Madame Diogène

26 Août

mmediogeneaffiche

En cette fin de mois, d’août les théâtres tournent encore hélas au ralenti, beaucoup ne rouvrant leurs portes que d’ici 15 jours – 3 semaines. La Manufacture des Abbesses a choisi de faire sa rentrée ce mercredi avec une pièce audacieuse, l’adaptation du roman « Madame Diogène » d’Aurélien Delsaux, mise en scène par l’auteur lui-même.

L’histoire n’a pas vraiment goût de sable chaud, puisque ce sont plutôt les déchets, la poussière et les cafards qui poussent chez Madame Diogène, prototype de la vieille femme marginale de certains faits divers, vivant recluse et entassant des choses inutiles et sales qui, selon ses propres mots, ont fini par constituer un vrai cafard-naüm, et naturellement à attirer l’attention des voisins sur elle, à cause des murs poreux et des vilaines petites bêtes qu’ils voient désormais grouiller chez eux. Les habitants de l’immeuble, la nièce de madame Diogène et l’assistante sociale ont tous pour but que celle qu’ils considèrent comme une vieille folle quitte cet appartement pour une résidence trouvée par la nièce.

Malheureusement, avec la folie mêlée de candeur, ou bien la candeur mêlée de folie qui la caractérise, la vieille résiste, se réfugiant dans le monde qu’elle s’est créée en observant ce et ceux qui l’entourent, en ravivant les vieux souvenirs à l’aide de tout ce qu’elle a accumulé d’immondices et d’objets du passé chez elle. Elle a appris également à avoir du répondant face à ceux qui viennent lui chercher des ennuis, elle essaie en tout cas.

Et dans tout cela, en tant que public, nous nous laissons porter par le talent de Jeanne Guillon à interpréter de sa voix très douce au timbre mélodieux madame Diogène et la galerie des personnages qui gravitent autour d’elles. La mise en place est un peu longue, mais une fois rentrés dans ce récit de la misère et de la richesse, de la folie et de la raison, donnant la parole à ces marginaux que l’on évite habituellement, pas toujours à tort, on se laisse porter en acceptant de ne pas comprendre où l’on va, et en goûtant le chemin plutôt que l’arrivée à destination.

Une jolie pièce de rentrée, tendre et dure à la fois, qui vaut particulièrement par la très grande qualité de son interprétation.

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Une Réponse to “Madame Diogène”

  1. Aurélien 27 août 2016 à 12:20 #

    Merci pour cette belle critique ! (entre parenthèses: le rythme du début a depuis été ajusté).

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