Les enfants du paradis

10 Mar

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Les enfants du paradis, pour beaucoup d’entre vous, c’est ce film réalisé par Maurice Carné en 1945 sur un texte de Jacques Prévert avec Arletty et Jean-Louis Barrault. Ce film un peu oublié d’ailleurs, bien que certaines répliques en soient gravées dans la mémoire collective, des phrases aussi belles que « Paris est tout petit, pour ceux qui s’aiment comme nous, d’un aussi grand amour » ou « Non seulement vous êtes riche, mais encore vous voulez qu’on vous aime comme si vous étiez pauvre! Et les pauvres, alors? Soyez un peu raisonnable, mon ami. On ne peut tout de même pas tout leur prendre, aux pauvres! ».

Mais bien au-delà de ça, les enfants du paradis, c’est l’ambiance du théâtre et des saltimbanques. Dans le Paris des années 1830, lorsque Frédéric Lemaître, jeune acteur, se fait embaucher dans un théâtre, où travaillent Nathalie, fille du directeur, et Baptiste, qui joue la pantomime, et dont Nathalie est éperdument amoureuse. Garance, en croisant ce petit monde, va bouleverser leur univers. Baptiste va immédiatement être follement épris de la jeune femme, d’un amour réellement authentique, à la différence de tous ceux qui bourdonnent autour de cette fille joviale qui n’ayant rien, n’a rien à perdre. Il en va ainsi de Pierre-François Lacenaire, bandit très doué de son état, mais aussi, entre autres de Frédéric, avec lequel Garance, repoussant Baptiste, vivra une longue liaison avant de fuir du jour au lendemain.

Le temps passe dans le théâtre, que Frédéric quitte, connaissant le succès ailleurs, tandis que Baptiste cède finalement à l’amour de Nathalie et a un fils avec elle. Et un jour Garance revient, en tant que maîtresse du comte Edouard de Montray. Son apparition bouleverse ceux qui l’ont connue, Baptiste en premier lieu, dont elle n’a jamais oublié l’amour pur qu’il lui portait. Et les intrigues reprennent de plus belle, pour le plus grand plaisir des spectateurs perchés au paradis, ce troisième balcon ayant donné son titre à l’œuvre.

Pour jouer tous ces caractères qui se croisent, se rapprochent et se séparent, le Théâtre du Lucernaire a fait le pari du minimalisme, avec seulement 4 acteurs pour endosser l’ensemble des rôles. Ce choix risqué est couronné de succès, grâce à des acteurs talentueux, capables de changer de personnage aussi rapidement qu’ils enfilent ou enlèvent le vêtement ou l’accessoire leur permettant de s’identifier. Yannis Bougeard, qui joue notamment les rôles de Baptiste et Jean-François, est particulièrement remarquable. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, ce sont les deux compères Philippe Honoré (au texte) et Philippe Person (à la mise en scène et également en tant qu’acteur) qui réalisent cette adaptation, comme ils l’avaient fait pour les Misérables, puis l’œuvre d’Oscar Wilde, puis celle de Maupassant. En ne lésinant pas sur les petits détails qui font mouche, tels que l’entracte animé, ou les parties chantées avec charme.

Pendant un temps bien trop court, on se laisse donc porter sans réfléchir dans l’univers de Jacques Prévert, des artistes, et surtout de l’amour, celui-là même qui est plus grand que l’on ne peut se le représenter.

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