la fragilité, la domination, la résistance, tout y est. Cela commence avec légèreté : Ariane, la cinquantaine passé, a rencontré Romain, pré-quadra, dans un club et passé la nuit avec lui. Seulement, Romain n’était pas là par hasard, il a des comptes à régler avec la « petite madame », comme il la nommera à plusieurs reprises. Et au jeu du chat et de la souris, ils excellent tous les deux. Et en même temps, ils perdent aussi tous les deux. Parce qu’ils ne veulent pas ni l’un ni l’autre voir leur carapace se craqueler. Et pourtant, quand on joue avec les sentiments des autres, on se retrouve soi aussi pris dans l’engrenage que l’on crée.

Il ne s’agit pas ici de vous narrer toute l’histoire, ses rebondissements bien placés, ses moments tendres qui laissent place à la cruauté, ses fausses trêves, sa tendresse, ses moments comiques également. Mais dans cette partie de cluedo mental, moi, public, je me suis laissée entraînée. J’ai cru pleinement à cette histoire, j’ai ressenti l’émotion incarnée par cette homme et cette femme, j’ai oublié tout le reste, pleinement prise par ce suspense si bien créée. Les deux acteurs, Muriel Montossey (également auteure du texte) et Thierry Gibon, incarnent leur personnage avec une implication qui donne au jeu des airs de pleine véracité.

Dans cette pièce, je dirais qu’ils ont réussi leur pari sans se brûler les ailes. Pour moi, c’est un coup de cœur, je ne peux que vous inciter à profiter de leurs deux dernières dates parisiennes, ou d’aller les applaudir à Avignon cet été.

Plus d’infos :

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

amenaviguante

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Broute le gazon

mais souris pas ! t'en as sur les dents !

cylklique

Des images... et des mots

rienaredire

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Chroniques erratiques d'une emmerdeuse

Wandering City et tout le reste

Les confidences extraordinaires du Professeur Bang

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

Étale Ta Culture !

La douceur et la force du thé, le piquant du chocolat au piment, la passion des mots

%d blogueurs aiment cette page :