Jardin suspendus

21 Avr

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J’ai beaucoup réfléchi à la façon dont je pourrais parler de « Jardins suspendus » avant d’écrire ce billet. De comment décrire cette performance un peu hors cadre, parler ou non de ce que je savais de ce projet, parler ou non de telle ou telle personne. Et puis je me suis dit que le mieux, c’était de décrire cette soirée sous toutes ces dimensions à la fois, parce qu’elles ont sans aucun doute toutes contribué à forger mon opinions sur ce spectacle.

Il y a quelques semaines donc, j’ai été contactée sur la boîte mail du blog, comme cela arrive régulièrement,  (je ne vais pas revenir une énième fois sur le statut de blogueuse invitée dont j’ai déjà parlé en détail ici). Mais à la différence des autres invitations, elle venait non pas de la compagnie ou d’une attachée de presse, mais d’une personne qui s’était engagée dans le projet parce qu’elle y a cru. Cette personne, c’était Monika (à juste titre d’après ce que j’ai pu comprendre citée dans les remerciements), une passionnée de théâtre qui a décidé d’aller plus loin que son rôle de spectatrice. Pas toute seule puisque ce projet a reçu bien d’autres soutiens (là aussi ils sont cités dans le lien) et a été accueilli en résidence à la ferme du Buisson où il a également été joué. Et qu’il a bien sûr été d’abord défendu par Camille Davin, l’auteure et metteur en scène, et par la compagnie Ia qui l’interprète, mais chaque acteur de l’ombre compte. Et pour ma part, j’ai d’abord rencontré cette actrice de l’ombre. Et cela m’a donné envie de la remercier elle, et aussi tous ceux qui œuvrent en coulisses régulièrement sans que je ne le sache.

Jardins suspendus, pour moi, cela a donc été une histoire de rencontre et d’échanges durant un vendredi soir où le temps s’est suspendu. Et le parallèle avec l’histoire m’a amusé. Parce que jardin Suspendus nous permet de faire connaissance avec Mai, un Japonais qui décide sur un coup de tête de quitter son pays et sa femme par besoin de s’échapper, devenant ce que les habitants du pays du soleil levant appellent un « johatsu » (un évaporé), et qui atterrit à Paris. Là, il va croiser la mystérieuse et troublante Chloé. Pour pouvoir l’approcher, il deviendra modèle dans un cours de dessin où il fera connaissance d’autres errants n’ayant pas forcément de prime abord l’air de l’être, mais qui sont autant en perte de repères que lui. A travers ces échanges, ce lien social retissé, chacun des personnages va progressivement retrouver le sens de l’autre, mais surtout le sens de soi-même.

Si, de prime abord, la description peut sembler conceptuelle ou philosophique, concrètement en tant que spectateur, l’on se laisse totalement porter par ce spectacle qui est avant tout fait de moments de vie et d’humanité. Romain Blanchard, malgré ses traits très peu japonais, porte avec sobriété et prestance le rôle de cet homme qui se met à nu dans tous les sens du terme. Jana Klein est très juste dans son rôle de Chloé, femme à la fois fuyante et touchante, très juste mélange de peur et de générosité, de dureté apparente et de douceur réelle. Les deux autres comédiennes, Esther Marty Kouyate et Daniela Molina Castro, apportent la touche de légèreté et d’humour nécessaire à l’équilibre de cette très jolie pièce. Et puis, bien sûr, on se laisse porter par les créations visuelles du « live painter » (peintre numérique en direct) Fumihiro Ueoka, qui apportent à la fois une esthétique et une lenteur propice à se laisser gagner par les sentiments et l’émotion de cette galerie de personnages en train de tenter de peindre leur vie.

Il y a énormément de très belles choses dans ces jardins suspendus, mais il y a surtout le plaisir de tout oublier pour se laisser gagner par cette atmosphère atypique et apaisante. Et de laisser résonner ensuite les jours suivants les interrogations que pose ce joli texte de Camille Davin.

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